vendredi 29 mars 2013

Au nom de la Charia, des trafics de Drogue et d’Otages, du Pétrole, de l’Uranium et du Saint Profit, Ainsi soient-ils ! La guerre des fous d’Allah et des fous du Capital contre les peuples du Mali, d’Afrique et du Monde.


Au nom de la Charia, des trafics de Drogue et d’Otages, du Pétrole, de l’Uranium et du Saint Profit, Ainsi soient-ils !
La guerre des fous d’Allah et des fous du  Capital contre les peuples du Mali, d’Afrique et du Monde.



Aux yeux de bon nombre de Maliens, l’intervention militaire a été jugée opportune voire salutaire. Cette apparente naïveté semble largement partagée en Afrique, en France, en Europe et un peu partout dans le monde. On ne s’efforce guère d’analyser les causes profondes de la crise actuelle au Sahel et de  l’effondrement de l’État au Mali. On ne se préoccupe pas non plus  de leurs enjeux locaux, régionaux et internationaux, des motivations réelles des interventions des Occidentaux, notamment de la France mais surtout de leurs conséquences sur les pays et les peuples de la sous-région voire de l’Afrique toute entière.
Le matraquage médiatique orchestré par les grands media occidentaux n’y est pas étranger. La désinformation systématique relayée par les media locaux publics et privés  s’est largement focalisée sur deux problématiques essentielles.
La première fut de présenter la crise sous sa dimension religieuse comme une agression de djihadistes fanatisés dont le but était d’instaurer un État islamique au moyen de l’imposition par les armes d’une charia sanglante au nom de laquelle on voilait et  violait des femmes, on coupait mains et pieds, on saccageait  monuments historiques et culturels séculaires, on imposait des normes et comportements plus ou moins ubuesques. Quoi de plus normal alors que d’aller « casser les reins» selon la terminologie employée par des militaires français, à une telle folie et de « libérer les pauvres populations maliennes » d’une telle hérésie. La leçon fut bien apprise et psalmodiée à souhait au Mali, en Afrique et partout dans le monde. Gare à ceux qui en doutent ou qui ne se soumettent à ce nouveau dogme! Ils sont déclarés traitres à la démocratie et aux droits de l’homme.
Chercher à comprendre d’où venaient ces djihadistes et comment ils ont pu s’installer là des années durant n’a pas fait l’objet d’enquêtes. Pourtant il faut se demander :
- de quelles complicités ont-ils bénéficié?
- quels étaient leurs soutiens locaux, régionaux, internationaux?
- comment ceux d’entre eux venus de Libye, ont pu étrangement échapper à la surveillance de l’OTAN et rentrer  en territoire malien aussi lourdement armés?
- d’où leur venait leur ravitaillement quotidien en vivres, en carburant et en munitions?
- quelle était l’origine des moyens financiers colossaux dont ils disposaient?
- qui a pu leur permettre de recruter des combattants venus de partout?
- quels étaient leurs parrains?
- avec qui organisaient-ils les trafics de drogue, d’armes et d’otages?
- pourquoi des pays voisins comme le Burkina Faso et la Mauritanie et un pays dit ami comme la France abrité, ont-ils pu soutenir et continuer à le faire, la rébellion armée du MLNA lui accorder une représentation et parfois même des camps d’entraînement?
- pourquoi c’est de la France que l’indépendance dudit Azawad a été proclamée?
- pourquoi et comment des pays, par ailleurs alliés stratégiques de la France et des USA, comme le Qatar et l’Arabie Saoudite ont-ils pu parrainer pareille aventure?
Beaucoup de questions se posent et il existe bien de zones d’ombre, bien de mystères qui ne s’éclairciront pas de sitôt.
La brusque offensive vers Sévaré, elle aussi, laisse perplexe quand on connait les moyens de surveillance mis en place par la France et les USA depuis fort longtemps. Ce fut en tout cas un prétexte en or pour justifier l’intervention militaire de la France qui y répondit au quart de tour comme si tout cela avait été prévu et planifié.
La deuxième problématique fut de présenter la chute du régime malien de Amadou Toumani Touré comme une atteinte inacceptable à l’ordre ‘démocratique’ qui était édicté au Mali et largement adoubé par les puissances occidentales.
Le coup d’État et surtout le chef de la junte militaire furent catalogués comme le diable, le mal absolu. Tout le désastre malien leur fut imputé. Point n’est besoin de chercher à comprendre comment une démocratie longtemps érigée en modèle absolu par ses parrains occidentaux, ait pu s’effondrer aussi brutalement comme un château de cartes. Point n’est  besoin de s’interroger sur la mal gouvernance endémique et la corruption systématique qui étaient la caractéristique largement connue par ailleurs du régime en place.
On connait la suite :
-       une Transition imposée par la CEDEAO, instrument docile des Occidentaux,
-        une élite politique totalement discréditée aux yeux de son peuple réinstallée au pouvoir à travers des artifices juridiques présentés comme constitutionnels alors qu’ils violent justement la Constitution du Mali,
-       une feuille de route de la transition taillée sur mesure et dictée,
-       des élections imposées dans des délais invraisemblables,
-        tout cela avec un déni cinglant au peuple souverain du Mali de décider en toute indépendance de son propre devenir.
-       des lettres de demandes d’intervention suggérées voire rédigées à l’avance adressées à la CEDEAO, à l’Union Africaine, à l’ONU et d’intervention expresse auprès de la France pour donner une apparence de légalité à des décisions prises à l’insu et par-dessus la tête des populations maliennes et des institutions mises en place par la CEDEAO.
-       des troupes d’occupation bientôt sous mandat onusien présentées comme force d’interposition puis de maintien de la paix en voie de positionnement pour instaurer cette fois-ci la ‘charia’ occidentale propice à l’exploitation des richesses minières tant convoitées par les Occidentaux et désormais  placées sous la protection directe de leurs forces armées.
Mais venons-en à la déconstruction de tous ces évènements successifs menés à pas de charge et qui semblent avoir créé un ouragan dans la tête de bon nombre de Maliens, d’Africains, d’hommes et de femmes à travers le monde.
L’histoire finira par nous dira certainement mais probablement dans plusieurs décennies quels sont les commanditaires réels du coup d’État du 22 mars et de la brusque offensive des djihadistes en direction de Sévaré. Et s’ils avaient été suscités? Si le Capitaine Sanogo n’avait pas existé, n’aurait-il pas fallu vraisemblablement l’inventer?
            Il était bien commode ce coup d’État  aussi bien pour la France que pour la classe politique malienne au pouvoir depuis pratiquement deux décennies absolument responsable du désastre actuel. Pour se dédouaner, cette dernière emboucha la trompette de l’anti putschisme pour redorer son blason ‘démocratique’ fort terni par les faibles taux successifs de participation des populations maliennes à des processus électoraux entachées de nombreuses irrégularités et pourtant toutes curieusement validés par des observateurs internationaux mandatés par les Occidentaux à cet effet. Les déclarations de Laurent Bigot de la Sous Direction Afrique au Ministère français des Affaires Étrangères, brutalement remercié depuis, en sont la parfaite illustration. De nombreux témoignages ont confirmé depuis le fait que les Occidentaux savaient tout de la réalité de la prétendue démocratie malienne et qu’ils se sont volontairement tus. Pire ils ont continué à en faire la promotion. Et pourquoi?
            Parmi les anti putschistes de circonstance, il existe bon nombre d’anciens putschistes en tout genre, champions de tous les contournements et violations de la Constitution et des textes fondateurs de la ‘démocratie’ malienne. Parmi eux, les plus bruyants sont ceux qui avaient auparavant appelé déjà en 1992 à l’interruption du processus électoral par le même ATT lorsqu’ils se rendirent compte qu’ils n’étaient point les favoris des urnes. Ils furent les commanditaires  des incendies sauvages qui ont ravagé les locaux du Parlement malien en Avril 1993. Ils firent feu de tout bois pour renverser le régime de Alpha Oumar Konaré, manipulèrent l’AEEM (Association des Élèves et Étudiants) jusqu’à la rendre impopulaire. Des mois durant, ils firent bon nombre d’appels du pied à l’armée pour renverser le régime pourtant « démocratiquement élu » d’alors. Le désordre orchestré paralysa longtemps le nouveau pouvoir. L’alerte fut chaude. Les populations tournèrent le dos à la nouvelle démocratie dont ils attendaient tout. Leurs rêves et espoirs furent brutalement assassinés.
            La ‘gestion concertée du pouvoir’ fût la trouvaille ‘géniale’ du Président Konaré. Sa parade préfigura le ‘consensus démocratique’ de ATT en conviant toute la classe politique au festin du pouvoir. Bon nombre de militants dont certains avaient participé à la dure lutte de résistance populaire contre la longue dictature de  Moussa Traoré succombèrent alors aux « balles enrobées de sucre » du pouvoir. Certains d’entre eux appartenaient à la gauche radicale. Communistes de tous bords, staliniens pour certains, ils se déclarèrent ‘Sur la Voie du Bolchevisme’  puis du Groupe ‘Tiemoko Garan Kouyaté’ du nom du grand résistant communiste malien fusillé par les nazis. Leur itinéraire est une véritable école du putschisme. De nos jours, ils sont devenus les hérauts de la droite internationale et surtout attitrés de la France dans son expédition actuelle au Mali.
A cela s’ajoutent d’autres qui furent des patriotes émérites et qui ont façonné la conscience politique de bon nombre de militants qui luttèrent farouchement pour l’avènement de la démocratie malienne. Là où la répression sanglante de l’UDPM n’a pas réussi, la ‘gestion concertée du pouvoir’ et le ‘consensus démocratique  firent merveille. Jadis pourfendeurs de l’impérialisme et du colonialisme, ils en sont aujourd’hui les « valets », applaudissant frénétiquement à l’intervention française et à toutes les initiatives de la CEDEAO et des Occidentaux. Hier disciples de Alpha Oumar Konaré puis de ATT et amis de la France de Sarkozy, ils se sont mués en disciples tout aussi convaincus de Tonton Hollande qui les a réinstallés au pouvoir qu’ils craignaient de perdre. Il ne serait pas étonnant qu’ils agissent de la même façon s’il arrivait que le Front National prenne le pouvoir en France. Ils sont prêts à tout pour rester au pouvoir et sauvegarder leurs intérêts privés et biens volés aux populations encore plus ‘misérabilisées’ par leur démocratie prédatrice.
            La ruée vers les coffres forts de l’État fit école. De nouvelles théories furent échafaudées. Il fallait créer de toutes pièces, disaient-ils, une nouvelle bourgeoisie nationale en lui permettant de s’enrichir rapidement pour accélérer, professaient-ils, le processus du changement et de la révolution. Les marxistes léninistes d’hier devinrent les pires libéraux d’aujourd’hui, prédateurs des biens publics et fossoyeurs de l’économie nationale. La corruption devint un système de gouvernance. Des sommes faramineuses furent injectées dans la politique pour  acheter les bulletins de vote et s’assurer ainsi du contrôle de l’appareil d’État en guise d’assurance vie pour l’impunité. Les techniques de fraude électorale en tout genre furent mises à l’épreuve. Elle passa du stade artisanal à l’ère industrielle. Le positionnement sur les listes électorales présentées par les partis politiques fut quotté à la bourse des valeurs ‘démocratiques’ pour accéder à encore plus de richesses avec encore plus de rapidité et en toute impunité. Ce fut un véritable festival des brigands. Des fortunes colossales surgirent du néant. Et ATT paracheva le système en déclarant qu’ « on ne devait humilier aucun chef de famille ». L’impunité fut désormais garantie. Les « châteaux de la sécheresse » du temps de l’UDPM étaient de l’amateurisme. Place fut faite désormais aux professionnels de l’enrichissement illicite et de la corruption.
            Pour amadouer l’armée, on convia ses chefs au festin. Des fonctions civiles leur furent distribuées à tour de bras. Faute de places pour toute la multitude de gradés supérieurs, on en fabriqua. On les nomma Hauts Représentants de l’armée dans des départements ministériels où ils n’avaient rien à y faire. Il fallait donner à chacun quelque chose à se mettre sous la dent. L’appareil administratif de l’État se militarisa à outrance  afin de se prémunir contre tout putsch éventuel. L’État finit par s’éloigner du citoyen, le dirigeant politique du militant, l’officier supérieur du reste de l’armée, l’élu local de ses administrés dont il vendait à tort et à travers les terres communales. L’injustice s’accompagna de l’arrogance. Dans ces conditions on finit par amorcer la bombe sociale qui allait finir par emporter la ‘démocratie’ malienne au grand soulagement des populations un certain 22 mars 2012.
Cependant l’espoir fût cependant de courte durée. Le changement tant attendu se transforma en mirage voire de nouveau en désespoir. La désespérance des populations apporta de l’eau au moulin des charlatans sociaux d’un genre nouveau qui leur firent miroiter les bénéfices de la drogue spirituelle. Les lieux de culte instrumentalisés par des nouveaux ‘politiciens’ barbus et enturbannés, devinrent le refuge naturel d’une jeunesse désemparée et sans perspectives. La charia fût proclamée remède suprême contre l’injustice et l’impunité. L’irruption du religieux sur la scène politique réduisit la société politique à la portion congrue. La société civile tout aussi corrompue et discréditée baissa la tête devant l’offensive de la société religieuse. Elle gagna en assurance, prit les choses en main et infligea sa première défaite à l’État  lors du vote du code de la famille au niveau du Parlement. Ayant conquis entre temps la présidence de la  Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), elle devenait l’arbitre du jeu politique voire même le maître d’œuvre, courtisée par les politiques, se faisant désirer par la médiateur burkinabé et la CEDEAO au point d’obtenir un poste ministériel dans le gouvernement de transition. Plus rien ne se fera désormais sans elle. Elle était assurée de son 'incontournabilité’ voire de son prochain triomphe électoral en raison du discrédit des politiques, jusqu’à la brutale intervention militaire française qui doucha ses attentes et l’obligea à revoir à la baisse ses prétentions politiques. Mais elle n’a certainement pas dit son dernier mot. Pendant plusieurs décennies, elle a patiemment investi dans la conscience des populations à travers écoles coraniques et médersas, constructions de mosquées, œuvres sociales et caritatives soulageant çà et là la misère populaire. La cible principale fût la jeunesse dont elle formata la conscience. Il suffit de voir la sortie des  mosquées le vendredi et les stades  quelle remplit lors de ses meetings et qui font pâlir d’envie les politiciens.
 Mais d’où lui viennent ses moyens financiers si conséquents? Des regards interrogateurs se tournent vers les pétromonarchies de la péninsule arabique. Et si derrière tout cela il y avait une nouvelle stratégie de conquête et de domination du monde? Ne sommes nous pas en train d’assister, sans y prendre garde, à la montée en puissance d’un nouvel impérialisme, cette fois-ci arabo-salafiste. Des décennies auparavant, il s’était lancé dans la conquête du monde avec les pétrodollars saoudiens et qataris. Si en Europe, il achète à tour de bras des parts de plus en plus importantes dans les multinationales occidentales, en Afrique et singulièrement au Mali, il arbore le masque de la religion pour mieux cacher sa gloutonnerie.  Il lorgne de plus en plus vers les richesses minières et s’associe volontiers aux opérations des sociétés occidentales. Au-delà, les achats de terres agricoles attirent leurs investissements. Puis d’assurance en assurance, ils avancent leurs pions et font corps avec le projet de Grand Sahel projeté par les Occidentaux et qu’ils rêvaient de transformer en Califat islamique jusqu’au raidissement français qui eut à travers son intervention armée marquer son territoire et protéger ainsi les approvisionnements miniers de Areva et Total.
Quant à l’opposition démocratique au système, elle fut tout aussi diabolisée par la presse occidentale, notamment française et les tenants du pouvoir en place au Mali qui la baptisèrent de ‘pro putschiste’. Les opposants furent catalogués comme les rebelles du Sud. Même si par ailleurs on est prêt à négocier avec ceux du Nord qui ont pris les armes, il n’est point question de discuter avec les opposants du Sud. Ils sont les pires ennemis. Curieusement, ce sont ceux qui se proclamèrent ‘anti putschistes’ qui se bousculèrent pour partager le gâteau du pouvoir avec la junte qu’ils dénoncent à tout bout de champ par ailleurs. Leurs incohérences leur importent peu. L’essentiel c’est de rester au pouvoir. La présence militaire française fait plus que les rassurer. Ils pensent avoir désormais toutes les cartes en main. Pourquoi discuter avec des opposants? Plus question de partage de pouvoir même dans le cadre d’une transition. Conférence nationale souveraine? Pas question! Leur Parlement dont le mandat est fini, a été prolongé d’autorité par la CEDEAO en violation de la Constitution malienne. Il va continuer à légiférer au nom du Peuple qui ne se reconnaît point en lui depuis fort longtemps. La boucle est bouclée. Le festival peut continuer à l’ombre des fusils français et de leurs colistiers africains.
Cependant il faut reconnaître qu’en politiciens avertis, ils ont su profiter des erreurs commises çà et là par l’opposition démocratique. Les mensonges, les calomnies, les combines et la corruption firent le reste.
Les opposants n’ont pas su tirer profit du crédit important de confiance contracté auprès des populations  qu’ils s’étaient constitué du fait de leur refus de participer à la gabegie du système et leur dénonciation constante du régime. Cependant le soutien apparent, maladroit et très peu critique apporté dans l’enthousiasme  à la junte militaire, les erreurs tactiques, certaines alliances de circonstance avec des acteurs déjà discrédités de la scène politique et surtout le dénigrement systématique dont ils furent l’objet du fait de la presse occidentale, le harcèlement de la part du pouvoir actuel et de ses soutiens extérieurs,  compliquent à souhait leur tâche tant l’intolérance est profondément inscrite dans les gènes de la prétendue démocratie malienne. En dépit de l’ostracisme dont ils font l’objet, ils ont obligé à plusieurs reprises la CEDEAO et ses soutiens occidentaux à reculer sur certains points. Ils restent la seule espérance pour un changement réel profitable aux populations dans le rang desquelles ils se sont toujours rangés. Les défis qu’ils doivent relever sont immenses et  les obligeront certainement à se restructurer sur des bases plus sûres. Ils doivent  quitter  le terrain de l’activisme généreux et de l’amateurisme et résoudre au mieux les problèmes de structuration et d’organisation qui les attendent. L’opposition devrait faire preuve d’encore plus de lucidité politique et de sens tactique si elle veut triompher du large complot national et international dont elle est victime. Elle doit chercher à construire autour d’elle des solidarités locales, régionales et internationales fortes et agissantes pour desserrer l’étau pesant qui l’entoure et la menace jusque dans l’existence physique de certains de ses dirigeants. Les arrestations arbitraires, les tentatives de dissimulation de drogue dans les bagages lors des déplacements, les menaces et les intimidations font partie du lot. L’aveuglement et la haine sont tels qu’elle devra rester vigilante. Le chemin sera long et difficile mais elle n’a pas le choix. Il lui faut poursuivre le combat, la mission historique qui reste la sienne pour donner tout son sens à la bataille universelle contre les puissances d’argent et pour le triomphe de l’humain.
L’objectif majeur de l’intervention française n’est pas seulement militaire. Elle est surtout d’ordre politique. Elle cherche avant tout à asseoir et imposer un régime politique qui lui garantisse durablement ses intérêts  et ses ambitions de puissance comme dans les  autres pays de son pré carré africain. La déclaration de son ministre de la défense est on ne peut plus claire quand il déclare que l’Opération Serval ne prendra fin qu’avec la résolution de la crise politique qui, à ses dires, comporte deux volets, la tenue d’élections le plus vite possible pour une légitimation internationale du pouvoir et l’organisation d’une commission de dialogue et de réconciliation.
La précipitation avec laquelle on veut aller rapidement à des élections rappelle étrangement le schéma ivoirien, la guerre civile et l’impasse politique à laquelle elle a conduit aujourd’hui. Loin d’aboutir à une légitimation du régime, elle risque bien au contraire de le fragiliser davantage. Il parait évident que les populations maliennes ne se bousculeront point pour apporter leur suffrage à des hommes politiques  auxquels elles ne font guère confiance et qu’elles jugent responsables de leurs malheurs. Cela ne semble pourtant point gênant aux yeux des Occidentaux habitués qu’ils sont aux régimes mal élus en Afrique. Le Mali dit démocratique n’a jamais connu un taux de participation dépassant les 30%. Cela n’a point empêché d’en faire une vitrine de la démocratie en Afrique.
Qu’importe, le plus important c’est d’avoir au Mali un gouvernement entièrement favorable aux multinationales occidentales. Areva et Total en seront certainement les premiers bénéficiaires. Le vote par le Parlement de transition d’un nouveau code minier ultra libéral encore plus avantageux pour les multinationales (ce qui n’est point inscrit dans la feuille de route de la transition comme mission) et la distribution accélérée de concessions minières en sont les indications. Ainsi à Faléa, une commune du Cercle de Kéniéba dans la Région de Kayes à l’Ouest du Mali d’une superficie totale de 400km², des concessions minières ont été accordées : 300 km² à des entreprises aurifères, 150 km² à Areva (uranium), 80 km² pour la bauxite, avec des déguerpissements pour des villages installés là depuis belle lurette. Le bradage du pays s’en trouve accéléré. C’est cela la raison véritable de l’intervention militaire française.
Quant à la commission de dialogue et de réconciliation, elle risque d’être le cadre où sera imposé le nouveau statut politique et administratif des régions du Nord pour faire plus de place au MLNA, ce cheval de Troie forgé pour la circonstance. La partition de fait du pays semble engagée derrière l’autonomisation de façade en voie d’être imposée à des autorités désormais ‘obligées’ de la France. Derrière le MLNA se cachent les multinationales françaises.
La France déclare vouloir se retirer prochainement et laisser la chair à canon africaine veiller au grain, désormais sous mandat onusien. Se retira-t-elle totalement? Ne serait-elle pas tentée de se transformer en « Opération Licorne » comme en Côte d’Ivoire? Ne garderait-elle pas la base aérienne de Tessalit tant convoitée depuis par les Occidentaux et dont on connait l’importance stratégique? La France et les États Unis ont longtemps convoité des bases militaires dans la région saharienne. Maintenant qu’ils y sont, vont-ils en repartir? Il est permis d’en douter. Leur présence risque de se prolonger et les peuples finiront par comprendre un jour la perfidie des prétendus libérateurs. L’exemple congolais est là pour enlever toute illusion à ceux qui y croient. L’assassinat de Lumumba livré par les troupes mêmes de l’ONU à ses meurtriers, le long martyr du peuple congolais depuis des décennies devraient ouvrir les yeux aux Africains.
On ne peut libérer aucun peuple à sa propre place. Il appartient à celui du Mali de construire son propre destin et en toute souveraineté.
Aucune démocratie n’est viable dans l’impunité. Sans exigence d’obligation à rendre compte, sans sanction, il n’y a pas de démocratie. Il faut mettre un terme aux parodies électorales et aux démocraties factices en Afrique et ailleurs. Les peuples doivent eux-mêmes construire leur propre souveraineté dans le respect de leur histoire et de leur culture. Ils doivent s’emparer de façon endogène des valeurs démocratiques universelles qui sont bafouées un peu partout en Europe même et aux USA qui prétendent s’arroger en modèle absolu. Les Occidentaux se trompent lourdement dans leur entêtement à continuer à imposer à nos pays des élites dociles et entièrement corrompues. On ne peut cacher indéfiniment le soleil de la vérité. Elle finira par dissiper toutes les ombres, toutes les illusions, toutes les drogues spirituelles d’ici et d’ailleurs, toutes les décérébrations et formatages de conscience dont les peuples ont longtemps été  victimes et qu’ils finiront par ne plus supporter.
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Ô mon corps, disait Fanon, fais de moi un être qui interroge!

Pr Issa N’DIAYE
Bamako Mali

mardi 19 mars 2013

Page 1 sur 19 MANIFESTE DU MOUVEMENT POUR LA RENAISSANCE DU MALI « Il suffit, pour que le mal triomphe, que les hommes de bien se taisent et ne fassent rien ». Edmund Burke. Page 2 sur 19 MANIFESTE Du Mouvement pour la Renaissance du Mali: Une Nouvelle République pour un Mali Nouveau. Hier, il y a un demi-siècle, le 22 septembre 1960, la République du Mali renaissait des cendres des Grands Empires médiévaux qui jadis illuminèrent l’Afrique. Ils furent parmi les plus belles constructions étatiques de tous les temps. Le 22 septembre 1960 fût avant tout un acte de foi. Un Peuple uni, un Peuple debout, doté d’ambitions fortes, proclama à la face du Monde qu’il entendait assumer pleinement son destin et devenir un acteur majeur de la construction de l’histoire de l’humanité. Les pères de l’indépendance, Modibo Keïta et ses compagnons de l’Union Soudanaise RDA se sont sacrifiés pour l’indépendance du Mali. Ils se sont totalement dédiés à la construction d’un Mali moderne, enraciné dans ses valeurs de civilisation tout en étant ouvert aux Autres. Ils ont fait appel au meilleur des Maliens pour mettre en oeuvre un projet d’indépendance nationale et de justice sociale. De fortes oppositions politiques, puis le coup d’état militaire du 19 novembre 1968 brisèrent cet élan national. Les injustices sociales et l’arbitraire se conjuguèrent à la paupérisation pour plonger le Mali dans une longue nuit. Après 23 ans d’un régime militaire obscurantiste, Mars 1991 fût, assurément, l’une des plus belles expressions de la détermination du peuple malien qui brava avec un courage exemplaire la répression pour en finir avec l’ignominie. En accomplissant la Révolution du 26 mars 1991, les Maliens aspiraient à un changement fondamental de société. Ils exigeaient une lutte implacable contre la corruption, l’instauration d’une démocratie pluraliste et d’une société de progrès et de justice sociale. Le Mouvement démocratique, qui abattît la dictature, s’attacha à mettre en oeuvre les idéaux du 26 mars et à relever les défis de la construction d’une nouvelle République. Toutefois, ensemble hétéroclite composé de plusieurs partis, associations et syndicats qui ne disposèrent que de peu temps pour apprendre à travailler ensemble, il s’est rapidement disloqué à l’épreuve de la conquête et de l’exercice du pouvoir d’Etat. Malgré les efforts consentis, la Révolution de Mars 1991 n’a pas donné tous les fruits escomptés. Les maux se sont, à nouveau, peu à peu accumulés : la perversion des valeurs sociétales, la dégradation de l’École, le dépérissement de l’autorité de l’État sous l’effet de la corruption à grande échelle, la généralisation de l’incivisme, Page 3 sur 19 l’injustice et l’impunité. Le mensonge et la trahison, la méchanceté et la médiocrité nous ont envahis. Le Mali s’est éloigné, chaque jour davantage, des valeurs qui ont fait sa trace dans l’histoire. La débâcle des forces armées dans le Nord du pays était la résultante d’une décennie de mauvaise gouvernance. L’Armée malienne a été victime d’une décennie d’abandon, de corruption, de dilution du professionnalisme, d’érosion des principes républicains, de destruction des valeurs morales… L’affairisme et les trafics ont ruiné l’honneur de nombre d’officiers supérieurs. Les errements du général ATT ont abouti à la désorganisation totale des forces armées et de sécurité, à la dilution de leur professionnalisme, à leur sous-équipement, à leur démoralisation totale et à la perte de leur capacité combattive. Aujourd’hui, Les institutions de la Troisième République se sont effondrées. Le Mali traverse une crise profonde, la plus grave de son existence depuis son accession à la souveraineté internationale, marquée par :  Le discrédit des élites politiques qui ont tourné le dos aux aspirations fondamentales de progrès social et de justice des populations, pour s’abimer dans la corruption ;  Le délabrement des forces armées et de sécurité ;  L’échec de l’expérience démocratique, qui a été dévoyée par ceux-là mêmes qui avaient porté le flambeau pour l’avènement d’un Mali pluriel débarrassé des scories des 23 années de la dictature militaire du général Moussa Traoré ;  Les traumatismes causés par la partition de facto du territoire national (d’avril 2012 à janvier 2013) suite à l’occupation des trois régions du Nord par des groupes armés coalisés qui n’ont cessé de martyriser les populations locales;  Le désarroi des populations face à l’amplitude de la crise et l’absence de solutions à court terme… Nous sommes comme au fond d’un trou, punis par nos fautes, nos incohérences, nos petitesses, notre soumission aveugle au présent, notre goût de la facilité, notre propension à accepter la médiocrité, à tolérer les mensonges, à ne pas s’insurger contre la méchanceté et l’injustice. Beaucoup de nos concitoyens et, surtout, les jeunes, sont abattus, frustrés, paralysés par les incertitudes du présent et la peur du lendemain. Ils ont perdu l’espoir que la vie peut être meilleure demain. Aujourd’hui, la généralisation des pratiques corruptives fait croire à de nombreuses personnes que l’on peut réussir dans la vie sans fournir aucun effort. Devenir riche en un clin d’oeil, être un propriétaire terrien en spoliant les braves populations rurales et usant de prête-noms, piller les deniers publics avec l’assurance de l’impunité, réussir à un concours administratif grâce à l’argent … Page 4 sur 19 Nos repères sont perdus. Notre société est malade. Aujourd’hui, l’individualisme a remplacé la Solidarité, le sens de la communauté qui prévalait autrefois. Chacun est barricadé désormais dans la défense de son intérêt propre. Chacun revendique ses droits en oubliant d’accomplir ses Devoirs vis-à-vis de la Société. C’est seulement à travers un véritable examen de la conscience collective, afin de déterminer les raisons profondes qui nous ont conduits à la perdition actuelle, que nous pourrons forger les instruments de la reconstruction de la Nation. La voie pour sortir du chaos est étroite. Soyons clairs : la solution réside en nous-mêmes. Il faut aller au fond de nous-mêmes pour trouver les clés de la renaissance. Un débat national s’impose. Il établira l’état de la Nation et déterminera les causes de l’effondrement global du pays. A travers des discussions approfondies entre toutes les composantes de la nation malienne, il conduira à l’avènement d’une Nouvelle République, juste et solidaire. Il nous faut penser par nous-mêmes, pour nous-mêmes, les solutions à la crise actuelle. C’est à travers un dialogue rigoureux que les Maliens reconstitueront leur unité nationale, refonderont un Nouveau Contrat Social et forgeront ensemble les voies et moyens pour recouvrer l’intégrité territoriale de leur pays. La solution à la crise malienne viendra d’abord des Maliens eux-mêmes. Car, nul ne peut connaitre l’ampleur des difficultés actuelles que les Maliens eux-mêmes. Nul ne peut engager le Mali sans l’accord expresse des Maliens. Nul ne peut se substituer à la volonté souveraine du Peuple Malien. Nul ne peut aimer le Mali plus que les Maliens. Nul ne peut être plus meurtri que les Maliens eux-mêmes par l’effondrement institutionnel, la partition de fait du pays, l’état déplorable des forces armées et de sécurité, la catastrophe humanitaire affectant le nord du pays, les conditions infra-humaines que vivent les populations déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Chaque Malien porte le fardeau de la crise actuelle dont la solution réside dans la conjugaison des intelligences et des bonnes volontés de toute la Nation malienne. Cette Conférence nationale sera un moment de réappropriation de notre destin, un moment de redéfinition des termes d’un Nouveau Contrat Social, un moment de Refondation de la Nation Malienne qui est meurtrie dans sa chair. Alors, nous pourrons sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il est plongé depuis le coup d’état du 22 mars 2012. Page 5 sur 19 Que Voulons-Nous ? Fonder le Mouvement pour la Renaissance du Mali : Nous voulons créer un vaste Mouvement pour la Renaissance du Mali, un Mouvement, animé par des hommes et des femmes nouveaux, qui s’attèleront à la transformation qualificative de la société malienne. Nous ressusciterons les valeurs profondes sur lesquelles reposaient jadis la société malienne: courage, franchise, respect de la parole donnée, sens de l’intérêt collectif, engagement pour l’Autre, recherche constante de la vérité… Nous rétablirons la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, entre les Maliens et les Maliennes en mettant fin à l’obscurantisme qui a obstrué, jusqu’à présent, la voie à l’émergence de forces politiques saines capables de proposer des projets de transformation sociale robustes et enthousiasmants. Dans le Mali Nouveau que nous construirons ensemble, nul ne sera au-dessus de la loi, nul ne bénéficiera de privilèges indus, nul ne pourra utiliser sa fonction pour tricher, pour spolier les Maliens de leurs terres, faire admettre un parent à un concours administratif, briser des vies humaines à travers des mesures administratives arbitraires… Une nouvelle élite politique et administrative doit émerger, totalement dévouée au respect de la chose publique, à la satisfaction du bien-être moral et matériel des Maliens grâce au triomphe du Bien Commun. Le Mouvement pour la Renaissance du Mali oeuvrera pour l’émergence d’une Nouvelle Génération d’hommes publics qui se dédiera à la résolution des problèmes de la société malienne et qui sera ainsi le vecteur d’un Mali nouveau réconcilié avec lui-même. Nous voulons bâtir un Mali nouveau, réconcilié avec son histoire, ses valeurs traditionnelles positives. Un Mali respectueux du passé, mais résolument tourné vers l’Avenir et déterminé à écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique. Nous voulons redonner au Mali sa dignité qui a été bafouée par ceux-là mêmes qui dirigeaient l’État. Nous voulons que le Mali redevienne un pays libre, maître de sa destinée et porteur d’espérances pour les peuples d’Afrique et du Monde. Nous voulons bâtir une Nouvelle Société fondée sur le Travail créateur de toute la Nation, sur la Justice sociale et le Bien Commun. Une Nouvelle Société où l’Etat ne Page 6 sur 19 sera plus un instrument d’enrichissement des dirigeants et un moyen d’oppression du Peuple. Nous voulons bâtir un État juste, impartial et solidaire au service de Tous. La restauration de l’autorité de l’État passe inéluctablement par le triomphe de l’intérêt national et la fin de l’impunité. L’incivisme est la fille naturelle de la mal-gouvernance. C’est l’une des expressions du rejet par le petit peuple des dirigeants corrompus qui pillent les deniers publics au lieu d’oeuvrer à la résolution des problèmes de la Nation. Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali, c’est accepter de travailler pour le triomphe de la dignité du Peuple Malien sans attendre d’autre récompense que la reconnaissance des sacrifices consentis et du service bien fait ; c’est se dédier à la cause du progrès de la Nation malienne ; c’est se soumettre à la discipline sans laquelle il n’est pas possible de construire une oeuvre durable. Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali signifie que l’on est fondamentalement attaché aux valeurs démocratiques, à la libre expression de chacun, à la prise en considération de la différence de chacun. Chaque militant et militante du Mouvement pour la Renaissance du Mali doit être un exemple vivant des vertus de la société malienne, à savoir : l’honnêteté, l’humilité, la rigueur morale et sociale, le dévouement à sa famille et à son pays, la capacité de don de soi… Nul n’instrumentalisera le Mouvement pour assouvir ses ambitions personnelles. La liberté d’expression garantira la solidité du Mouvement et favorisera l’avènement, en son sein et, dans le pays, d’une démocratie participative féconde nourrie à la sève de l’apport positif de chacun. Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera un forum de débats féconds, un espace d’enrichissement collectif et individuel, un tremplin visant à permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même pour le bien collectif. Faire la Politique Autrement et Gouverner Autrement : Nous voulons fonder une démocratie participative où les citoyens seront effectivement les acteurs de la transformation qualitative de la société malienne. Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera l’acteur des Changements fondamentaux qu’attend le Peuple du Mali. Une Nouvelle génération d’hommes publics doit prendre la responsabilité de dessiner les contours du Mali nouveau. Page 7 sur 19 Il s’agit de mettre fin au Système de Démocratie factice qui a été synonyme de Misère, de Pauvreté, d’Abandon de l’École, de dilution de nos Valeurs, de propagation de la Corruption, de blanchissement d’argent et de trafic de drogue, de la perte de souveraineté sur le Nord de notre pays… Nous Voulons une Démocratie de tous les instants. Nous n’abdiquerons plus devant les politiciens notre droit à l’information, à la transparence des décisions publiques. Le Peuple Malien doit être informé sur tout ce qui touche au devenir de la Nation. Nous exigeons la publication des comptes publics, l’accès des citoyens à tous les actes administratifs qui les concernent. Nous voulons une administration citoyenne, transparente, équitable et efficace dédiée à la satisfaction des exigences de progrès des Maliens. C’est à ce prix que nous relèverons les défis qui nous assaillent :  la restauration et la consolidation de l’unité nationale,  le redressement de l’Armée,  la construction d’un nouveau système démocratique fondé sur l’équilibre et la séparation effective des pouvoirs, l’Etat de droit, l'indépendance de la justice et des médias,  le respect des contre-pouvoirs institutionnels,  la responsabilité et la transparence à tous les échelons de l’appareil politico-administratif,  la création d’une véritable démocratie participative au plan régional… Nous Voulons l’avènement d’une République Nouvelle où chacun sera à la place qu’il mérite, où les dirigeants seront, avant tout, les Serviteurs du Peuple Malien. Les Maliens ne doivent plus jamais dire : An Bè Sa I No Fè (Nous mourrons pour toi). C’est au dirigeant de se sacrifier pour le Bonheur du Peuple. Nous bâtirons, ensemble, un État fort, impartial, qui sera totalement dédié au service du Bien-être moral et matériel de la Nation Malienne. Les axes fondamentaux du Changement : La reconstruction d’un appareil d’Etat robuste, condition sine qua none de la Renaissance de la Nation malienne: Le Mali ne pourra se relever sans l’affirmation d’un nouvel Etat, impartial et solidaire, piloté par des dirigeants compétents, intègres, dotés d’une vision robuste du Mali et de l’Afrique. Il faut un appareil d’État légitime et robuste pour:  rassembler les Maliens autour d’un Nouveau Contrat Social ; Page 8 sur 19  restaurer l’autorité de l’Etat qui a disparu parce que l’État malien était foncièrement corrompu et injuste ;  forger les voies et moyens de la de la consolidation de l’unité nationale ;  assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays ;  assumer pleinement un rôle majeur dans la lutte contre le terrorisme islamiste et la criminalité transfrontalière qui gangrènent présentement la bande sahélo-saharienne… La Refondation de l’Armée malienne : Il nous faut redéfinir la structure des missions de l’Armée en prenant en considération l’état de guerre qui a été imposé à notre peuple par les groupes terroristes coalisés et les nouvelles menaces découlant de l’environnement géopolitique régional et international. Il s’agira d’élaborer et d’appliquer un Plan décennal de modernisation, de formation et d’équipement des forces armées nationales. Plus globalement, il faudra réconcilier le Peuple malien avec son Armée afin de donner naissance à des forces armées patriotiques et républicaines animées d’un sens aigu de leur devoir à l’égard de la Nation malienne. Seule une Armée réconciliée avec son Peuple et soutenue par celui-ci sera en mesure d’assumer la tâche fondamentale de protection du territoire national vis-à-vis des menaces externes. La Justice pour tous les Maliens : Nous voulons la Justice pour tous les Maliens : Jeunes, Femmes, Enfants, Paysans, Ouvriers… La restauration de l’autorité de l’Etat passe immanquablement par la réhabilitation de la Justice qui doit être égale pour tous sans autre considération que celle de dire le Droit, rien que le Droit. Nous instaurerons une Justice égale pour tous les fils de la Nation. Les juges seront responsables de leurs actes. Toutes les décisions de justice seront immédiatement publiées. Fini le temps où on pourra rendre des décisions contraires à la loi pour servir des desseins inavoués. Fini le temps où les jugements sont négociés avant d’être rendus. Nous mettrons fin aux spoliations foncières, à l’injustice foncière, aux brimades administratives infligées aux citoyens par des agents indélicats (Eaux et Forets, agents des services déconcentrés l’État…). Tolérance zéro pour la corruption. La corruption a atteint, au cours des dix dernières années (2002-2012) une ampleur inégalée dans notre pays. Page 9 sur 19 Nous mènerons une lutte implacable contre la corruption dans tous les domaines d’activités de la Nation malienne. Car, elle inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social. Nous veillerons à la bonne gestion des deniers publics en mettant en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques. Nul ne pourra s’enrichir impunément sur le dos du Peuple Malien. L’École : La situation de l’Ecole malienne est intolérable, inacceptable et injustifiable. En tant que Nation, nous portons la responsabilité collective de l’échec de l’Ecole Malienne. Tous, nous avons créé les conditions d’un naufrage collectif. Nous avons accepté de voir l’Ecole dériver vers la situation actuelle où les «années scolaires» ne dépassent pas un trimestre, où l’on forme des néo-analphabètes, inaptes à résoudre leurs propres problèmes, incapables d’assumer un emploi, inutiles à leurs familles et à leur pays? Il existe un seul passeport universel sur cette planète, c’est le Savoir, qui permet à l’individu de forger son propre destin, d’apporter sa contribution au devenir de la société. Le Savoir est la clef pour la compréhension d’un Monde de connaissances inépuisables. Le Savoir permet de dialoguer avec tous les peuples de la Terre. Nous agirons avec diligence et fermeté pour que l’École retrouve sa fonction initiale, c’est-à-dire, un lieu d’acquisition du savoir, de formation intellectuelle, professionnelle et morale des fils du pays. Nous ferons en sorte que l’École redevienne un lieu d’acquisition des savoirs, un lieu de formation intellectuelle, un centre d’apprentissage de la morale et des règles fondamentales d’une citoyenneté fondée sur les valeurs cardinales de la société malienne : Respect des Aînés, sens du Devoir à l’égard de la Société, Connaissance de Soi-même (Yeredon), apprentissage de la générosité, de l’abnégation, du Don de Soi, de la capacité à s’élever au-dessus de sa propre personne pour faire triompher le Bien Commun. Fonder une Nouvelle Économie Nous voulons le Changement afin que notre Peuple sorte de la misère. Nous fonderons une Nouvelle Economie qui marquera une rupture fondamentale. Nous proclamons qu’il faut désormais Compter sur nos propres forces. Le développement sera, avant tout, le fruit de l’effort collectif intelligent de la Nation malienne, car, personne ne construira le Mali à la place des Maliens. Nous romprons avec l’économie de pauvreté actuelle pour promouvoir une Économie de création de richesses qui générera des emplois productifs, notamment, pour les jeunes, permettra l’augmentation des revenus et donnera à l’État les moyens de Page 10 sur 19 renforcer la solidarité entre les Maliens grâce à une lutte conséquente contre les inégalités sociales. Les atouts sont là. Il s’agit, ici et maintenant, de conjuguer les avantages comparatifs du pays, de les valoriser en prenant les mesures politiques appropriées (législation, renforcement des expertises, investissements publics, partenariat public-privé, accueil des investissements directs étrangers…) afin de transformer le visage économique de notre pays. Pour sortir le Mali de la pauvreté et créer des emplois pour les Cent Mille (100 000) jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, il faut rompre avec le rythme et la structure du taux de croissance actuel. Nous accorderons une attention particulière à cinq principaux secteurs, qui seront les vecteurs de la croissance et du développement économique, car ils recèlent les plus grandes potentialités en termes de création d’emplois productifs et de génération de revenus. Ainsi, s’agira-t-il de :  développer l’agro-industrie à travers la transformation et l’exportation des produits agricoles;  renforcer le secteur minier à travers le développement d’une industrie manufacturière compétitive;  créer une industrie nationale dans le secteur des BTP à travers la modernisation et le renforcement des capacités de l’entreprenariat local dans ce secteur ;  développer le trinôme Tourisme-Culture-Artisanat qui donnera un rayonnement exceptionnel au Mali sur la scène internationale ;  promouvoir l’utilisation systématique des technologies de l’information et de la communication afin de propulser le Mali sur l’orbite de la mondialisation et lui permettre de participer pleinement à la construction de l’histoire de l’Humanité. Grâce à la modernisation de l’agriculture et à l’émergence d’une agro-industrie exportatrice, nous assurerons la Sécurité alimentaire pour tous. Nous ferons disparaître l’angoisse de la faim qui tiraille de nombreux maliens actuellement. D’ici cinq ans, le Mali ne doit plus être cité parmi les pays où règne l’insécurité alimentaire. Le problème du Nord et la question touareg : L’implantation d’AQMI dans le nord du Mali : A partir du début des années 2000, la situation dans le Nord du pays n’a cessé de se détériorer. Grâce à l’accord tacite du général ATT, Al-Qaeda pour le Maghreb Islamique (AQMI) s’est confortablement installé dans le Sahara malien où il disposa de sanctuaires (bases de repli) et d’une totale liberté de circulation. Ainsi, AQMI a établi des rapports de coopération étroite, à la fois, avec les trafiquants de drogue, les organisations criminelles et les groupes rebelles qui pullulent dans la zone. AQMI a mis en oeuvre dans le nord du pays une stratégie d’infiltration et d’intégration des communautés locales qui lui a permis d’apparaître comme le protecteur de celles-ci. Page 11 sur 19 Par-dessus tout, le général ATT a laissé le Mali devenir la zone de prédilection pour les activités des groupes armés s’adonnant aux enlèvements d’otages occidentaux. Grâce aux revenus importants générés par ses activités illicites, AQMI été en mesure d’accroître ses moyens d’action dans toute la bande sahélo-saharienne. Au total, du fait de l’irresponsabilité coupable du général ATT, AQMI est devenu un cancer qui a gangrené, tant le corps social dans les régions du Nord que les organes centraux de l’appareil d’Etat malien. Le Mali n’exerçait plus sa souveraineté sur une large partie de son territoire national ! En laissant AQMI agir à sa guise, général ATT donna carte blanche à cette organisation terroriste et criminelle pour déstabiliser le nord du pays et la zone sahélo-saharienne. La dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays eût pour conséquences majeures le discrédit des Autorités maliennes aux yeux des élites touarègues qui profitaient de leurs palinodies incessantes pour mener à leur guise leurs opérations illicites, auprès de l’Algérie et de la Mauritanie, qui désapprouvaient sa politique, à la fois, «ambigüe» et «laxiste», et des puissances extracontinentales, qui s’acharnaient à vouloir renforcer les capacités de riposte militaire du pays dans la zone pour combattre le terrorisme tout en sachant que sans une volonté robuste au sommet de l’Etat leurs efforts demeureraient vains. L’impact négatif du conflit libyen sur la zone sahélo-saharienne : Le conflit libyen est venu aggraver la situation dans la bande sahélo-saharienne en favorisant le transfert dans cette espace géopolitique d’une importante quantité d’armes de tous calibres et le retour dans les divers pays d’un nombre important de personnes aguerries au maniement des armes. Entre le 17 janvier et le 04 avril 2012, les régions de Kidal, Gao et Tombouctou ont été victimes d’une agression armée conduite par des groupes terroristes et criminels coalisés : AQMI, le MNLA, Ansar Dine, le MUJAO, Boko Haram. Le MNLA, allié à Ansar Dine et AQMI, a sauvagement massacré plus d’une centaine de soldats de l’Armée nationale à Aguelhok. Après avoir proclamé l’indépendance de « l’Azawad » et créé un prétendu Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), le MNLA a formalisé son alliance avec Ansar Dine en décidant, lors d’une rencontre à Gao, le 25 mai 2012, de «s’auto-dissoudre dans l’Azawad» et en mettant en place le «Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad». Entre mai 2012 et janvier 2013, ces groupes terroristes et criminels ont occupé le Nord du Mali où ils ont commis des actes d’une rare barbarie à l’encontre des paisibles populations : viols, amputations, braquages, exactions, destruction des mausolées des saints… Après l’attaque surprise contre Konna, le 09 janvier 2013, le président intérimaire a sollicité l’assistance militaire de la France qui a, conséquemment, déclenché, le 11 Page 12 sur 19 janvier 2013, l’Opération Serval visant à stopper l’avancée des groupes terroristes et protéger les institutions maliennes. La résolution du problème du Nord doit être la priorité des priorités dans les semaines et les mois à venir afin de trouver une solution pérenne à la crise qui affecte l’évolution de notre pays depuis plusieurs décennies. Le Mouvement pour la Refondation du Mali articulera son action sur la base des cinq principes suivants: Premièrement, il s’agit de mobiliser la Nation entière pour faire face aux menaces de déstabilisation de notre pays. Seule une Armée soutenue par le peuple sera en mesure d’assumer convenablement ses missions fondamentales. Le Malien est un peuple pacifique, tolérant, ouvert aux échanges et aux brassages. Nous sommes un peuple de métissage culturel et biologique. Nous continuerons à cultiver les vertus de la tolérance, du dialogue, de l’ouverture à l’Autre, de la recherche inlassable l’harmonie entre toutes les composantes ethniques de notre ensemble national pour le Mali soit un pays paisible tourné résolument vers l’avenir. Deuxièmement, il s’agira de doter nos forces armées et de sécurité des capacités opérationnelles adéquates pour l’accomplissement de leur mission de défense de l’intégrité territoriale. Nous moderniserons vigoureusement nos forces armées et de sécurité grâce à une loi de programmation militaire quinquennale. Le Mali devra être à la pointe du combat contre le terrorisme dans la bande Sahélo-Saharienne. Rendons un vibrant hommage à nos valeureux soldats qui sont tombés à Aguelhok, le 24 janvier 2012 et qui ont été victimes de la barbarie aveugle des groupes terroristes et criminels coalisés : le MNLA, Ansar Dine, Aqmi… La Nation Malienne apprécie leur bravoure et leur sera éternellement reconnaissante pour les sacrifices consentis. Le Mali cessera d’être un sanctuaire pour les organisations terroristes et criminelles. Nous rétablirons la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Les Maliens pourront circuler librement, sans crainte, dans les moindres recoins de leur beau pays, du Nord au Sud, d’Ouest en Est. Nous défendrons, sans relâche, sans équivoque, les intérêts supérieurs du Mali au-dedans et au-dehors. Troisièmement, nous travaillerons d’arrache-pied sur la base de la vérité, de la transparence, avec les communautés locales pour forger les mécanismes institutionnels leur permettant de gérer librement leurs affaires et d’être les acteurs principaux d’un programme spécial visant à transformer le visage économique de la région. Page 13 sur 19 Nous ouvrirons le dialogue avec tous les acteurs concernés, nous multiplierons les échanges féconds afin qu’ensemble nous convenions des modalités d’une nouvelle architecture institutionnelle favorisant la prise en compte des spécificités culturelles des communautés du Nord. L’Etat exercera pleinement son autorité sur toute l’étendue du territoire national en garantissant à tous la sécurité sans laquelle il n’y a d’avenir viable pour personne. Il fera échec à toutes les menaces contre la cohésion nationale, la paix et la sécurité du pays en appliquant rigoureusement les lois de la République. Sans faiblesse, sans hésitation, nous assurerons la sécurité des biens et des personnes, la sécurité des Maliens, la sécurité des étrangers, sur l’ensemble de notre territoire national. Nous déracinerons dans les régions du Nord toutes les germes du terrorisme et du banditisme. Quatrièmement, il conviendra de développer et de renforcer la coopération avec les pays voisins. Sur la base de l’intérêt bien compris de chaque peuple, nous conjuguerons nos efforts pour éradiquer le terrorisme et la criminalité dans la zone sahélo-saharienne. Le Mali assumera pleinement les taches définies en commun, sans hésitation, sans arrière-pensées, sans faiblesse. Sur la base de la réciprocité, nous échangerons les renseignements, coordonnerons au maximum les conditions d’exercice du droit de poursuite dans les zones frontalières. Désormais, aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat. Cinquièmement, le Mali développera, sans complexe, avec ses partenaires extérieurs, un schéma de coopération, tracé en commun, pour conforter ses capacités opérationnelles de sécurisation du territoire national. Nous mettrons en oeuvre un programme multidimensionnel de développement accéléré des régions du Nord en vue d’améliorer fondamentalement les conditions de vie des communautés locales en conjuguant harmonieusement le trinôme Paix-Sécurité-Développement. Les paramètres fondamentaux du dialogue inter-malien pour la résolution du problème du Nord: Le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale : Le respect de l’intégrité territoriale signifie clairement et, sans équivoque, le rejet de toute solution préconisant la fédération, l’indépendance et l’autonomie. Du reste, le changement de la forme de l’État malien relève exclusivement du pouvoir souverain du peuple malien qui doit être impérativement consulté sur cette question par voie référendaire. Page 14 sur 19 Pour être admis à la table de négociation dans le cadre d’un vaste dialogue inter-malien, le MNLA, qui est un mouvement groupusculaire ultra-minoritaire dans la région de Kidal, doit faire une Déclaration solennelle de renonciation à l’indépendance et à l’autodétermination, déposer les armes, demander pardon à la nation malienne pour les crimes commis contre les soldats de l’armée nationale et les dommages infinis provoqués par l’occupation des régions du Nord en association avec les terroristes d’Ansar Dine, d’AQMI et du MUJAO. Le pardon ne signifie pas l’impunité. Ceux qui ont commis, à Aguelhok, le 24 janvier 2012, des crimes contre l’humanité et de graves violations des droits de l’homme devront répondre de leurs actes devant la justice nationale et internationale. De même, les déserteurs de l’armée nationale qui ont retournés leurs fusils contre leurs frères d’armes devront se soumettre aux lois nationales en vigueur. L’immense majorité du Peuple Malien, dont les Touaregs sont partie intégrante, attendent du MNLA qu’il reconnaisse qu’il s’est égaré et fourvoyé dans une aventure perdue d’avance. L’occupation des trois régions du Nord et la partition de facto du territoire national, durant les mois écoulés, constituèrent une profonde atteinte à la dignité de chaque Malien. Cette occupation était une blessure à l’âme de la Nation malienne. Le respect de la laïcité de l’État républicain : Vieille terre, irriguée et fécondée par les préceptes de l’Islam depuis plus de 1000 ans, berceau de brillantes civilisations nourries aux vertus de la tolérance religieuse, de la cohabitation pacifique entre de multiples communautés humaines, le Mali ne peut être soumis à la loi d’un groupe d’individus ayant une conception erronée de la charia. La laïcité de l’État signifie que toutes les religions ont droit de cité dans la République. Nul ne peut changer ce principe sans l’accord expresse dûment exprimé de toute la Nation malienne. La nécessité de se démarquer, sans équivoque, des groupes terroristes et criminels : Les groupes rebelles doivent se démarquer clairement d’AQMI et du MUJAO et des autres groupes terroristes et criminels qui écument la bande sahélo-saharienne. La stabilisation des régions du Nord exigera des sacrifices immenses de la part du peuple malien. Il ne s’agira plus de signer des accords de paix pour répondre à un problème circonstanciel, ni de mener des politiques à la petite semaine, en créant par-ci, par-là, des projets de «développement» budgétivores pour impliquer les élites locales dans le pillage des deniers publics, ni de mener des actions spectaculaires sans lendemains en brulant quelques vieux fusils ou kalachnikovs lors d’une cérémonie baptisée «Flamme de la paix»… Page 15 sur 19 La stabilisation des régions du Nord sera une oeuvre de longue haleine qui mobilisera chaque Malien durant de longues années car il s’agira de refonder un nouvel espace territorial national s’articulant, à la fois, sur des ensembles humains connectés les uns aux autres, des politiques économiques intégrant la diversité des avantages comparatifs nationaux et fondée sur la volonté de promouvoir une vie meilleure pour tous les fils de la Nation malienne. Les Maliens doivent être pleinement conscients de la densité des enjeux fondamentaux en présence et des sacrifices que cela impose à chaque citoyen. La Renaissance Culturelle : Nous sommes les héritiers d’une longue et puissante tradition historique. Nous avons une chance exceptionnelle de posséder un trésor inépuisable. Il nous faut puiser dans les différentes strates de notre patrimoine historique et ressusciter le meilleur de nos traditions pour féconder notre présent et notre avenir. La créativité culturelle du Mali s’étale aujourd’hui partout dans le Monde grâce aux voix de Salif Keita, Oumou Sangaré, Ali Farka Touré, Mokobé, Sidiki Diabaté ; grâce à nos jeunes rappeurs : Tata Pound, Lassy King Massassy, Tiéfanritchi, etc… Chaque année des artistes de renommée mondiale viennent puiser l’inspiration auprès de nos musiciens. Nous ferons de la Culture l’un des vecteurs de notre développement économique et social et un tremplin pour assurer le rayonnement du Mali sur la scène mondiale. Les prochaines élections générales Dans quelques semaines, s’ouvrira la campagne électorale. Les prochains scrutins se dérouleront à un moment où de nombreux périls pèsent sur le futur immédiat du pays. Depuis l’avènement de la démocratie pluraliste, notre système électoral connait des déficiences fondamentales. Les Maliens n’ont cessé de bouder les urnes. La crise structurelle du taux de participation était le signe le plus évident de la désaffection et de la défiance des citoyens à l’égard d’un système gangrené Or, une mauvaise élection entache la légitimité des dirigeants. Elle aboutit, en définitive, à une profonde césure entre les gouvernants et les gouvernés qui sont dessaisis de leur pouvoir souverain de choisir celui ou celle qui doit conduire les destinées de la Nation. Un système électoral qui ne reflète pas la volonté du corps social est condamné à produire des crises. Le Gouvernement doit prendre avec diligence toutes les mesures appropriées pour que les prochains scrutins se déroulent dans les conditions idoines de transparence et Page 16 sur 19 d’équité afin que les résultats proclamés reflètent scrupuleusement la volonté du Peuple Malien. Le Peuple Malien exige des élections générales transparentes et équitables. Il n’acceptera pas d’être privé de son droit à se donner les dirigeants de son choix. Le Peuple Malien est debout, dressé comme un seul homme, prêt au sacrifice ultime pour que sa volonté, exprimée librement à travers le suffrage universel, soit pleinement respectée. Appel aux forces vives de la Nation malienne : Nous sommes déterminés à créer une dynamique collective robuste pour féconder l’enthousiasme créateur des Maliens afin de le mettre au service du progrès global de la Nation. Nous oeuvrerons pour que les Maliens retrouvent foi en l'avenir, qu’ils aient confiance dans leur futur et le futur du Mali et de l’Afrique. Nos atouts sont innombrables. Le peuple Malien est ingénieux, travailleur, il recèle en lui une formidable énergie et d’énormes potentialités de créativité. Il est prêt à assumer pleinement son destin. Il veut écrire une nouvelle page de son histoire. Il bouillonne d’impatience pour clamer à l’Afrique et au Monde son message de paix, d’amour et de fraternité. Nous rassemblerons toutes les composantes de la société malienne, toutes les générations, en leur donnant le goût de l’avenir, en mobilisant leurs talents, en bandant leurs forces en vue de l’avènement d’une société nouvelle basée sur la Justice, l’Excellence intellectuelle, morale et sociale. Une Société qualitativement supérieure où l’homme sera le remède de l’homme comme le proclame justement la Sagesse africaine. Nous disons au peuple du Mali, à la jeunesse du Mali, que l’histoire n’est pas finie, qu’il n’y a pas de fatalité de l’échec, qu’il est possible de créer un Mali nouveau qui sera le fruit de notre imagination collective, de la mobilisation des talents de chaque Malien, de la conjugaison des efforts de chacun. Nous Voulons que les Femmes et les Hommes du Mali redeviennent fiers d’appartenir à une Nation qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Afrique à travers les Empires du Ghana, Mali, Songhaï, Ségou... Gao, Tombouctou portent encore les empreintes indélébiles de la quintessence des civilisations négro-africaines et arabo-berbères qui ont rayonné au-delà des frontières du Continent. Aucune force obscurantiste ne pourra effacer ce que le Seigneur de l’Univers, dans sa Mansuétude infinie, a permis à l’homme de bâtir. Page 17 sur 19 Oui, nous devons reconquérir notre passé pour féconder le Présent et bâtir l’Avenir du Mali. Paysans du Mali, Debout aux aurores, défricheurs et laboureurs infatigables de la terre nourricière, bibliothèques vivantes des secrets légués par nos ancêtres, gardiens des savoirs traditionnels, la Nouvelle République du Mali doit vous accorder une place de choix dans le processus de transformation sociale du pays. Avant toute chose, il sera mis fin aux spoliations foncières et aux décisions administratives dont vous êtes victimes quotidiennement. Il s’agira de rompre avec l’agriculture de subsistance pour donner naissance à une agriculture moderne en mesure d’ouvrir des perspectives positives aux nouvelles générations de paysans maliens. Femmes du Mali, Pierres angulaires de nos familles, gardiennes des valeurs cardinales de notre société, premières éducatrices des fils de ce pays, l’heure est venue d’exiger des écoles d’excellence, des établissements sanitaires de qualité, des emplois pour vos fils afin qu’ils puissent vivre décemment. Vous avez le droit de vivre dans un monde meilleur, dans un Mali nouveau, où nul ne sera laissé sur le bord de la route. Jeunes des campagnes et des villes du Mali, Victimes du chômage, de la déscolarisation et de la marginalisation, rongés par l’angoisse des lendemains incertains, désemparés face aux aspérités de la vie quotidienne, frustrés d’être inutiles à vos familles, vous êtes cette force propulsive sur laquelle le pays s’appuiera pour accélérer sa marche en avant vers le progrès multidimensionnel de la société malienne. Cadres patriotes et intègres, Magistrats, administrateurs civils, avocats… victimes de l’effritement de l’autorité de l’Etat, de la généralisation de médiocrité, de la méchanceté, du népotisme, de l’impunité, qui ont fini par gangrener tout notre système politico-administratif, levez-vous pour exiger l’application rigoureuse du principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Les Maliens, Acteurs de l’Avenir du Mali Les crises qui assaillent notre société sont les ferments pour la construction de l’Avenir. Page 18 sur 19 Notre pays se trouve à un tournant capital de son évolution historique. Il fait face à des défis gigantesques qui nécessitent que nous soyons rassemblés autour d’une ambition collective forte, autour d’un projet de transformation radicale de notre société, autour d’une idée simple : faire du Malien un homme digne, éduqué, cultivé, respectueux des valeurs qui ont fait la renommée du Mali au cours des siècles passés. Le peuple malien, dans sa grande majorité, sait que la construction d’une nation moderne, débarrassée des scories du sous-développement, nécessite de sa part des sacrifices. Nous voulons rassembler les Maliennes et les Maliens sur des bases saines, pour faire triompher la Justice sans laquelle il n’y a pas d’avenir viable et fiable pour l’Homme. Les défis sont là. A nous d’y faire face. Il s’agit, ni plus, ni moins, de faire renaître le Mali et les valeurs qui lui ont permis de dessiner l’une des plus belles pages de l’histoire de l’Afrique. Il s’agit de réconcilier, sur la base de la Vérité, les Maliennes et les Maliens de toutes les générations qui croient en un Mali fort dans une Afrique unie, maîtresse de son destin et porteuse d’espoir pour tous les peuples du Monde. Nul ne sera exclu, car chaque Malien est une force pour le Mali et chacun peut apporter sa contribution à la construction de notre destin collectif. Nous voulons réconcilier les coeurs et les esprits, rétablir une vraie fraternité entre nous afin que chacun, dans sa différence, puisse jouer harmonieusement sa partition dans la symphonie nationale. Rien de grand ne peut réussir sans sacrifices. Nous devons absolument mettre fin «au chacun pour soi» qui n’aboutit qu’à des impasses stériles. Il faut accepter de tendre la main à l’autre afin de bâtir ensemble un Mali nouveau qui sera en mesure d’apporter une contribution significative à l’unification de l’Afrique au cours de ce siècle. A nous, désormais, de savoir faire triompher notre génie créateur commun afin de construire un univers conforme à nos aspirations de justice sociale, de progrès et de liberté et d’apporter au Monde un message de paix et de fraternité. A nous de prendre à bras-le-corps notre destin pour gagner les multiples batailles qui jalonnent notre chemin pour donner un nouveau visage à notre pays. La Terre nourricière du Mali contient toutes les semences de la Renaissance de notre Nation. Chaque Malien porte en lui le souffle de la Grandeur que le Seigneur de Tout l’Univers a insufflé en chaque être humain. Page 19 sur 19 Les Maliennes et les Maliens relèveront les défis gigantesques qui assaillent notre présent. Il nous suffit tout simplement de nous Unir, de nous donner la main, d’inscrire notre Action dans un vaste rassemblement, dans une Ambition collective forte pour transformer le Mali et le placer dans le peloton de tête des Nations modernes. Nous allons reconstruire Tombouctou, Gao, Kidal et ressouder le tissu de la Fraternité, de l’Amour, de la Réconciliation et de l’Unité de la Nation Malienne. Nous ressouderons l’Unité nationale pour que tous les fils de la Nation, toutes les composantes des communautés du Nord, puissent jouir de la Paix et de la Prospérité. Nous restaurerons la Vérité et la Justice afin qu’Unis dans un vaste élan de Solidarité, les communautés du Nord du Mali puissent oeuvrer, dans l’harmonie, à l’avènement d’une société fraternelle tournée vers le triomphe du Bien Commun. Nous voulons que les «champs fleurissent d’espérance et que les coeurs vibrent de confiance». Nous répondrons au «rendez-vous de l’histoire, dans la Dignité retrouvée». Nous oeuvrerons pour « renforcer nos rangs pour le Salut Public, pour forger, avec Courage et Dévouement, le Bien Commun pour le Mali et l’Afrique ». Bamako, le mars 2013.


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MANIFESTE DU MOUVEMENT POUR LA RENAISSANCE DU MALI
« Il suffit, pour que le mal triomphe, que les hommes de bien se taisent et ne fassent rien ». Edmund Burke.
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MANIFESTE
Du
Mouvement pour la Renaissance du Mali:
Une Nouvelle République pour un Mali Nouveau.
Hier, il y a un demi-siècle, le 22 septembre 1960, la République du Mali renaissait des cendres des Grands Empires médiévaux qui jadis illuminèrent l’Afrique. Ils furent parmi les plus belles constructions étatiques de tous les temps.
Le 22 septembre 1960 fût avant tout un acte de foi. Un Peuple uni, un Peuple debout, doté d’ambitions fortes, proclama à la face du Monde qu’il entendait assumer pleinement son destin et devenir un acteur majeur de la construction de l’histoire de l’humanité.
Les pères de l’indépendance, Modibo Keïta et ses compagnons de l’Union Soudanaise RDA se sont sacrifiés pour l’indépendance du Mali. Ils se sont totalement dédiés à la construction d’un Mali moderne, enraciné dans ses valeurs de civilisation tout en étant ouvert aux Autres. Ils ont fait appel au meilleur des Maliens pour mettre en oeuvre un projet d’indépendance nationale et de justice sociale.
De fortes oppositions politiques, puis le coup d’état militaire du 19 novembre 1968 brisèrent cet élan national. Les injustices sociales et l’arbitraire se conjuguèrent à la paupérisation pour plonger le Mali dans une longue nuit.
Après 23 ans d’un régime militaire obscurantiste, Mars 1991 fût, assurément, l’une des plus belles expressions de la détermination du peuple malien qui brava avec un courage exemplaire la répression pour en finir avec l’ignominie.
En accomplissant la Révolution du 26 mars 1991, les Maliens aspiraient à un changement fondamental de société. Ils exigeaient une lutte implacable contre la corruption, l’instauration d’une démocratie pluraliste et d’une société de progrès et de justice sociale.
Le Mouvement démocratique, qui abattît la dictature, s’attacha à mettre en oeuvre les idéaux du 26 mars et à relever les défis de la construction d’une nouvelle République.
Toutefois, ensemble hétéroclite composé de plusieurs partis, associations et syndicats qui ne disposèrent que de peu temps pour apprendre à travailler ensemble, il s’est rapidement disloqué à l’épreuve de la conquête et de l’exercice du pouvoir d’Etat.
Malgré les efforts consentis, la Révolution de Mars 1991 n’a pas donné tous les fruits escomptés. Les maux se sont, à nouveau, peu à peu accumulés : la perversion des valeurs sociétales, la dégradation de l’École, le dépérissement de l’autorité de l’État sous l’effet de la corruption à grande échelle, la généralisation de l’incivisme,
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l’injustice et l’impunité. Le mensonge et la trahison, la méchanceté et la médiocrité nous ont envahis.
Le Mali s’est éloigné, chaque jour davantage, des valeurs qui ont fait sa trace dans l’histoire.
La débâcle des forces armées dans le Nord du pays était la résultante d’une décennie de mauvaise gouvernance. L’Armée malienne a été victime d’une décennie d’abandon, de corruption, de dilution du professionnalisme, d’érosion des principes républicains, de destruction des valeurs morales… L’affairisme et les trafics ont ruiné l’honneur de nombre d’officiers supérieurs. Les errements du général ATT ont abouti à la désorganisation totale des forces armées et de sécurité, à la dilution de leur professionnalisme, à leur sous-équipement, à leur démoralisation totale et à la perte de leur capacité combattive.
Aujourd’hui, Les institutions de la Troisième République se sont effondrées. Le Mali traverse une crise profonde, la plus grave de son existence depuis son accession à la souveraineté internationale, marquée par :
 Le discrédit des élites politiques qui ont tourné le dos aux aspirations fondamentales de progrès social et de justice des populations, pour s’abimer dans la corruption ;
 Le délabrement des forces armées et de sécurité ;
 L’échec de l’expérience démocratique, qui a été dévoyée par ceux-là mêmes qui avaient porté le flambeau pour l’avènement d’un Mali pluriel débarrassé des scories des 23 années de la dictature militaire du général Moussa Traoré ;
 Les traumatismes causés par la partition de facto du territoire national (d’avril 2012 à janvier 2013) suite à l’occupation des trois régions du Nord par des groupes armés coalisés qui n’ont cessé de martyriser les populations locales;
 Le désarroi des populations face à l’amplitude de la crise et l’absence de solutions à court terme…
Nous sommes comme au fond d’un trou, punis par nos fautes, nos incohérences, nos petitesses, notre soumission aveugle au présent, notre goût de la facilité, notre propension à accepter la médiocrité, à tolérer les mensonges, à ne pas s’insurger contre la méchanceté et l’injustice.
Beaucoup de nos concitoyens et, surtout, les jeunes, sont abattus, frustrés, paralysés par les incertitudes du présent et la peur du lendemain. Ils ont perdu l’espoir que la vie peut être meilleure demain.
Aujourd’hui, la généralisation des pratiques corruptives fait croire à de nombreuses personnes que l’on peut réussir dans la vie sans fournir aucun effort. Devenir riche en un clin d’oeil, être un propriétaire terrien en spoliant les braves populations rurales et usant de prête-noms, piller les deniers publics avec l’assurance de l’impunité, réussir à un concours administratif grâce à l’argent …
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Nos repères sont perdus. Notre société est malade.
Aujourd’hui, l’individualisme a remplacé la Solidarité, le sens de la communauté qui prévalait autrefois. Chacun est barricadé désormais dans la défense de son intérêt propre. Chacun revendique ses droits en oubliant d’accomplir ses Devoirs vis-à-vis de la Société.
C’est seulement à travers un véritable examen de la conscience collective, afin de déterminer les raisons profondes qui nous ont conduits à la perdition actuelle, que nous pourrons forger les instruments de la reconstruction de la Nation.
La voie pour sortir du chaos est étroite. Soyons clairs : la solution réside en nous-mêmes. Il faut aller au fond de nous-mêmes pour trouver les clés de la renaissance.
Un débat national s’impose. Il établira l’état de la Nation et déterminera les causes de l’effondrement global du pays. A travers des discussions approfondies entre toutes les composantes de la nation malienne, il conduira à l’avènement d’une Nouvelle République, juste et solidaire.
Il nous faut penser par nous-mêmes, pour nous-mêmes, les solutions à la crise actuelle.
C’est à travers un dialogue rigoureux que les Maliens reconstitueront leur unité nationale, refonderont un Nouveau Contrat Social et forgeront ensemble les voies et moyens pour recouvrer l’intégrité territoriale de leur pays.
La solution à la crise malienne viendra d’abord des Maliens eux-mêmes. Car, nul ne peut connaitre l’ampleur des difficultés actuelles que les Maliens eux-mêmes. Nul ne peut engager le Mali sans l’accord expresse des Maliens. Nul ne peut se substituer à la volonté souveraine du Peuple Malien. Nul ne peut aimer le Mali plus que les Maliens. Nul ne peut être plus meurtri que les Maliens eux-mêmes par l’effondrement institutionnel, la partition de fait du pays, l’état déplorable des forces armées et de sécurité, la catastrophe humanitaire affectant le nord du pays, les conditions infra-humaines que vivent les populations déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Chaque Malien porte le fardeau de la crise actuelle dont la solution réside dans la conjugaison des intelligences et des bonnes volontés de toute la Nation malienne.
Cette Conférence nationale sera un moment de réappropriation de notre destin, un moment de redéfinition des termes d’un Nouveau Contrat Social, un moment de Refondation de la Nation Malienne qui est meurtrie dans sa chair.
Alors, nous pourrons sortir le pays de la crise profonde dans laquelle il est plongé depuis le coup d’état du 22 mars 2012.
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Que Voulons-Nous ?
Fonder le Mouvement pour la Renaissance du Mali :
Nous voulons créer un vaste Mouvement pour la Renaissance du Mali, un Mouvement, animé par des hommes et des femmes nouveaux, qui s’attèleront à la transformation qualificative de la société malienne.
Nous ressusciterons les valeurs profondes sur lesquelles reposaient jadis la société malienne: courage, franchise, respect de la parole donnée, sens de l’intérêt collectif, engagement pour l’Autre, recherche constante de la vérité…
Nous rétablirons la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, entre les Maliens et les Maliennes en mettant fin à l’obscurantisme qui a obstrué, jusqu’à présent, la voie à l’émergence de forces politiques saines capables de proposer des projets de transformation sociale robustes et enthousiasmants.
Dans le Mali Nouveau que nous construirons ensemble, nul ne sera au-dessus de la loi, nul ne bénéficiera de privilèges indus, nul ne pourra utiliser sa fonction pour tricher, pour spolier les Maliens de leurs terres, faire admettre un parent à un concours administratif, briser des vies humaines à travers des mesures administratives arbitraires…
Une nouvelle élite politique et administrative doit émerger, totalement dévouée au respect de la chose publique, à la satisfaction du bien-être moral et matériel des Maliens grâce au triomphe du Bien Commun.
Le Mouvement pour la Renaissance du Mali oeuvrera pour l’émergence d’une Nouvelle Génération d’hommes publics qui se dédiera à la résolution des problèmes de la société malienne et qui sera ainsi le vecteur d’un Mali nouveau réconcilié avec lui-même.
Nous voulons bâtir un Mali nouveau, réconcilié avec son histoire, ses valeurs traditionnelles positives. Un Mali respectueux du passé, mais résolument tourné vers l’Avenir et déterminé à écrire une nouvelle page de l’histoire de l’Afrique.
Nous voulons redonner au Mali sa dignité qui a été bafouée par ceux-là mêmes qui dirigeaient l’État.
Nous voulons que le Mali redevienne un pays libre, maître de sa destinée et porteur d’espérances pour les peuples d’Afrique et du Monde.
Nous voulons bâtir une Nouvelle Société fondée sur le Travail créateur de toute la Nation, sur la Justice sociale et le Bien Commun. Une Nouvelle Société où l’Etat ne
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sera plus un instrument d’enrichissement des dirigeants et un moyen d’oppression du Peuple.
Nous voulons bâtir un État juste, impartial et solidaire au service de Tous. La restauration de l’autorité de l’État passe inéluctablement par le triomphe de l’intérêt national et la fin de l’impunité. L’incivisme est la fille naturelle de la mal-gouvernance. C’est l’une des expressions du rejet par le petit peuple des dirigeants corrompus qui pillent les deniers publics au lieu d’oeuvrer à la résolution des problèmes de la Nation.
Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali, c’est accepter de travailler pour le triomphe de la dignité du Peuple Malien sans attendre d’autre récompense que la reconnaissance des sacrifices consentis et du service bien fait ; c’est se dédier à la cause du progrès de la Nation malienne ; c’est se soumettre à la discipline sans laquelle il n’est pas possible de construire une oeuvre durable.
Adhérer au Mouvement pour la Renaissance du Mali signifie que l’on est fondamentalement attaché aux valeurs démocratiques, à la libre expression de chacun, à la prise en considération de la différence de chacun.
Chaque militant et militante du Mouvement pour la Renaissance du Mali doit être un exemple vivant des vertus de la société malienne, à savoir : l’honnêteté, l’humilité, la rigueur morale et sociale, le dévouement à sa famille et à son pays, la capacité de don de soi…
Nul n’instrumentalisera le Mouvement pour assouvir ses ambitions personnelles.
La liberté d’expression garantira la solidité du Mouvement et favorisera l’avènement, en son sein et, dans le pays, d’une démocratie participative féconde nourrie à la sève de l’apport positif de chacun.
Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera un forum de débats féconds, un espace d’enrichissement collectif et individuel, un tremplin visant à permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même pour le bien collectif.
Faire la Politique Autrement et Gouverner Autrement :
Nous voulons fonder une démocratie participative où les citoyens seront effectivement les acteurs de la transformation qualitative de la société malienne.
Le Mouvement pour la Renaissance du Mali sera l’acteur des Changements fondamentaux qu’attend le Peuple du Mali.
Une Nouvelle génération d’hommes publics doit prendre la responsabilité de dessiner les contours du Mali nouveau.
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Il s’agit de mettre fin au Système de Démocratie factice qui a été synonyme de Misère, de Pauvreté, d’Abandon de l’École, de dilution de nos Valeurs, de propagation de la Corruption, de blanchissement d’argent et de trafic de drogue, de la perte de souveraineté sur le Nord de notre pays…
Nous Voulons une Démocratie de tous les instants. Nous n’abdiquerons plus devant les politiciens notre droit à l’information, à la transparence des décisions publiques. Le Peuple Malien doit être informé sur tout ce qui touche au devenir de la Nation. Nous exigeons la publication des comptes publics, l’accès des citoyens à tous les actes administratifs qui les concernent. Nous voulons une administration citoyenne, transparente, équitable et efficace dédiée à la satisfaction des exigences de progrès des Maliens.
C’est à ce prix que nous relèverons les défis qui nous assaillent :
 la restauration et la consolidation de l’unité nationale,
 le redressement de l’Armée,
 la construction d’un nouveau système démocratique fondé sur l’équilibre et la séparation effective des pouvoirs, l’Etat de droit, l'indépendance de la justice et des médias,
 le respect des contre-pouvoirs institutionnels,
 la responsabilité et la transparence à tous les échelons de l’appareil politico-administratif,
 la création d’une véritable démocratie participative au plan régional…
Nous Voulons l’avènement d’une République Nouvelle où chacun sera à la place qu’il mérite, où les dirigeants seront, avant tout, les Serviteurs du Peuple Malien.
Les Maliens ne doivent plus jamais dire : An Bè Sa I No Fè (Nous mourrons pour toi). C’est au dirigeant de se sacrifier pour le Bonheur du Peuple.
Nous bâtirons, ensemble, un État fort, impartial, qui sera totalement dédié au service du Bien-être moral et matériel de la Nation Malienne.
Les axes fondamentaux du Changement :
La reconstruction d’un appareil d’Etat robuste, condition sine qua none de la Renaissance de la Nation malienne:
Le Mali ne pourra se relever sans l’affirmation d’un nouvel Etat, impartial et solidaire, piloté par des dirigeants compétents, intègres, dotés d’une vision robuste du Mali et de l’Afrique.
Il faut un appareil d’État légitime et robuste pour:
 rassembler les Maliens autour d’un Nouveau Contrat Social ;
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 restaurer l’autorité de l’Etat qui a disparu parce que l’État malien était foncièrement corrompu et injuste ;
 forger les voies et moyens de la de la consolidation de l’unité nationale ;
 assurer la sécurité intérieure et extérieure du pays ;
 assumer pleinement un rôle majeur dans la lutte contre le terrorisme islamiste et la criminalité transfrontalière qui gangrènent présentement la bande sahélo-saharienne…
La Refondation de l’Armée malienne :
Il nous faut redéfinir la structure des missions de l’Armée en prenant en considération l’état de guerre qui a été imposé à notre peuple par les groupes terroristes coalisés et les nouvelles menaces découlant de l’environnement géopolitique régional et international.
Il s’agira d’élaborer et d’appliquer un Plan décennal de modernisation, de formation et d’équipement des forces armées nationales. Plus globalement, il faudra réconcilier le Peuple malien avec son Armée afin de donner naissance à des forces armées patriotiques et républicaines animées d’un sens aigu de leur devoir à l’égard de la Nation malienne. Seule une Armée réconciliée avec son Peuple et soutenue par celui-ci sera en mesure d’assumer la tâche fondamentale de protection du territoire national vis-à-vis des menaces externes.
La Justice pour tous les Maliens :
Nous voulons la Justice pour tous les Maliens : Jeunes, Femmes, Enfants, Paysans, Ouvriers…
La restauration de l’autorité de l’Etat passe immanquablement par la réhabilitation de la Justice qui doit être égale pour tous sans autre considération que celle de dire le Droit, rien que le Droit.
Nous instaurerons une Justice égale pour tous les fils de la Nation. Les juges seront responsables de leurs actes. Toutes les décisions de justice seront immédiatement publiées. Fini le temps où on pourra rendre des décisions contraires à la loi pour servir des desseins inavoués. Fini le temps où les jugements sont négociés avant d’être rendus.
Nous mettrons fin aux spoliations foncières, à l’injustice foncière, aux brimades administratives infligées aux citoyens par des agents indélicats (Eaux et Forets, agents des services déconcentrés l’État…).
Tolérance zéro pour la corruption.
La corruption a atteint, au cours des dix dernières années (2002-2012) une ampleur inégalée dans notre pays.
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Nous mènerons une lutte implacable contre la corruption dans tous les domaines d’activités de la Nation malienne. Car, elle inhibe notre capacité à sortir du sous-développement économique et social. Nous veillerons à la bonne gestion des deniers publics en mettant en place les mécanismes appropriés pour assurer la transparence et l’efficacité des dépenses publiques. Nul ne pourra s’enrichir impunément sur le dos du Peuple Malien.
L’École :
La situation de l’Ecole malienne est intolérable, inacceptable et injustifiable.
En tant que Nation, nous portons la responsabilité collective de l’échec de l’Ecole Malienne. Tous, nous avons créé les conditions d’un naufrage collectif.
Nous avons accepté de voir l’Ecole dériver vers la situation actuelle où les «années scolaires» ne dépassent pas un trimestre, où l’on forme des néo-analphabètes, inaptes à résoudre leurs propres problèmes, incapables d’assumer un emploi, inutiles à leurs familles et à leur pays?
Il existe un seul passeport universel sur cette planète, c’est le Savoir, qui permet à l’individu de forger son propre destin, d’apporter sa contribution au devenir de la société. Le Savoir est la clef pour la compréhension d’un Monde de connaissances inépuisables. Le Savoir permet de dialoguer avec tous les peuples de la Terre.
Nous agirons avec diligence et fermeté pour que l’École retrouve sa fonction initiale, c’est-à-dire, un lieu d’acquisition du savoir, de formation intellectuelle, professionnelle et morale des fils du pays. Nous ferons en sorte que l’École redevienne un lieu d’acquisition des savoirs, un lieu de formation intellectuelle, un centre d’apprentissage de la morale et des règles fondamentales d’une citoyenneté fondée sur les valeurs cardinales de la société malienne : Respect des Aînés, sens du Devoir à l’égard de la Société, Connaissance de Soi-même (Yeredon), apprentissage de la générosité, de l’abnégation, du Don de Soi, de la capacité à s’élever au-dessus de sa propre personne pour faire triompher le Bien Commun.
Fonder une Nouvelle Économie
Nous voulons le Changement afin que notre Peuple sorte de la misère.
Nous fonderons une Nouvelle Economie qui marquera une rupture fondamentale. Nous proclamons qu’il faut désormais Compter sur nos propres forces. Le développement sera, avant tout, le fruit de l’effort collectif intelligent de la Nation malienne, car, personne ne construira le Mali à la place des Maliens.
Nous romprons avec l’économie de pauvreté actuelle pour promouvoir une Économie de création de richesses qui générera des emplois productifs, notamment, pour les jeunes, permettra l’augmentation des revenus et donnera à l’État les moyens de
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renforcer la solidarité entre les Maliens grâce à une lutte conséquente contre les inégalités sociales.
Les atouts sont là. Il s’agit, ici et maintenant, de conjuguer les avantages comparatifs du pays, de les valoriser en prenant les mesures politiques appropriées (législation, renforcement des expertises, investissements publics, partenariat public-privé, accueil des investissements directs étrangers…) afin de transformer le visage économique de notre pays. Pour sortir le Mali de la pauvreté et créer des emplois pour les Cent Mille (100 000) jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, il faut rompre avec le rythme et la structure du taux de croissance actuel.
Nous accorderons une attention particulière à cinq principaux secteurs, qui seront les vecteurs de la croissance et du développement économique, car ils recèlent les plus grandes potentialités en termes de création d’emplois productifs et de génération de revenus. Ainsi, s’agira-t-il de :
 développer l’agro-industrie à travers la transformation et l’exportation des produits agricoles;
 renforcer le secteur minier à travers le développement d’une industrie manufacturière compétitive;
 créer une industrie nationale dans le secteur des BTP à travers la modernisation et le renforcement des capacités de l’entreprenariat local dans ce secteur ;
 développer le trinôme Tourisme-Culture-Artisanat qui donnera un rayonnement exceptionnel au Mali sur la scène internationale ;
 promouvoir l’utilisation systématique des technologies de l’information et de la communication afin de propulser le Mali sur l’orbite de la mondialisation et lui permettre de participer pleinement à la construction de l’histoire de l’Humanité.
Grâce à la modernisation de l’agriculture et à l’émergence d’une agro-industrie exportatrice, nous assurerons la Sécurité alimentaire pour tous. Nous ferons disparaître l’angoisse de la faim qui tiraille de nombreux maliens actuellement. D’ici cinq ans, le Mali ne doit plus être cité parmi les pays où règne l’insécurité alimentaire.
Le problème du Nord et la question touareg :
L’implantation d’AQMI dans le nord du Mali :
A partir du début des années 2000, la situation dans le Nord du pays n’a cessé de se détériorer. Grâce à l’accord tacite du général ATT, Al-Qaeda pour le Maghreb Islamique (AQMI) s’est confortablement installé dans le Sahara malien où il disposa de sanctuaires (bases de repli) et d’une totale liberté de circulation. Ainsi, AQMI a établi des rapports de coopération étroite, à la fois, avec les trafiquants de drogue, les organisations criminelles et les groupes rebelles qui pullulent dans la zone. AQMI a mis en oeuvre dans le nord du pays une stratégie d’infiltration et d’intégration des communautés locales qui lui a permis d’apparaître comme le protecteur de celles-ci.
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Par-dessus tout, le général ATT a laissé le Mali devenir la zone de prédilection pour les activités des groupes armés s’adonnant aux enlèvements d’otages occidentaux. Grâce aux revenus importants générés par ses activités illicites, AQMI été en mesure d’accroître ses moyens d’action dans toute la bande sahélo-saharienne.
Au total, du fait de l’irresponsabilité coupable du général ATT, AQMI est devenu un cancer qui a gangrené, tant le corps social dans les régions du Nord que les organes centraux de l’appareil d’Etat malien. Le Mali n’exerçait plus sa souveraineté sur une large partie de son territoire national !
En laissant AQMI agir à sa guise, général ATT donna carte blanche à cette organisation terroriste et criminelle pour déstabiliser le nord du pays et la zone sahélo-saharienne.
La dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays eût pour conséquences majeures le discrédit des Autorités maliennes aux yeux des élites touarègues qui profitaient de leurs palinodies incessantes pour mener à leur guise leurs opérations illicites, auprès de l’Algérie et de la Mauritanie, qui désapprouvaient sa politique, à la fois, «ambigüe» et «laxiste», et des puissances extracontinentales, qui s’acharnaient à vouloir renforcer les capacités de riposte militaire du pays dans la zone pour combattre le terrorisme tout en sachant que sans une volonté robuste au sommet de l’Etat leurs efforts demeureraient vains.
L’impact négatif du conflit libyen sur la zone sahélo-saharienne :
Le conflit libyen est venu aggraver la situation dans la bande sahélo-saharienne en favorisant le transfert dans cette espace géopolitique d’une importante quantité d’armes de tous calibres et le retour dans les divers pays d’un nombre important de personnes aguerries au maniement des armes.
Entre le 17 janvier et le 04 avril 2012, les régions de Kidal, Gao et Tombouctou ont été victimes d’une agression armée conduite par des groupes terroristes et criminels coalisés : AQMI, le MNLA, Ansar Dine, le MUJAO, Boko Haram. Le MNLA, allié à Ansar Dine et AQMI, a sauvagement massacré plus d’une centaine de soldats de l’Armée nationale à Aguelhok. Après avoir proclamé l’indépendance de « l’Azawad » et créé un prétendu Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), le MNLA a formalisé son alliance avec Ansar Dine en décidant, lors d’une rencontre à Gao, le 25 mai 2012, de «s’auto-dissoudre dans l’Azawad» et en mettant en place le «Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad».
Entre mai 2012 et janvier 2013, ces groupes terroristes et criminels ont occupé le Nord du Mali où ils ont commis des actes d’une rare barbarie à l’encontre des paisibles populations : viols, amputations, braquages, exactions, destruction des mausolées des saints…
Après l’attaque surprise contre Konna, le 09 janvier 2013, le président intérimaire a sollicité l’assistance militaire de la France qui a, conséquemment, déclenché, le 11
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janvier 2013, l’Opération Serval visant à stopper l’avancée des groupes terroristes et protéger les institutions maliennes.
La résolution du problème du Nord doit être la priorité des priorités dans les semaines et les mois à venir afin de trouver une solution pérenne à la crise qui affecte l’évolution de notre pays depuis plusieurs décennies.
Le Mouvement pour la Refondation du Mali articulera son action sur la base des cinq principes suivants:
Premièrement, il s’agit de mobiliser la Nation entière pour faire face aux menaces de déstabilisation de notre pays. Seule une Armée soutenue par le peuple sera en mesure d’assumer convenablement ses missions fondamentales.
Le Malien est un peuple pacifique, tolérant, ouvert aux échanges et aux brassages. Nous sommes un peuple de métissage culturel et biologique. Nous continuerons à cultiver les vertus de la tolérance, du dialogue, de l’ouverture à l’Autre, de la recherche inlassable l’harmonie entre toutes les composantes ethniques de notre ensemble national pour le Mali soit un pays paisible tourné résolument vers l’avenir.
Deuxièmement, il s’agira de doter nos forces armées et de sécurité des capacités opérationnelles adéquates pour l’accomplissement de leur mission de défense de l’intégrité territoriale. Nous moderniserons vigoureusement nos forces armées et de sécurité grâce à une loi de programmation militaire quinquennale. Le Mali devra être à la pointe du combat contre le terrorisme dans la bande Sahélo-Saharienne.
Rendons un vibrant hommage à nos valeureux soldats qui sont tombés à Aguelhok, le 24 janvier 2012 et qui ont été victimes de la barbarie aveugle des groupes terroristes et criminels coalisés : le MNLA, Ansar Dine, Aqmi… La Nation Malienne apprécie leur bravoure et leur sera éternellement reconnaissante pour les sacrifices consentis.
Le Mali cessera d’être un sanctuaire pour les organisations terroristes et criminelles. Nous rétablirons la sécurité sur toute l’étendue du territoire national. Les Maliens pourront circuler librement, sans crainte, dans les moindres recoins de leur beau pays, du Nord au Sud, d’Ouest en Est.
Nous défendrons, sans relâche, sans équivoque, les intérêts supérieurs du Mali au-dedans et au-dehors.
Troisièmement, nous travaillerons d’arrache-pied sur la base de la vérité, de la transparence, avec les communautés locales pour forger les mécanismes institutionnels leur permettant de gérer librement leurs affaires et d’être les acteurs principaux d’un programme spécial visant à transformer le visage économique de la région.
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Nous ouvrirons le dialogue avec tous les acteurs concernés, nous multiplierons les échanges féconds afin qu’ensemble nous convenions des modalités d’une nouvelle architecture institutionnelle favorisant la prise en compte des spécificités culturelles des communautés du Nord.
L’Etat exercera pleinement son autorité sur toute l’étendue du territoire national en garantissant à tous la sécurité sans laquelle il n’y a d’avenir viable pour personne. Il fera échec à toutes les menaces contre la cohésion nationale, la paix et la sécurité du pays en appliquant rigoureusement les lois de la République. Sans faiblesse, sans hésitation, nous assurerons la sécurité des biens et des personnes, la sécurité des Maliens, la sécurité des étrangers, sur l’ensemble de notre territoire national. Nous déracinerons dans les régions du Nord toutes les germes du terrorisme et du banditisme.
Quatrièmement, il conviendra de développer et de renforcer la coopération avec les pays voisins. Sur la base de l’intérêt bien compris de chaque peuple, nous conjuguerons nos efforts pour éradiquer le terrorisme et la criminalité dans la zone sahélo-saharienne. Le Mali assumera pleinement les taches définies en commun, sans hésitation, sans arrière-pensées, sans faiblesse. Sur la base de la réciprocité, nous échangerons les renseignements, coordonnerons au maximum les conditions d’exercice du droit de poursuite dans les zones frontalières.
Désormais, aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées nationales en position de combat.
Cinquièmement, le Mali développera, sans complexe, avec ses partenaires extérieurs, un schéma de coopération, tracé en commun, pour conforter ses capacités opérationnelles de sécurisation du territoire national.
Nous mettrons en oeuvre un programme multidimensionnel de développement accéléré des régions du Nord en vue d’améliorer fondamentalement les conditions de vie des communautés locales en conjuguant harmonieusement le trinôme Paix-Sécurité-Développement.
Les paramètres fondamentaux du dialogue inter-malien pour la résolution du problème du Nord:
Le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale :
Le respect de l’intégrité territoriale signifie clairement et, sans équivoque, le rejet de toute solution préconisant la fédération, l’indépendance et l’autonomie. Du reste, le changement de la forme de l’État malien relève exclusivement du pouvoir souverain du peuple malien qui doit être impérativement consulté sur cette question par voie référendaire.
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Pour être admis à la table de négociation dans le cadre d’un vaste dialogue inter-malien, le MNLA, qui est un mouvement groupusculaire ultra-minoritaire dans la région de Kidal, doit faire une Déclaration solennelle de renonciation à l’indépendance et à l’autodétermination, déposer les armes, demander pardon à la nation malienne pour les crimes commis contre les soldats de l’armée nationale et les dommages infinis provoqués par l’occupation des régions du Nord en association avec les terroristes d’Ansar Dine, d’AQMI et du MUJAO.
Le pardon ne signifie pas l’impunité.
Ceux qui ont commis, à Aguelhok, le 24 janvier 2012, des crimes contre l’humanité et de graves violations des droits de l’homme devront répondre de leurs actes devant la justice nationale et internationale. De même, les déserteurs de l’armée nationale qui ont retournés leurs fusils contre leurs frères d’armes devront se soumettre aux lois nationales en vigueur. L’immense majorité du Peuple Malien, dont les Touaregs sont partie intégrante, attendent du MNLA qu’il reconnaisse qu’il s’est égaré et fourvoyé dans une aventure perdue d’avance.
L’occupation des trois régions du Nord et la partition de facto du territoire national, durant les mois écoulés, constituèrent une profonde atteinte à la dignité de chaque Malien. Cette occupation était une blessure à l’âme de la Nation malienne.
Le respect de la laïcité de l’État républicain :
Vieille terre, irriguée et fécondée par les préceptes de l’Islam depuis plus de 1000 ans, berceau de brillantes civilisations nourries aux vertus de la tolérance religieuse, de la cohabitation pacifique entre de multiples communautés humaines, le Mali ne peut être soumis à la loi d’un groupe d’individus ayant une conception erronée de la charia. La laïcité de l’État signifie que toutes les religions ont droit de cité dans la République. Nul ne peut changer ce principe sans l’accord expresse dûment exprimé de toute la Nation malienne.
La nécessité de se démarquer, sans équivoque, des groupes terroristes et criminels :
Les groupes rebelles doivent se démarquer clairement d’AQMI et du MUJAO et des autres groupes terroristes et criminels qui écument la bande sahélo-saharienne.
La stabilisation des régions du Nord exigera des sacrifices immenses de la part du peuple malien. Il ne s’agira plus de signer des accords de paix pour répondre à un problème circonstanciel, ni de mener des politiques à la petite semaine, en créant par-ci, par-là, des projets de «développement» budgétivores pour impliquer les élites locales dans le pillage des deniers publics, ni de mener des actions spectaculaires sans lendemains en brulant quelques vieux fusils ou kalachnikovs lors d’une cérémonie baptisée «Flamme de la paix»…
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La stabilisation des régions du Nord sera une oeuvre de longue haleine qui mobilisera chaque Malien durant de longues années car il s’agira de refonder un nouvel espace territorial national s’articulant, à la fois, sur des ensembles humains connectés les uns aux autres, des politiques économiques intégrant la diversité des avantages comparatifs nationaux et fondée sur la volonté de promouvoir une vie meilleure pour tous les fils de la Nation malienne.
Les Maliens doivent être pleinement conscients de la densité des enjeux fondamentaux en présence et des sacrifices que cela impose à chaque citoyen.
La Renaissance Culturelle :
Nous sommes les héritiers d’une longue et puissante tradition historique. Nous avons une chance exceptionnelle de posséder un trésor inépuisable. Il nous faut puiser dans les différentes strates de notre patrimoine historique et ressusciter le meilleur de nos traditions pour féconder notre présent et notre avenir.
La créativité culturelle du Mali s’étale aujourd’hui partout dans le Monde grâce aux voix de Salif Keita, Oumou Sangaré, Ali Farka Touré, Mokobé, Sidiki Diabaté ; grâce à nos jeunes rappeurs : Tata Pound, Lassy King Massassy, Tiéfanritchi, etc… Chaque année des artistes de renommée mondiale viennent puiser l’inspiration auprès de nos musiciens.
Nous ferons de la Culture l’un des vecteurs de notre développement économique et social et un tremplin pour assurer le rayonnement du Mali sur la scène mondiale.
Les prochaines élections générales
Dans quelques semaines, s’ouvrira la campagne électorale. Les prochains scrutins se dérouleront à un moment où de nombreux périls pèsent sur le futur immédiat du pays.
Depuis l’avènement de la démocratie pluraliste, notre système électoral connait des déficiences fondamentales. Les Maliens n’ont cessé de bouder les urnes. La crise structurelle du taux de participation était le signe le plus évident de la désaffection et de la défiance des citoyens à l’égard d’un système gangrené
Or, une mauvaise élection entache la légitimité des dirigeants. Elle aboutit, en définitive, à une profonde césure entre les gouvernants et les gouvernés qui sont dessaisis de leur pouvoir souverain de choisir celui ou celle qui doit conduire les destinées de la Nation. Un système électoral qui ne reflète pas la volonté du corps social est condamné à produire des crises.
Le Gouvernement doit prendre avec diligence toutes les mesures appropriées pour que les prochains scrutins se déroulent dans les conditions idoines de transparence et
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d’équité afin que les résultats proclamés reflètent scrupuleusement la volonté du Peuple Malien.
Le Peuple Malien exige des élections générales transparentes et équitables. Il n’acceptera pas d’être privé de son droit à se donner les dirigeants de son choix.
Le Peuple Malien est debout, dressé comme un seul homme, prêt au sacrifice ultime pour que sa volonté, exprimée librement à travers le suffrage universel, soit pleinement respectée.
Appel aux forces vives de la Nation malienne :
Nous sommes déterminés à créer une dynamique collective robuste pour féconder l’enthousiasme créateur des Maliens afin de le mettre au service du progrès global de la Nation.
Nous oeuvrerons pour que les Maliens retrouvent foi en l'avenir, qu’ils aient confiance dans leur futur et le futur du Mali et de l’Afrique.
Nos atouts sont innombrables. Le peuple Malien est ingénieux, travailleur, il recèle en lui une formidable énergie et d’énormes potentialités de créativité. Il est prêt à assumer pleinement son destin. Il veut écrire une nouvelle page de son histoire. Il bouillonne d’impatience pour clamer à l’Afrique et au Monde son message de paix, d’amour et de fraternité.
Nous rassemblerons toutes les composantes de la société malienne, toutes les générations, en leur donnant le goût de l’avenir, en mobilisant leurs talents, en bandant leurs forces en vue de l’avènement d’une société nouvelle basée sur la Justice, l’Excellence intellectuelle, morale et sociale. Une Société qualitativement supérieure où l’homme sera le remède de l’homme comme le proclame justement la Sagesse africaine.
Nous disons au peuple du Mali, à la jeunesse du Mali, que l’histoire n’est pas finie, qu’il n’y a pas de fatalité de l’échec, qu’il est possible de créer un Mali nouveau qui sera le fruit de notre imagination collective, de la mobilisation des talents de chaque Malien, de la conjugaison des efforts de chacun.
Nous Voulons que les Femmes et les Hommes du Mali redeviennent fiers d’appartenir à une Nation qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de l’Afrique à travers les Empires du Ghana, Mali, Songhaï, Ségou...
Gao, Tombouctou portent encore les empreintes indélébiles de la quintessence des civilisations négro-africaines et arabo-berbères qui ont rayonné au-delà des frontières du Continent. Aucune force obscurantiste ne pourra effacer ce que le Seigneur de l’Univers, dans sa Mansuétude infinie, a permis à l’homme de bâtir.
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Oui, nous devons reconquérir notre passé pour féconder le Présent et bâtir l’Avenir du Mali.
Paysans du Mali,
Debout aux aurores, défricheurs et laboureurs infatigables de la terre nourricière, bibliothèques vivantes des secrets légués par nos ancêtres, gardiens des savoirs traditionnels, la Nouvelle République du Mali doit vous accorder une place de choix dans le processus de transformation sociale du pays. Avant toute chose, il sera mis fin aux spoliations foncières et aux décisions administratives dont vous êtes victimes quotidiennement. Il s’agira de rompre avec l’agriculture de subsistance pour donner naissance à une agriculture moderne en mesure d’ouvrir des perspectives positives aux nouvelles générations de paysans maliens.
Femmes du Mali,
Pierres angulaires de nos familles, gardiennes des valeurs cardinales de notre société, premières éducatrices des fils de ce pays, l’heure est venue d’exiger des écoles d’excellence, des établissements sanitaires de qualité, des emplois pour vos fils afin qu’ils puissent vivre décemment.
Vous avez le droit de vivre dans un monde meilleur, dans un Mali nouveau, où nul ne sera laissé sur le bord de la route.
Jeunes des campagnes et des villes du Mali,
Victimes du chômage, de la déscolarisation et de la marginalisation, rongés par l’angoisse des lendemains incertains, désemparés face aux aspérités de la vie quotidienne, frustrés d’être inutiles à vos familles, vous êtes cette force propulsive sur laquelle le pays s’appuiera pour accélérer sa marche en avant vers le progrès multidimensionnel de la société malienne.
Cadres patriotes et intègres,
Magistrats, administrateurs civils, avocats… victimes de l’effritement de l’autorité de l’Etat, de la généralisation de médiocrité, de la méchanceté, du népotisme, de l’impunité, qui ont fini par gangrener tout notre système politico-administratif, levez-vous pour exiger l’application rigoureuse du principe de « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ».
Les Maliens, Acteurs de l’Avenir du Mali
Les crises qui assaillent notre société sont les ferments pour la construction de l’Avenir.
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Notre pays se trouve à un tournant capital de son évolution historique. Il fait face à des défis gigantesques qui nécessitent que nous soyons rassemblés autour d’une ambition collective forte, autour d’un projet de transformation radicale de notre société, autour d’une idée simple : faire du Malien un homme digne, éduqué, cultivé, respectueux des valeurs qui ont fait la renommée du Mali au cours des siècles passés.
Le peuple malien, dans sa grande majorité, sait que la construction d’une nation moderne, débarrassée des scories du sous-développement, nécessite de sa part des sacrifices.
Nous voulons rassembler les Maliennes et les Maliens sur des bases saines, pour faire triompher la Justice sans laquelle il n’y a pas d’avenir viable et fiable pour l’Homme.
Les défis sont là. A nous d’y faire face. Il s’agit, ni plus, ni moins, de faire renaître le Mali et les valeurs qui lui ont permis de dessiner l’une des plus belles pages de l’histoire de l’Afrique.
Il s’agit de réconcilier, sur la base de la Vérité, les Maliennes et les Maliens de toutes les générations qui croient en un Mali fort dans une Afrique unie, maîtresse de son destin et porteuse d’espoir pour tous les peuples du Monde.
Nul ne sera exclu, car chaque Malien est une force pour le Mali et chacun peut apporter sa contribution à la construction de notre destin collectif.
Nous voulons réconcilier les coeurs et les esprits, rétablir une vraie fraternité entre nous afin que chacun, dans sa différence, puisse jouer harmonieusement sa partition dans la symphonie nationale. Rien de grand ne peut réussir sans sacrifices. Nous devons absolument mettre fin «au chacun pour soi» qui n’aboutit qu’à des impasses stériles. Il faut accepter de tendre la main à l’autre afin de bâtir ensemble un Mali nouveau qui sera en mesure d’apporter une contribution significative à l’unification de l’Afrique au cours de ce siècle.
A nous, désormais, de savoir faire triompher notre génie créateur commun afin de construire un univers conforme à nos aspirations de justice sociale, de progrès et de liberté et d’apporter au Monde un message de paix et de fraternité.
A nous de prendre à bras-le-corps notre destin pour gagner les multiples batailles qui jalonnent notre chemin pour donner un nouveau visage à notre pays.
La Terre nourricière du Mali contient toutes les semences de la Renaissance de notre Nation.
Chaque Malien porte en lui le souffle de la Grandeur que le Seigneur de Tout l’Univers a insufflé en chaque être humain.
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Les Maliennes et les Maliens relèveront les défis gigantesques qui assaillent notre présent. Il nous suffit tout simplement de nous Unir, de nous donner la main, d’inscrire notre Action dans un vaste rassemblement, dans une Ambition collective forte pour transformer le Mali et le placer dans le peloton de tête des Nations modernes.
Nous allons reconstruire Tombouctou, Gao, Kidal et ressouder le tissu de la Fraternité, de l’Amour, de la Réconciliation et de l’Unité de la Nation Malienne.
Nous ressouderons l’Unité nationale pour que tous les fils de la Nation, toutes les composantes des communautés du Nord, puissent jouir de la Paix et de la Prospérité.
Nous restaurerons la Vérité et la Justice afin qu’Unis dans un vaste élan de Solidarité, les communautés du Nord du Mali puissent oeuvrer, dans l’harmonie, à l’avènement d’une société fraternelle tournée vers le triomphe du Bien Commun.
Nous voulons que les «champs fleurissent d’espérance et que les coeurs vibrent de confiance».
Nous répondrons au «rendez-vous de l’histoire, dans la Dignité retrouvée».
Nous oeuvrerons pour « renforcer nos rangs pour le Salut Public, pour forger, avec Courage et Dévouement, le Bien Commun pour le Mali et l’Afrique ».
Bamako, le mars 2013.

vendredi 15 mars 2013

Le délitement des institutions maliennes.

Le délitement des institutions maliennes.
Albert BOURGI | 11/03/2013 | 03H42 GMT




CONFERENCE D’ALBERT BOURGI Professeur émérite à l’Université de Reims, au CERDRADI, centre dirigé par le Professeur Alioune Badara Fall de la Faculté de droit de l’Université Montesquieu, Bordeaux IV le 7 mars 2012.

Outre qu’il souligne le caractère tenu du fondement juridique du déploiement de l’armée française au Mali, cet épisode illustre surtout, jusqu’à la caricature, la vacuité du pouvoir politique au Mali, et surtout l’effondrement, ou pour être plus nuancé, le délitement de l’État malien et de ses principales institutions. Etrange constat pour un pays qui un an auparavant faisait encore figure de référence, en matière de démocratie, en Afrique, ce qui lui valait le soutien des bailleurs de fonds internationaux.

Lorsqu’il succède, en 2002, à Alpha Oumar Konaré, premier Président de l’ère « dite » démocratique », qui a suivi  la révolte populaire du 26 mars 1991, ATT était couvert de lauriers, apparaissant comme celui qui avait rendu le pouvoir aux civils après le coup d’État de 1991, et dirigé la transition au terme de laquelle un Président de la République avait été démocratiquement élu et le Mali s’était doté de nouvelles institutions, bâties sur un socle constitutionnel consacrant les principes républicains et surtout l’avènement d’un Etat digne de ce nom. Le Mali rompait avec les édifices institutionnels qu’instauraient les systèmes de parti unique qui avaient cours depuis 1960, après l’éclatement de la Fédération du Mali réunissant le Sénégal et l’ex Soudan Français, et qui s’était perpétué avec le coup d’État de 1968 ayant porté au pouvoir le général Moussa Traoré.

LE COUP D’ÉTAT DU 22 MARS 2012, REVELATEUR DU DELITEMENT DES INSTITUTIONS

L’éclatement du pouvoir, ou ce qu’il en reste, qui a suivi le coup d’État du 22 mars 2012 a aggravé la confusion à tous les niveaux de l’administration (pour ne pas dire plus). Ce 22 mars 2012 un groupe de militaires, et parmi eux beaucoup de sous officiers du camp de Kati, situé à 15 km de la capitale, emmenés par le capitaine Sanogo, a fait violemment irruption dans le Palais présidentiel, et ATT, Amadou Toumani Touré ne devra la vie qu’à l’intervention de sa garde rapprochée (les bérets rouges) et à sa « sécurisation » assurée par des militaires américains. Son exfiltration, à bord de l’avion présidentiel sénégalais, vers Dakar,  se fera dans des conditions rocambolesques, négociées pied à pied par les ambassadeurs sénégalais et burkinabé en poste à Bamako avec les hommes du capitaine Sanogo.

Cette séquence, et surtout son aboutissement, avec à la clé la prise du pouvoir par l’armée et le début d’une grande confusion institutionnelle sous l’ère de la transition imposée par la médiation ouest-africaine est venue parachever la lente et irrésistible descente aux enfers du Mali, amorcée dès le début du second mandat de ATT, en 2007, et caractérisée par une pratique erratique du pouvoir menée par  celui qui s’est longtemps présenté  comme le père de la démocratie malienne. Le mode d’exercice du pouvoir par le Président déchu a, au fil des ans, oscillé entre une gestion personnelle de l’État à laquelle étaient associés de manière informelle des « proches et des amis » réunis tous les soirs dans son « grin »  ignorant en cela les règles de fonctionnement normal d’un État et la multiplication des compromissions comme prix de la paix civile. Sous cet aspect, et sans vouloir trop accabler un homme réputé jusque là pour sa modestie et son peu de goût pour les apparats, le Conseil des ministres, donc le gouvernement, avait pour seule fonction de valider des décisions, qui au fur et à mesure des adversités auxquelles il avait à faire face dans le pays, s’apparentaient à une sorte de partage de prébendes, y compris celles provenant d’activités criminelles (contrebande, trafic de drogue et de cigarettes…).

La paix civile, notamment celle scellée avec les notables touaregs, pas toujours en phase avec leurs bases, passait souvent par des compromissions dont les conséquences ont été fatales aux institutions maliennes. La gestion chaotique du pays sera amplifiée par l’irruption brutale d’une énième rébellion touarègue dans le nord du pays, en janvier 2012, sous la houlette du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), et l’impuissance du pouvoir central à y faire face. Les renforts militaires envoyés sur place ont essuyé une sévère défaite, aggravée par le massacre par les rebelles de plus d’une centaine de soldats maliens à Aguelhok, le 24 janvier 2012.

La déroute de l’armée malienne a provoqué une réaction violente de l’opinion publique qui a fait porter la responsabilité de l’humiliation sur le chef de l’État dont la vulnérabilité politique était désormais étalée au grand jour. En renouant avec ses vieux démons, le Mali a dans un contexte régional très tendu (l’armée mauritanienne pour ne citer que cet exemple, n’a pas hésité, tout au long de l’année 2011, à franchir la frontière avec son voisin pour y poursuivre des groupes terroristes, et engagé de violents combats avec ces derniers en plein territoire malien) mis en évidence les failles béantes de son système politique. Le coup d’État du capitaine Sanogo a été le révélateur d’une très grave crise d’autorité, où l’État malien, et celui qui l’incarnait au sommet,  n’avaient plus prise sur les institutions, notamment sur l’armée nationale, comme l’ont montré l’échec de la bataille contre le terrorisme à ses frontières, et l’état de dénuement dans lequel étaient les troupes appelées à défendre l’intégrité du territoire national.

A quelques semaines seulement de l’élection  présidentielle, à laquelle le Chef de l’Etat sortant ne pouvait concourir, selon la Constitution de 1992, le pays était purement et simplement entré dans un état de léthargie multiforme, où la psychose d’un coup d’Etat était omniprésente. Sur fond de crise institutionnelle présentant tous les traits d’une vacance de l’Exécutif, les leviers du pouvoir politique et surtout militaire paraissaient avoir échappé à ceux qui en avaient la responsabilité au sein de l’appareil d’Etat et en particulier au Président Amadou Toumani Touré (ATT).

Dans un climat politique déjà lourd, nourri par de multiples rumeurs persistantes, tant sur les intentions réelles du Chef de l’Etat sortant, voire ses velléités d’accomplir un troisième mandat, en « tordant le cou » à la Constitution, que sur les chances de victoire électorale des chefs de partis « présidentiables », la déroute de l’armée malienne a amplifié le vide politique. Les images des rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), d’Ansar Dine (une dissidence du mouvement touareg désormais alignée sur les positions islamistes) et d’AQMI, paradant dans les villes de Tombouctou, de Gao et de Kidal ont provoqué un véritable cataclysme dans le pays. Elles ont été surtout vécues par l’écrasante majorité des Maliens comme une humiliation dont la responsabilité était principalement attribuée à la classe politique et plus particulièrement au pouvoir en place. Les accusations renvoyaient à l’extrême polarisation de la vie politique, exacerbée par les rivalités recuites entre les principaux chefs de partis et les frustrations et trahisons ressenties lors des scrutins présidentiels de 2002 et 2007 qui ont porté et reconduit ATT à la tête de l’État. La rivalité entre l’ancien Président Konaré et son ancien Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keita, a parcouru tout le cours de la vie politique au long des dix dernières années.

C’est sur ce terreau d’impopularité des dirigeants en place et du premier d’entre eux et de fortes critiques sur leur incapacité à faire face aux multiples défis, auxquels était confronté l’État que la junte militaire issue du coup de force du 22 mars 2012 a prospéré. Affichant pour autant son inaptitude à s’organiser, à gagner à sa cause le soutien de la population malienne par ailleurs désemparée, encore moins à définir une véritable stratégie, tant sur le plan interne que régional, celle-ci s’est purement et simplement contentée d’exploiter le ressentiment des Maliens à l’égard  des « politiques ». Le coup d’État marquait par ailleurs et de façon brutale la rupture avec le discours officiel qui avait cours depuis une vingtaine d’années et qui consistait à vanter les vertus républicaines de l’armée malienne, présentée comme le socle de la démocratie. Déjà fragilisé par la corruption qui sévissait à tous les échelons de l’administration, les rumeurs persistantes sur l’implication de son entourage politique et militaire dans les divers trafics en complicité avec les réseaux d’AQMI ont définitivement discrédité ATT, et avec lui, le système en place, les institutions et l’État.

LE FIASCO DE LA DEMOCRATIE CONSENSUELLE, UN AVATAR DE LA DEMOCRATIE CONSTITUTIONNELLE MALIENNE :

Les événements qui ont précédé le coup d’État du 22 mars 2012, prenant de vitesse des coups de force projetés par d’autres acteurs politiques et militaires, voire des acteurs extérieurs, ont montré à quel point la gestion du pouvoir, inaugurée par ATT sous le registre de la démocratie consensuelle, avait fini par casser les ressorts du pluralisme qui aurait pu faire obstacle à l’irruption des militaires sur la scène politique. L’effacement de l’Assemblée nationale était tout simplement le reflet de l’unanimisme de façade découlant de  l’association des principales forces politiques à la gestion des affaires de l’État.

Mais au-delà du fiasco de l’expérience de démocratie consensuelle, entre 2002 et 2012, à l’exception de quelques ouvertures en direction de certaines personnalités politiques d’opposition, dont Ibrahim Boubacar Keita qui a présidé l’Assemblée nationale au cours du premier mandat de ATT, le délitement de l’État malien procède aussi des limites de la démocratie instaurée à partir de 1992. Si la Constitution, adoptée par referendum, cette année là, dans le prolongement de la Conférence nationale, marquait une nette rupture avec le régime de parti unique sous Moussa Traoré, comme de son prédécesseur, Modibo Keita, elle n’a pas répondu à toutes les aspirations des Maliens. La Constitution a certes consacré le multipartisme, la liberté de la presse, tout comme elle a encadré la fonction présidentielle, tant en ce qui concerne les pouvoirs du Chef de l’État que le nombre et la durée du mandat, et affirmé le respect  des libertés publiques, mais dans la réalité ces avancées se sont révélées très fragiles. Au Mali comme ailleurs sur le Continent, les changements institutionnels arrachés au début des années 90, soit par la voie des Conférences Nationales, soit par celle des révisions constitutionnelles, n’ont pas résisté aux tentations hégémoniques que manifestent les partis au pouvoir et ceux qui les représentent au sommet de l’État. Sans pour autant franchir la forme de remises en cause radicales, les dérives ont souvent eu pour effet de saper le fondement des reconstructions politiques du début des années 90.

Le Mali sous ATT n’échappe pas à ce constat et la démocratie constitutionnelle qui y a eu cours a eu bien du mal à imprégner le champ politique et elle a renvoyé très souvent à des artifices dont la finalité est de conserver le pouvoir. Ces artifices démocratiques se confondent souvent, et malgré la mise en place de structures indépendantes et autonomes, censées garantir la transparence du vote, avec des élections arrangées. L’objectif est d’assurer la réélection du Chef de l’État sortant au premier tour, le dispensant ainsi d’un second tour souvent périlleux. C’est bel et bien ce scénario qui a prévalu pour ATT en 2002. L’élection de ce dernier en 2002, adoubé ouvertement par le Chef de l’État sortant pour barrer la route à Ibrahim Boubacar Keita s’est faite dans des conditions très controversées. Ce dernier a vu tout simplement annuler par la Commission électorale plusieurs centaines de milliers de voix qui s’étaient portées sur lui.
Ces mascarades électorales à répétition, où le vainqueur est tout simplement « nominé », ont incontestablement contribué au déficit de légitimité sur le plan interne dont a beaucoup souffert, malgré les apparences, ATT. Ces dérives électorales s’étaient également répétées aux élections législatives, sous ATT, avec pour résultat l’installation d’un Parlement croupion au seul service du  Chef de l’État. Il n’est pas excessif par ailleurs d’affirmer que les profondes frustrations des Maliens dans le domaine économique et social n’ont guère trouvé de réponses dans la démocratie constitutionnelle. La crise sociale permanente dans le pays portait en elle les stigmates des multiples échecs économiques qui ont jalonné ces vingt dernières années.

En témoignent, parmi d’autres signes, le fossé qui n’a cessé de se creuser entre une nomenklatura politique et administrative, les « puissants » comme on les appelle au Mali, et les classes sociales défavorisées, et les frustrations qui en résultent, sur fond d’accusations de corruption portées sur la classe dirigeante, souvent relayées par une presse très prolixe, et tournée vers le sensationnalisme. Le secteur de l’enseignement, entendu au sens large du terme, est quasiment sinistré comme en attestent les crises à répétition qu’il connait, et qui donnent lieu parfois à des débordements, notamment à Bamako. Ce fut le cas au milieu des années 90, sous Alpha Oumar Konaré, et au cours du second mandat de Amadou Toumani Touré. Aux tensions qu’engendre régulièrement l’absence de débouchés pour les diplômés de l’Université s’ajoute un déficit criant de personnel enseignant à tous les niveaux, notamment dans le secondaire. Certes les conséquences dévastatrices des plans d’ajustement structurel auxquels avait été soumis le Mali, comme la presque totalité des États africains, ont considérablement réduit les marges de manœuvres de l’État, mais le malaise social n’a cessé de croître, au fil des ans, et il a pris progressivement la forme d’une défiance à l’égard du pouvoir politique.

C’est sans conteste dans le domaine sécuritaire que le pouvoir malien a le plus failli dans l’exercice de ses fonctions régaliennes. A travers cet échec, c’est l’institution militaire, et  à travers elle, le Président de la République, chef des armées, qui ont été régulièrement mis en cause au cours des dernières années. Lui-même ancien officier,  Amadou Toumani Touré a agi à l’égard de son armée comme il l’a fait  pour tout l’appareil d’État, à savoir ne mécontenter personne, au nom du consensus érigé en principe de gouvernement, et surtout fermer les yeux sur les compromissions d’une grande partie de la hiérarchie militaire.

Si l’on ne peut faire porter à ATT toute la responsabilité de la déroute de son armée, on ne peut néanmoins l’absoudre de ses pratiques de pouvoir, outrageusement clientélistes et népotiques, voire claniques qui ont inévitablement rejailli sur l’institution militaire. Il n’était pas fait mystère à Bamako, et la presse malienne n’a pas manqué de s’en faire l’écho, du malaise profond qui régnait au sein de l’armée, du fait de son sous équipement, et surtout du fossé qui s’était creusé en son sein, entre une troupe dépenaillée, réduite à se livrer à de basses besognes et une hiérarchie militaire préoccupée surtout par les multiples prébendes financières tirées des activités criminelles, parfois en complicité avec des notables touaregs et arabes, qu’elle trouvera plus tard en face d’elle. Ces derniers n’hésiteront pas à passer dans le camp de la rébellion à partir de janvier-mars 2012 (y compris parmi eux des députés, des maires et des présidents d’Assemblées régionales).

L’irruption brutale et rapide des rebelles sur la scène nationale, et leur fulgurante avancée ne sont pas étrangères au laisser aller de ATT dans la partie Nord du pays. A l’image de son prédécesseur, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré a, de fait, et à chaque fois qu’il a été confronté à un mouvement de rébellion touarègue, abandonné le terrain dans cette partie du pays aux adversaires du moment.

Après les Accords de Tamanrasset du 6 janvier 1991, signés par le régime moribond du Général Président Moussa Traoré, en passant par le Pacte national du 12 avril 1992, jusqu’aux Accords d’Alger du 4 juillet 2006, avec les rebelles de l’Alliance démocratique pour le changement, toute la philosophie des dirigeants maliens consistera à dépouiller l’État, tant sur le plan administratif que militaire, de ses attributs de souveraineté dans les trois régions du Nord au profit des mouvements touaregs. Les Accords d’Alger de 2006 se sont ainsi traduits par l’abandon pur et simple de la région de Kidal que les groupes armés touaregs se sont empressés d’occuper, afin de contrôler les circuits des différents trafics (drogues, cigarettes, immigration ouest africaine à destination de l’Union européenne). Soumis aux pressions contradictoires d’Alger et de Tripoli, ATT s’est contenté le plus souvent d’encourager la création de milices, notamment arabes, susceptibles de contrebalancer l’hégémonie des Touaregs. Ce faisant, il plantait, sans y prendre garde, les semences des affrontements interethniques dans le Nord du pays.

L’IMBROGLIO INSTITUTIONNEL DE LA MEDIATION OUEST AFRICAINE

Saisie dès le déclenchement du coup d’État du capitaine Sanogo, la CEDEAO s’est singularisée par de multiples approximations, ingérences manifestes et improvisation, qui ont très vite jeté le discrédit sur ses interventions.

Les structures mises en place après le coup d’État du 22 mars 2012 ont péché par leur confusion tout à la fois juridique et politique. A la source de cette confusion il y a eu surtout les rôles successifs, souvent contradictoires confiés  à la junte militaire dans les différents échafaudages institutionnels concoctés par le médiateur de la CEDEAO. Dans un premier temps, et dans le souci affiché de revenir rapidement à la « normalité  constitutionnelle » prévue par la loi fondamentale du 25 février 1992, un accord-cadre a été signé le 6 avril 2012,  au nom du médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré, par son ministre des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé, et par le Président du Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’État, le capitaine Amadou Sanogo. Cet accord  semblait se conformer aux dispositions  de l’article 36 de la Constitution malienne qui prévoit qu’en cas de « vacance de la Présidence de la République, pour quelque cause que ce soit ou d’empêchement absolu ou définitif constaté par la Cour constitutionnelle saisie parle Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre, les fonctions du Président de la République sont exercées par le Président de l’Assemblée Nationale ».

C’est sur cette base juridique que le chef de la junte militaire s’est  retiré pour laisser place au Président de l’Assemblée nationale, investi  comme Président par intérim pour une période n’excédant pas quarante jours. Cette concession du capitaine Sanogo faisait suite, il est vrai,  à des pressions très fortes exercées juste après le putsch, allant jusqu’à une menace d’intervention militaire des pays membres de la CEDEAO.

Mais très vite, cette esquisse de retour à la norme constitutionnelle  sera brutalement interrompue.. En  effet, à peine entré en fonction, le Président par intérim prendra  des décisions à forte portée politique, non autorisées par la Constitution. Il s’agira notamment de la révocation, le 17 avril 2012, du gouvernement en place au moment du coup d’État, et de la nomination du nouveau Premier ministre, le même jour, suivie quelques jours plus tard, le 24 avril, par la nomination des membres du gouvernement.. Le même Président devenu entretemps Président de transition par la  volonté unilatérale du médiateur de la CEDEAO se verra imposer la reconduction de Cheikh Modibo Diarra comme Premier ministre le 20 Août 2012.

En fait tout le schéma institutionnel dit de la transition a été bâti à la hâte et en dehors de toute référence au droit constitutionnel malien. Il a toujours répondu à des considérations politiques imposées par la médiation et illustrées, entre autres, par la prééminence d’un Premier ministre doté des pleins pouvoirs. C’est sur un mode identique à celui qui a prévalu pour l’attelage de l’Exécutif que sera organisée toute la transition avec des organes dont le mandat a été étendu à douze mois, à savoir un Président désormais de transition, un Premier ministre agissant en toute autonomie et dont les attributions sont très importantes, et surtout une junte militaire dont le statut n’est pas déterminé, mais qui constitue de fait le pôle de pouvoir le plus important. Les trois lieux de pouvoir se neutralisent ainsi et dénotent surtout un imbroglio institutionnel, volontairement entretenu par le médiateur burkinabé  pour mieux « tirer les ficelles ».

Autant dire que les mécanismes de la transition semblaient ainsi moins voués à réunir les conditions d’une restauration de l’ordre constitutionnel, qu’à préparer les futurs agendas politiques de ceux qui sont à leur tête, et à cet effet, de nouer d’ores et déjà des alliances avec certaines forces politiques, militaire et religieuses, en vue des prochaines échéances électorales.

En conclusion, quelles perspectives pour le Mali libéré, une fois débarrassé des groupes armés dont le projet était bel et bien d’y asseoir leur autorité et de menacer ainsi toute la région sahélo-saharienne. A l’évidence, la tâche sera lourde, et elle passe inévitablement par une refondation du Mali, dont les contours et le contenu ne peuvent être que l’œuvre des Maliens.

Il est certes prématuré de spéculer sur l’issue finale de la vaste concertation à laquelle les Maliens seront appelés à participer, et qui devrait inévitablement déboucher sur un nouveau contrat politique et social, dans lequel seront impliqués, et dans un cadre à déterminer, toutes les communautés du pays.

L’intervention militaire de la France ne prendra tout son sens que si elle laisse désormais les Maliens et eux-seuls, en dehors de toute interférence ou ingérence extérieure, de choisir librement et selon les voies qu’ils auront choisies, la reconstruction de l’État de demain. Par Albert Bourgi, Professeur émérite à l’Université de Reims.