vendredi 28 octobre 2011

Elections générales de 2012 : ATT maitre du jeu jusqu’au bout ?

Elections générales de 2012 : ATT maitre du jeu jusqu’au bout ? En politique, disait Machiavel Nicholas « le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal » Essayons d’examiner de plus prés cette assertion dans le contexte des préparations des élections générales de 2012. On le sait, les dates des élections générales de 2012 sont connues depuis ce mercredi 19 octobre 2011. On sait aussi que Koulouba tient à son referendum, et en a décidé de le coupler au premier tour de la Présidentielle. Pour quelles raisons ? Depuis les jardins verdoyants de koulouba l’on murmure que c’est pour réduire la facture budgétaire qui s’annonçait très salée dans la loi des finances déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale. Faut-il croire au Gouvernement? Ou faut-il voir dans cette décision une ruse du Général Président ATT pour rester maitre du jeu jusqu’au bout ? Mon propos n’est pas de reprendre ici les arguments des opposants aux reformes constitutionnelles, mais de susciter le débat autour de la dérive que pourrait découler de la décision de coupler le referendum à la Présidentielle. Le citoyen malien de Haïti que je suis, même loin des intrigues politiciennes qui se profilent au bord du Djoliba, s’étonne de l’attitude du pouvoir qui tient vaille que vaille à son projet. Je paierais une fortune à un « buveur de sauce » de Koulouba pour savoir ce qui fait tant courir notre grand champion de la gestion consensuelle sur le chemin du referendum. J’aurai aussi aimé être dans les secrets de Koulouba pour élucider cette autre question qui me taraude l’esprit : pourquoi ATT a t-il décidé d’organiser son « referendum » le jour des élections présidentielles ? Voudrait-il brouiller la campagne des présidentielles à son profit, j’allais dire au profit de son candidat? Là est selon moi, tout l’enjeu du referendum. Une semaine après l’annonce, les états-majors politiques restent muets sur la question. Pris de court par le stratège ATT, les futurs candidats à la Présidentielle sont face à un dilemme cornélien : se contraindre au silence pour ne pas se mettre dos contre le maitre du jeu, ou dénoncer la décision. L’élève et le successeur de Alpha Oumar konaré, a certainement étudié Winston Churchill qui disait que « La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent » Les prochains jours nous édifieront si le General politicien gagnera la bataille faute de combattants en faisant taire tous ses adversaires politiques comme il a magistralement su le faire jusqu’à présent. Pour le moment seul le Professeur Ali Nouhoun Diallo, mastodonte de ce qui reste du mouvement démocratique et défenseur farouche du Candidat officiel de l’ADEMA ne s’est fait pas dorloter. Dans une récente interview accordée à un journal de la place, le Professeur doute qu’ATT ne veuille confisquer le pouvoir en créant un chaos post électoral pour y rester. Parole d’un politicien avisé, habitué aux coulisses et aux délices du pouvoir à prendre au sérieux. Contrairement au Professeur à qui je voue respect et considération pour son engagement et son courage politique, je pense qu’ATT, suffisamment rusé et intelligent, partira non sans influencer le choix de son successeur. Pour le réussir, il descendra comme tous les candidats à la présidentielle dans l’arène de la campagne électorale pour, d’une part, défendre le « vote utile » au referendum, et d’autres parts, donner des consignes de vote pour son successeur. Déjà , il peut et sait compter sur ses chevaux de Troie qu’est le PDES. Le parti, j’allais dire, le club de hauts fonctionnaires de l’Etat dévoués dans leur âme et chair à sa cause. On peut comprendre aisément pourquoi « l’enfant béni » de la République, Diane Semega et ses amis Ministres PDES bénéficiant de la magnanimité d’ATT, rendront la vie difficile à Jeamille Bittar, la brebis galeuse qui veut s’égarer de l’enclos de Soudh baba. Le couplage referendum - présidentielle est une occasion de rêve pour ATT de focaliser la campagne sur sa personne, car pour la cause, il aura de son coté toutes les ressources matérielles et humaines du PDES. Pour gagner la bataille du referendum, le maitre de Koulouba peut aussi compter sur les serviteurs de l’Etat, les « baba commandant » qui lui sont redevables et qui auront à cœur de lui prouver en retour leur reconnaissance. Il est utile de rappeler à ce sujet les primes importantes et véhicules tout terrain octroyés généreusement par le père de la Nation à ces administrateurs infatigables ou encore le bonus retraite accordé à certains agents des forces armées et de sécurité pour « services à rendre ». Il va s’en dire que les consignes de vote du bienfaiteur ATT pour le referendum seront suivis à la lettre et par conséquent brouilleront les cartes des candidats à l’élection présidentielle. Ceux-ci seront avalés par la machine de guerre électorale du General et n’auront qu’à attendre le verdict du vote d’ATT. Le risque est grand de voir les maliens choisir leur futur Président sur la base d’une campagne qui sera menée de bout en bout par ATT. Avec le couplage du referendum aux présidentielles, le doute n’est plus permis sur les véritables intentions du maitre de jeu de Koulouba : assurer une retraite paisible dans son champ à Mopti comme son prédécesseur Alpha qui se la coule en toute quiétude au bord du Djoliba à Souleymanbougou. Pas besoin de porter des loupes pour voir le portrait robot de son successeur : « ni vu, ni su ni entendu ». Sans faire l’insulte aux électeurs et aux futurs candidats, je dirai que les carottes sont presque cuites. Si l’aventure venait à se réaliser, c’est une ère de dynastie de relayeurs relayés qui commence au Mali. Pourrions-nous éviter l’instauration d’une telle dynastie après vingt années d’une démocratie balbutiante? Oui me diriez vous en allant voter le jour J. mais c’est tout ce qui se fait depuis 1992. Peut-on utiliser le vote qui est incontestablement une arme redoutable dans les mains des électeurs, comme une arme de sanction ou de récompense? Nul besoin d’être «soma » politique pour envisager une victoire du General Président au referendum... Et à la présidentielle du 29 avril 2011, si rien n’est fait pour empêcher le couplage. Il urge pendant qu’il ne soit trop tard de trouver les moyens légaux qui annuleraient ce couplage referendum-présidentielles. L’heure doit être à l’unité d’actions pour dénoncer dans des campagnes de sensibilisation et d’information d’envergure nationale les dérives d’une telle aventure. Et c’est à ce niveau que le rôle des citoyens est prépondérant pour faire barrage à ce qui peut déjà être considéré comme un hold-up électoral au soir du 29 avril prochain, car comme écrivait Montesquieu dans « Esprit des Lois » « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste ». Port-Au Prince, le 26 Octobre 2011 Yachim MAIGA

jeudi 27 octobre 2011

A la recherche de l’avenir immédiat : le présent face au passé.

En compagnie d’un mois d’octobre vieillissant je me trouve à rendre visite au « 22 septembre» et à certains de celles et ceux qui l’ont fait. Ce n’est point que je veuille transmettre à autrui une nostalgie qui m’habiterait. L’irritation que provoque en moi la multiplication des errements visibles dans la vie publique et dans le traitement des affaires de la nation, me pousse à prendre à témoin « les compagnons de la renaissance » du Mali dont, hélas, les rangs sont de plus en plus clairsemés. Qu’y a-t-il donc pour qu’il me vienne de vouloir recourir à nos « aînés du 22 septembre » ? En un : il y a que la reforme constitutionnelle est encore en débat. Et je n’ai pas l’impression que tous les protagonistes connaissent bien l’histoire de la pensée politique du Mali. En deux : il y a que le code de la famille est toujours en débat. Et je n’ai pas l’impression que les principaux protagonistes sachent bien en quoi la République du Mali est, par naissance, laïque. En trois : il y a que les élections générales se mènent vers nous. Et je n’ai pas l’impression que tous les aspirants souverains connaissent les vertus sous lesquels le Mali nouveau a été baptisé en 1960. En quatre : il y a que l’école malienne est moribonde. Et je n’ai pas l’impression que tous les acteurs aient conscience du rôle assigné dès le départ à l’instruction du citoyen dans l’agenda de notre nation. En cinq : il y a que l’économie de notre pays est étouffée par la corruption et la criminalité pendant que le budget 2012 de la présidence de la république connait un accroissement de 44,5% par rapport à celui de 2011. Et je n’ai pas l’impression qu’il existe une volonté politique de redresser la situation. Alors j’invoque les aînés. Tous les aînés qui sont encore avec nous. Je les invoque à travers Amadou Seydou « Djikoroni » Traore et Seydou Badian Kouyaté. Que nos anciens, sous le serment de leur passé patriotique commun veuillent redresser ma parole délivrée ci-dessous si elle est tordue. Le but de ce papier est de rappeler aux uns et aux autres les serments et l’esprit qui fondent les communautés dans lesquels nous vivons. La violation de principes originels est la cause, très souvent, que les prédictions apocalyptiques se réalisent plutôt que les espérances de nos baptêmes. Le pourquoi se trouve dans la persistance, l’entêtement quelque fois, trop de fois, des hommes, à agir dans l’ignorance de ce qui a fait que nous soyons où nous sommes et qui a fait que nous soyons ce que nous sommes. Si nous ignorons où nous sommes et d’où nous venons, alors où pouvons-nous aller? Comment notre culture politique a-t-elle été construite ? Dans la génération de mes parents, on n’allait pas très longtemps à l’école. Souvent, très souvent, on n’y allait pas du tout. Nos aînés ont pu mener le Mali du jouc colonial à l’indépendance sans violence ni rancune contre le peuple de l’ancienne métropole. Je ne suis pas entrain de dire que nos aînés furent des anges ou qu’ils ont réussi tout ce qu’ils ont entrepris. Je veux dire que même lorsqu’ils se sont trompés, lorsqu’ils furent d’un coté ou d’un autre, ils ont fait des choix en se fondant sur deux choses : la conscience politique et la volonté patriotique. Même lorsqu’il leur est arrivé de se séparer, ils étaient reliés par un fil comportant deux nœuds : une vision politique et un attachement au pays. Ils avaient découvert l’arme politique, l’avaient maitrisée et s’en étaient servie. Des associations ont été le lieu de l’apprentissage de la politique. Les premières associations furent le « Foyer du Soudan » de Makane Makoumba Diabaté et Mamadou Konaté, « Art et Travail » de Modibo Keita, « Esperance » de Fodé Toure. Deux autres associations s’étaient également établies sous la forme de sections locales d’associations métropolitaines de tendances socialistes et communistes. Les « associations indigènes », « Foyer du Soudan », « Art et Travail », « Esperance » furent des lieux de rassemblement et de prise de conscience mais en réalité ce sont les deux associations à ascendance métropolitaine qui furent les vraies places de la formation politique. L’une était le « Centre d’Etude Franco Africain » (CEFA) que dirigeait Makane Makoumba Diabaté. L’autre était le Groupe d’Etude Communiste (GEC) dirigé par deux européens et trois soudanais : Morlet un agent des PT&T, Fayette un instituteur, Idrissa Diarra et Abdoulaye Diallo deux commis des PT&T, Lazare Coulibaly, un ouvrier du bâtiment. Les courants de pensée socialiste et communiste, fondamentalement et essentiellement républicains, laïcs, vont marquer la formation de la pensée politique moderne du Mali. Signalons que certaines personnalités marquantes de l’époque avaient peu participé à la formation politique. Ils avaient plutôt consacré leurs efforts à la recherche académique. Ce fut le cas, en particulier, de Fily Dabo Sissoko et de Mamby Sidibé. Ils ont porté leurs efforts sur la recherche en sciences sociales, particulièrement la sociologie, l’anthropologie et l’histoire. Beaucoup plus tard, certains jeunes « indigènes » arrivèrent et contribuèrent efficacement à l’éducation politique, souvent sur la base de théories radicales. Ces jeunes furent fortement encouragés par les échos des voix éminentes du Tiers Monde symbolisées par Ahmed Soekarno, le Pandit Nehru, le Colonel Gamal Abdel Nasser, et le Premier Ministre Chou En Lai. Voix qui furent particulièrement amplifiées par la Conférence de Bandoeng. Ces jeunes savaient désormais depuis la défaite française de Dien Bien Phu que malgré sa puissance le colonialisme pouvait être battu. Deux de ces jeunes parmi les plus représentatifs nous intéressent ici. L’un est Amadou Seydou Djikoroni Traore qui fut autant sévèrement persécuté par l’administration coloniale que ses aînés le furent. L’autre est Seydou Badjan Kouyaté, un des premiers universitaires engagés. Ce dernier fut très attentif à ce qui se passait en Chine. Avant de modifier un seul texte de base que nous avons hérité de la période de l’indépendance, né du travail méticuleux de ces femmes et hommes dotés d’une haute culture politique, risquant ainsi de déséquilibrer notre société, nous devons, en premier lieu, comprendre comment ce texte est né. La question de la double nationalité Le 22 septembre 1960, « aux douze coups de minuit », la voix du Président Modibo Keita déclara la cessation de tout lien de dépendance de notre pays d’avec la France. Débuta alors la tâche de la construction d’une nation moderne. La globalisation n’existait pas mais il y avait la guerre froide. Rappelons qu’en Guinée voisine, Sékou Toure, avait été moqué à cause des multiples complots qu’il dénonçait. Je ne dis pas que des innocents n’ont pas été victimes du régime du PDG-RDA, mais je signale que les historiens nous ont appris, depuis, qu’en vérité Jacques Foccart et les forces étatiques, clandestines et néocoloniales qui étaient entre ses mains n’ont jamais laissé de répits ni à la nouvelle Guinée ni au Mali naissant. Aujourd’hui on sait que l’utilisation de binationaux etait une des cartes maitresses que Foccart voulait jouer contre ces pays. Le Mali de l’époque était entouré, à part la Guinee, par les pays suivants tous acquis à Foccart : le Sénégal de Léopold Sédar Senghor, la Cote d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, la Haute Volta de Maurice Yaméogo, le Niger de Hamani Diori, l’Algérie francaise, la Mauritanie de Moctar Ould Dada. A cette liste de voisins immédiats, il faut rajouter des anciens partenaires de l’originelle Fédération du Mali ayant rejoint le Conseil de l’Entente créé par Houphouët-Boigny avec l’aide de Foccart : le Dahomey de Hubert Maga et Marcellin Sourou Migan Apithy. Dans ce contexte, même un pays comme le Mali ouvert, constitutionnellement, à l’abandon de sa souveraineté au profit d’un ensemble africain plus large se devait de se protéger. La moins coûteuse des protections, tout en attribuant des passeports maliens à des patriotes africains du Kameroun, de l’Azanie, pourchassés, etait de se garder contre la double nationalité offerte à certains de ses ressortissants. La menace des forces néocoloniales contre l’indépendance nationale ; voila ce qui a conduit le Mali à ne pas reconnaitre la double nationalité dans le monde dangereux de 1960. Je rappelle que déjà sous l’autonomie interne en 1959, afin de limiter la tentation du mariage mixte à laquelle des étudiants maliens en séjours d’études en Europe pouvaient être soumis, le gouvernement territorial avait envisagé d’offrir des bourses d’études aux fiancées de nos étudiants. Ainsi de nombreuses jeunes filles maliennes iront rejoindre en France leurs fiancés étudiants. Cela permit de former certaines de la première génération d’infirmières et de sages-femmes du Mali indépendant. Le Secrétaire General des Etudiants et Stagiaires maliens en France de l’époque, Moussa Baba Diarra (qui lui se maria à une francaise, si ma mémoire est correcte), deviendra ministre du travail, quelques années plus tard. Une des raisons de sa promotion était qu’il avait réussi à implémenter ce projet. Cette période est révolue. La globalisation a ouvert une nouvelle existence à la tradition malienne du voyage initiatique permettant aux jeunes de connaitre le monde en le parcourant. Nos textes doivent reconnaitre cette réalité : il est devenu naturel pour le malien d’avoir une identité multiple, malienne à 100%, autre chose, également, à 100%. Le code de la famille dans la république laïque Au Mali, dans la période coloniale, il y a avait quatre sortes d’individus : les sujets français (la grande majorité), les évolués, les citoyens français, les étrangers (les intermédiaires libano-syriens, les commerçants grecs, les fonctionnaires extraterritoriaux). Si ma mémoire est fidele et pour donner une idée, il y avait à Bamako au milieu des années quarante, 57.000 habitants dont environ 500 citoyens français, 300 évolués et les autres, plus de 56.000 personnes représentant plus de 98% de la population qui étaient des « sujets français ». Ces chiffres transposés à l’échelle nationale signifient que plus de 98% des habitants de ce pays étaient régis par « la coutume » et « la loi de l’indigénat » qui gérait entre autres, le travail forcé. Ainsi la presque totalité des habitants de notre pays étaient sans droits humains. Après le 22 septembre 1960, il fallait donner une identité au malien et donner une identité à la brique constitutive de la société, c'est-à-dire la famille. Pour cela il fallait une Loi. Cette Loi, appelée « Code de la Famille » s’est inspirée de sources comme la coutume, la religion, et d’autres sources y compris les vertus de la république, les savoirs nouveaux provenant du progrès de la science et de la technologie. La République du Mali née le 22 septembre 1960 est héritière de la République Francaise, qui après deux siècles de réflexion a choisi de reposer sur cinq vertus qui sont : « la Liberté, l’Egalite, la Fraternité, la Justice, la Solidarité ». La République Française a choisit de fonder le progrès social sur les savoirs nouveaux et le progrès scientifique. De son aînée la République Française dérivent certains serments de baptême de la République du Mali tel le « Pacte Républicain ». Non écrit, il fonde notre laïcité. Selon ce pacte, tout apport à la loi n’est acceptable que s’il respecte les vertus précités et que s’il n’est pas contraire aux savoirs nouveaux tirés des progrès de la science. Par ailleurs, le 28 septembre 1960, en acceptant librement d’adhérer à l’Organisation des Nations Unies, la République du Mali a aussi accepté de reconnaitre que désormais le Droit International devenait une source éminente de son Droit National. En foi de cela, par exemple, défavoriser une personne selon son sexe ou selon le statut matrimonial de ses parents ne peut être la loi du fait que cela n’adhère ni à la vertu d’égalité, ni à celle de justice, ni à celle de solidarité. Par conséquent, une discrimination basée sur le sexe ou sur le statut matrimonial ne peut être loi en République du Mali, à moins de changer les bases de notre République. De même de ce que la science moderne nous dit, la République du Mali ne peut accepter, par la loi, de valider le mariage d’une fille immature. La force de la démocratie est son esprit : une saine compétition des idées La démocratie ne peut se réduire à un folklore. Etre un démocrate se manifeste par un état d’esprit et des comportements. La santé de la démocratie se retrouve dans la santé des élections. Sur cette base, si nous ne prenons garde, les élections de 2012 peuvent être entachées de deux défauts. Le premier défaut tient de l’administration. Les calculs montrent (confère un papier précédent de la Coalition Patriotique pour le Mali) que l’administration dispose d’un réservoir de votants fictifs potentiels lui permettant de faire élire quiconque avec le taux de son choix y compris au premier tour. Je n’ai pas dit que l’administration envisageait de se servir du pouvoir (illégal) qu’elle détient à travers ce stock de votants fictifs. Le second défaut vient de la liste électorale malienne, alphabétique. Une bonne liste pourrait identifier un votant à l’aide de onze (11) paramètres (nom, prénom, prenom du père, nom et prenom de la mère, date de naissance, région d’habitation, ville, commune, numéro de la rue et de la porte). La liste alphabétique actuelle se contente de sept paramètres dont deux (nom, prénom) sont vérifiables à l’aide de la carte d’électeur. Un calcul simple de combinatoire à la portée de n’importe quel élève de terminale en mathématiques, montre que chaque électeur pris comme un élément d’un espace de dimension sept identifié uniquement à l’aide de deux coordonnées peut engendrer 2500 individus. Cela signifie que chaque parti a la possibilité de se créer autant de listes et d’électeurs qu’il le souhaite puisque d’une seule vraie carte d’électeur (digitalisée ou non), on peut créer 2500 (vrais-faux) votants. Je ne suis pas entrain de dire que les partis et leurs candidats feront usage de ce pouvoir (illégal). Ce que je suis entrain de dire est que seule la volonté de respecter les vertus républicaines et la sincérité du vote peut nous garantir des élections apaisées. Les enjeux sont tels qu’il serait imprudent de sous estimer la fraude et ses conséquences dans les élections à venir. L’école du savoir et du savoir-faire au service de l’émancipation Le savoir et le savoir-faire constituent et ont toujours constitué la principale délimitation entre ceux qui peuvent et ceux qui ne peuvent pas. Nos aînés, par rapport au colon ne savaient pas. Ceux des nôtres qui savaient un peu s’étaient vus coller l’étiquette « d’évolués ». Les autres, « les indigènes », « les sujets », étaient soumis à l’arbitraire et à la brutalité de l’administration coloniale. C’est pour cela que le 22 septembre 1960, une des premieres tâches que se sont assignées nos aînés rassemblés étaient d’instruire les maliens. Leur volonté pris corps dans la reforme de l’éducation de 1962 dont l’objectif était d’apporter au plus grand nombre de maliens le savoir scientifique et technique. Cette reforme appartient à l’histoire de notre pays. La reforme de 1962 était une bonne réponse à de vraies problèmes dans le monde tel qu’il était en 1960. En entrant dans le 21eme siècle, le monde est devenu un village global où la compétition entre les nations est âpre et les meilleures sont déterminées par la capacité de leurs populations à produire du savoir et à résoudre les problèmes de la vie réelle. L’école du 21eme siècle qui procure ce savoir est basée sur l’esprit critique et la capacité d’analyse. Ce savoir émancipe nos populations qui acquièrent par lui la capacité de « fabriquer » les outils de son bien-être grâce à la technologie. Grâce à Internet, le savoir scientifique et technologique est disponible pour tous les peuples du monde. Cependant un peuple ne peut en tirer profit que si la vision politique, stratégique de ses leaders le permet. Le Mali a-t-il mis en place un équivalent actualisé de la reforme de 1962 ? La réponse est clairement : non. Pourquoi ? Parce que les clés pour ouvrir la porte d’accès au savoir du 21eme siècle, chaque période historique a ses caractéristiques, se compose de trois parties qui sont: (1) l’utilisation de la technologie dans l’éducation comme moyen d’amplifier l’exploration et la découverte scientifique, (2) le partenariat public-privé comme moyen d’accroitre l’efficacité de l’enseignement, (3) l’interdisciplinarité et la multidisciplinarité comme modalités nouvelles d’acquisition du savoir. Si les autorités maliennes voulaient une modernisation de l’éducation alors, elles auraient : (i) mis en place un programme subventionné d’accès à Internet pour toutes les écoles, y compris privées, en tout point sur l’étendue de la République du Mali où cela est possible, (ii) suscité entre les établissements publics et privés performants des relations de partenariat qui serviraient « l’employabilité » des diplômés, (iii) enrichir chaque établissement par création de départements divers en lieu et place de la scission actuelle de l’Université de Bamako en quatre entités excluant la multidisciplinarité et l’interdisciplinarité. Si nous voulons que nos diplômés soient employables, il faut combiner la capacité des (lourdes) institutions publiques à former dans les sciences fondamentales à la flexibilité des légères structures privées, destinées par nature, à s’adapter promptement aux besoins du marché de l’emploi. La pertinence d’un responsable du secteur de l’éducation consiste soit à discerner cela, soit à discerner et à écouter ceux qui sont capables de le lui dire. Quel gâchis cela est-il de laisser à la rue des milliers de jeunes par défaut d’opérabilité des établissements publics d’enseignement supérieur alors que bien de méritants établissements privés ne demanderaient qu’à les recevoir et à les éduquer. Quitte à encadrer ces établissements par un système approprié d’inspection. Le gouvernement malien commet, dans le traitement des problèmes de l’éducation, une faute économique, politique et sociale grave qui est d’ignorer ou de sous-estimer ce que les économistes appellent « l’analyse des coûts d’opportunité ». Dans une très large mesure, la qualité de la vie dans le futur dépend essentiellement de la façon dont les autorités courantes traitent les opportunités présentes. Pour ma part, je n’ai pas l’intention de rester immobile. Je vais écrire aux deux ministres en charge de l’éducation pour leur soumettre des propositions concrètes. Je vous tiendrai au courant. Nous n’avons pas le droit, malgré tout, de laisser le Mali dépérir surtout par son système éducatif. Politique monétaire, politique budgétaire et développement La crise économique mondiale en cours démontre à souhait, même aux yeux des plus intransigeants adeptes du néolibéralisme, l’intérêt et l’importance du rôle de l’Etat dans le développement national. Particulièrement en période de crise. L’Europe est entrain de risquer la mort en raison de déficits au delà de 6%PIB et de dettes publiques au delà de 90%PIB. Ce qui est terrible c’est que le malien vit en permanence dans cette situation de crise où le déficit dépasse 10%PIB et la dette 120%PIB !!! Rappelons à ce sujet qu’un décret colonial en date du 17 avril 1900 avait enjoint à la Colonie du Soudan de ne pas avoir de déficits budgétaires. Ce décret, il est vrai a conduit, entre autres, à l’institution du travail forcé, mais a prouvé que les ressources de ce pays peuvent être bien gérées afin de subvenir aux besoins de ses populations. Alors que tous les Etats européens s’enfoncent dans la rigueur économique (diminution des dépenses publiques, augmentation de la pression fiscale), le budget du Mali pour 2012 prévoit une augmentation de 44,5% du budget de la seule présidence !!! Les politiciens prévoient la création d’un Sénat. De nombreuses catégories professionnelles parmi les plus favorisées ne paient pas d’impôts. De nombreuses exonérations diminuent les recettes de l’Etat et enrichissent des rentiers. L’Etat a, aussi, maintenu le financement de l’université qui, depuis trois ans, ne fonctionne pas. Au profit de qui ? A ce niveau également on peut observer une grande différence entre l’attitude des fondateurs de la République du Mali et leurs successeurs. En 1960, le Président Modibo Keita qui n’avait de connaissances économiques modernes que le peu qu’il avait appris durant sa formation politique au sein du GEC et du RDA. Le President Modibo Keita décida qu’il lui fallait connaitre plus sur l’économie et particulièrement sur la monnaie. Avec ses collaborateurs, il décida de prendre des cours à distance. Ces cours furent conçus et développés à la Banque Centrale de l’Europe du Nord (BCEN), une structure financière contrôlée par l’URSS et installée à Paris dans le quartier de la Gare Saint Lazare, à deux pas des Grands Boulevards. Afin d’éviter des actions de sabotage qui auraient pu voir ces cours interceptés et travestis, il fut décidé de camoufler leur acheminement. Les cours étaient, comme d’usuels matériels scolaires, envoyés à la Librairie Populaire du Mali (LPM) dirigée par Amadou Djikoroni Traore. A son tour celui-ci remettait les colis à sa secrétaire qui était l’épouse du Ministre Louis Nègre. Celle-ci remettait le courrier, le même jour, à son mari, Louis Nègre, qui à son tour, dès le lendemain, remettait les cours au Président Modibo Keita. Je peux vous garantir que la déclaration que le Président a faite en juillet 1962 sur la monnaie a été écrite sa main. Signalons cependant que le Président Modibo Keita s’était choisi depuis l’époque du Gouvernement Territorial de 1959, une très solide équipe de conseillers économiques. Cette équipe dirigée par le Professeur français Jean Bénard comprenait l’Egyptien Samir Amin, le français Jean Leroy, l’israélien Eli Lobel et le portugais Da Nombrega. De même c’est Seydou Badian Kouyaté qui présenta au retentissant « Second Séminaire du RDA » en juillet 1962 l’orientation de la politique malienne en matière économique et monétaire. Le Docteur Seydou Badian Kouyaté, un médecin de formation, avait pris la peine de s’instruire en économie. C’est ce séminaire qui bâtit l’historique « Sixième Congres » du RDA et confirma la ligne politique dont les grandes orientations avaient été édictées le 22 septembre par le Congres Extraordinaire sous la forme « d’un Mandat Impératif adressé à la Direction du Parti ». Ce congrès est historique en ce sens qu’il a été le seul tenu par le RDA entre le Congres Extraordinaire du 22 septembre 1960 et le 19 novembre 1968. A ce titre, je voudrais signaler aux jeunes que le livre de Seydou Badian publié à Présence Africaine en 1963 intitulé « Politiques de Développement et Voies Africaines du Socialisme » situent de façon non encore dépassée les problèmes de fond de l’économie malienne. Conclusions Pour terminer ce papier je vais observer que nos aînés se sont distingués, globalement par leur acharnement à se mettre au service de nos populations par une vision et un engagement politique progressistes éclairés par les savoirs scientifiques de leur époque. Loin de moi l’idée de vouloir affirmer qu’ils furent des anges et de divins bienfaiteurs. J’ai cependant l’ardente obligation de dire aux jeunes, que j’ai vu en eux des femmes et des hommes mus par des idéaux patriotiques. J’ai beau regarder autour de moi, ces jours présents, je suis en mal de trouver, parmi nous, autant de don de soi. J’ai, hélas, la triste sensation de constater que l’enrichissement personnel sans effort de l’élite et l’extension de l’ignorance à tous, sont devenus les principales ambitions et peut être les seules que nous développons. Il y a des jeunes, certains sont remuants, mais la plupart sont sans la moindre culture politique. Ils sont donc comme des serpents sans têtes, des tigres sans griffes et sans dents, donc de simples épouvantails. Le système dans son cynisme s’amuse à les affamer avant d’en acheter quelques-uns. Je vais rappeler a nous tous ces paroles de sagesse de nos terroirs en remontant encore plus loin que le 22 septembre 1960 ; elles nous apprennent que la pire forme d’esclavage est la servitude volontaire à l’argent sale et facile (Nata de be horon ke jon ye). Chère sœur, cher frère, nous sommes et demeurerons, toi et moi, responsables et de façon irrévocable du présent et du futur du Mali. Dialla Konaté, Bamako, 24 octobre 2011

dimanche 23 octobre 2011

L'Afrique en sang et en Spectacle.

Ainsi se trouve scellé le sort d'une Afrique que nous avions crue Nôtre Ainsi s'exécute publiquement le destin dont nous nous croyions Maître Et pour n'avoir jamais cru qu'en leurs valeurs et adopté leurs Références Pour nous être inscrits dans leur sillage, leur devoir toujours des Rentes Ils sont en terrain conquis et n'ont besoin de franchir aucun Obstacle Se plaisent librement à exposer nos morts et nos corps en Spectacle Ainsi s'exprime leur puissance diabolique, leur vision Impérialiste Et que dire de leur intelligence face à notre véléité Indépendantiste Ils savent massacrer nos ancêtres, nos parents, nos frères, nos Soeurs Ils savent nous mettre à contribution, nous associer avec bon Coeur Tout comme en 1945 après le 8 Mai ils nous ont fait danser et Chanter Sur le corps de nos martyrs, ils nous font toujours danser et Chanter Aujourd'hui s'inscrit sur la funeste liste des jours les plus Sombres Et comme Ernesto Che Guevara en 1967 en Bolivie le 9 Octobre En 1987 à Ouagadougou Thomas Sankara du Faso le 15 Octobre ET maintenant dans la région africaine du Cap Bon ce 20 Octobre Qu'avons nous fait chers frères pour mériter l'infernale Humiliation Qui d'entre nous ne s'émouvra point de cette éhonté Inhumation Afrique, leur Afrique, je ne t'adore pas, je ne veux point Désoler Puisque tu ne console plus, parce que tu ne sais pas Consoler Afrique, Mon Afrique, tu viens de naître, mais il te faut Grandir Que veux-tu de moi, de nous tous, que de te faire Agrandir T'agrandir pas de surface parce que ça tu en as en long et en Large Par contre en vertu, en ethique, en intégrité, sauvons nous de la Marge En attendant enterrons nos héros, de notre Afrique le dernier Martyr Laissons les chahuter avec bravour, laissons les rire et peter au Plaisir Mais se croyant divinement investis, ils ont sauté le vendredi Saint Parce que l'enterrer un vendredi saint l'enverai au paradis en Saint Dors en paix et en martyr, Héros de notre Afrique, Héros de notre Aire Qu'ils exhibent autant qu'ils le peuvent ton corps en trophée de leur Ere Qu'ils l'exposent au soleil, à la lune, dans le sable ou te jettent à la Mer Qu'ils ignorent tes oeuvres pieuses et t'exposent au gré de leur Humeur Les peines et les souffrances de la mort sont pour les Vivants T'en fous toi, ils ignorent dans quel sens tourne leur Vent Jeunes d'Afrique, Afrique de demain, ne pleurez Point Du sang de nos martyrs nous ferons de l'Embonpoint CECI EST LE MESSAGE DE L'ESPOIR D'AFRIQUE Sénateur Djigui BAGAYOKO

Les dessous de la carte politico- démocratique au Mali.

Après l’euphorie de la chute du régime d’airain du Général Moussa Traoré, la déception a vite pris le dessus chez le peuple malien. Notre jeune démocratie porteuse de tant d’espoirs et de rêves s’est commuée en une parodie bouffonne, une ridicule démocratie de l’hypocrisie, du mensonge, des mésalliances et des coups bas qui furent attentatoires à sa pureté originelle. L’ironie de l’histoire a voulu qu’on soit revenu à la case de départ après vingt ans : la monocratie a succédé à la dictature. La politique des vingt dernières années fut un véritable “ sésame” pour ses acteurs dans la caverne malienne. Les deux mandatures de Konaré furent une belle histoire de “Ali Baba et les quarante voleurs”. La gestion du pouvoir de Touré a été perturbée par la présence d’une ribambelle de flibustiers, vivant de rapines, d’escroquerie, de corruption, de saccage de deniers publics, à la recherche de la fortune malhonnêtement gagnée et de la gloire. “ Aladdin et le roi des voleurs “ à la recherche de la main du Midas malien peut être le titre de l’histoire rocambolesque des deux mandats du Président Touré. Autant Médée et Circé ont toujours tenu dans leurs mains des verges pour opérer des prouesses, nos deux compères (Konaré et Touré) qui n’ont pas été des présidents sans vilénie ont fait usage d’une espèce de verge pour démasculiniser la classe politique malienne en la réduisant à l’expression la plus achevée de la pusillanimité. Konaré et Touré, tels deux larrons en foire, ont tissé un pacte d’amitié dont le but est de se protéger mutuellement, aucun d’eux ne voulant aller en prison après leur vie de Président sous le chef d’accusation de haute trahison, de détournement, de complicité de vol dans l’exercice de leur magistère. Pour paraphraser Mirabeau: “Vingt ans de déprédations et de brigandages ont creusé le gouffre où le royaume est près de s’engloutir”. C’est peu dire. Le Mali s’est enlisé dans le précipice. Le nombre de milliardaires est allé crescendo. Les anciens compagnons fidèles de GMT ont tout simplement été recyclés. Les malheurs du Mali démocratique ont leurs origines et explications dans la gestion catastrophique du pays par Konaré et son parti: l’ADEMA –PASJ. Ils ont saccagé le pays. Comment comprendre la trahison de Konaré vis à vis de IBK, Premier Ministre et Président du parti? Et le choix de Konaré pour Touré au détriment du candidat de son parti? L’ADEMA PASJ de l’époque était une puissante machine électorale capable de ridiculiser n’importe quel candidat. Pour éviter à un monstre carnassier d’entrer dans la bergerie, il fallait jouer la carte du réalisme et de la traîtrise en jetant son dévolu sur ATT, candidat indépendant, jouissant encore de l’aura d’un certain 26 mars 1991. Le risque d’enfermer dans la bergerie un loup comme Ibrahim Boubacar Keïta aurait été une aberration des plus suicidaires. Le pire des choix aurait été le clan des Soumaïla Cissé, Soumeylou Boubèye Maïga. La guerre des chefs a eu raison de l’ADEMA/PASJ. Alpha Oumar Konaré a preféré accorder sa bénédiction à l’agneau sans tâche, doux et bon qui allait effacer ses péchés et celui de ses protégés. En passant le relais, le Président sortant n’a pas manqué de confier le “ secret d’Etat” à son successeur qui l’utilise comme une épée de Damoclès qu’il brandira jusqu’à la fin de son règne sur la tête coupable de ses adversaires et récalcitrants politiques. C’est ainsi que nos larrons en foire, cherchant à mettre sur la rampe un troisième larron, veulent prendre le Mali démocratique en otage après avoir fait main basse sur lui. Sinon comment comprendre l’entêtement obsessionnel d’ATT pour une reforme institutionnelle controversée dont l’opportunité peine à s’expliquer. Et que dire de la composition du CENI? Et l’état du fichier électoral à l’orée des échéances électorales? Toute cette situation sent le mépris, la manipulation politicienne qui ne dit pas son nom. A qui profite le crime? A Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé ou Tiéoulé Dramé, comme dauphins pour perpétuer une tradition politique ? Il serait fort probable que le “ militaire” ait lu Le Bréviaire des politiciens de Jules Mazarin et le Prince de Nicholas Machiavel et s’en soit inspiré. Ses hagiographes dévoués ont parlé élogieusement d’ATTisme qui est à mon goût la théorie des calculs froids, sournois à l’antipode de toute franchise, de tout angélisme. Oui! ATT a fait preuve de pragmatisme pur et froid; il a magistralement fait siennes les maximes cruelles et affligeantes de Machiavel qui ont conforté son pouvoir. -“ Il vaut mieux être aimé que craint ou être craint qu’aimé.” Il fut adulé et adoubé par le bas peuple d’où un certain populisme. Mais il fut craint par ses adversaires politiques qui savent in petto qu’ils ne sont pas irréprochables. “ Si tu n’obtempères pas, je fais sortir les dossiers qui t’accablent” . Le Président Touré a fait preuve de haute trahison à l’endroit du peuple malien en faisant ombrage au Parquet anti-corruption dans sa volonté de traquer et de punir les délinquants financiers. Les rapports du VEGAL sont allés regrettablement en eau de boudin. Complaisance, condescence ou compérage ? -“ Si tu peux tuer ton ennemi, fais-le, sinon , fais t’en un ami.” Pendant tout son règne, Touré a gouverné par la corruption, encouragé le saccage de l’économie nationale par des prédateurs cyniques. Tout fut frappé par le sceau de la démesure: la malversation et la complaisance qui l’a sanctifiée. Tout son règne fut caractérisé par la traîtrise, le complot politique, le mythe de sa personnalité, du narcissisme politique et du mensonge triomphant. Sous une optique purement militaire, sa gestion consensuelle du pouvoir fut une puissante attaque de diversion. Son offre à Ibrahim Boubacar Keïta pour la gestion consensuelle du pouvoir après les élections présidentielles du 28 Avril 2002, ne fut qu’un coup fourré de plus. Blaise Compaoré, Maaouiya Ould Taya et Omar Bongo en savent quelque chose. IBK en bon latiniste se serait dit moult fois ceci: “ Tu quoque, Amadou, amice”(Toi aussi, Amadou, mon ami !). Bon nombre d’acteurs politiques maliens ont été roulé dans la farine par Amadou. A la fin de son mandat et à quelques encablures des échéances électorales, le jeu politicien opaque auquel ATT se prête est très dangereux pour sa vie post potestatem (après le pouvoir) et l’avenir de notre pays. Après son règne temporel, les archives seront déclassifiés; la lumière se fera et les rayons lumineux ne manqueront pas de mettre le peuple malien dans une espèce de géorama lui permettant d’apercevoir la bassesse des manigances et des crasses peu reluisantes qui ont émaillé la vie politico-démocratique du Mali des vingt dernières années. Voici grosso modo la situation politique relationnelle entre les Présidents maliens, les acteurs politiques et le peuple dans le cadre de notre expérience démocratique. Les deux Présidents Konaré et Touré, “nos précieux ridicules” n’ont pas été irréprochables. Leurs gestions de la chose politique ont été empreintes d’une odeur de relent de scandales, de chausse-trapes avilissantes, de coups bas singuliers, de lâchages odieux, de félonies manifestes et abjectes. Avec le résultat décevant que nous avons aujourd’hui, peut on légitimement parodier le roi Pyrrhus en disant que “si nous devons remporter une autre victoire sur la dictature ou la monocratie, nous sommes perdus.” Gare au fatalisme! Le réconfort vient du fait que se dégagent du lot de nos politiques et aspirants à la magistrature suprême, des personnalités fortes qu’une certaine mythographie malveillante aurait dépeintes comme des têtes de turc. Avec une claire conscience de leur destin national: zoumana sacko, Ibk, Oumar Mariko,-véritables scandales de bons exemples dans le Mali de la corruption politique-peuvent nous faire rêver car eux mêmes rêvent de la grandeur et de la splendeur du Mali. Le danger réel de toute énumération réside dans l’oubli involontaire ou intentionnel. Loin de moi la tentation de faire de la politique fiction. Loin de moi aussi l’idée de tirer les cartes en me plaisant à faire des prédictions sur les chances des uns et des autres. A Delphes, dit-on, le don de prophétie était exclusivement réservé aux vierges, et je n’en suis pas une. Mais à la différence de Cassandre de Troie, j’aimerais qu’on accorde du crédit à mes élucubrations. Mon credo est que les futures élections au Mali ne seront pas une partie de plaisir. Elles seront de véritables misères qui se joueront plus à la bourse, à la manigance et la machination qu’aux véritables projets de société des candidats et à leurs aptitudes réelles à diriger notre pays. Assurément, la fraude massive et le cafouillage s’inviteront aux hostilités. La captation médiatique aussi, comme on en a l’habitude. Il y aura suffisamment de boue pour traîner les “ adversaires indésirables”. Tous les ingrédients caustiques seront réunis pour que ces empoignades ne soient vraiment pas folichonnes. Ces trois braves mousquetaires du peuple malien, candidats potentiels triés sur le volet se démarquent des autres par leur probité candide alliée à une compétence indiscutable. Ils ont la particularité de ne pas traîner de casseroles bruyantes. Ils peuvent se mettre hardiment devant le peuple malien et solliciter son suffrage et en a bénéficier sans coup férir. Leurs rapports avec l’argent du contribuable dans l’exercice de leurs fonctions tiennent de la limpidité du Crystal. Car le peuple veut se laisser séduire par les plus probes et les plus patriotes. Je dois à la vérité cette confidence. J’avais dans mes articles antérieurs injustement décrit IBK. Lorsque l’erreur porte les livrées de la vérité, elle est souvent plus respectée que la vérité même disait Nicolas de Malebranche. C’est le lieu pour moi de faire mon mea culpa et rendre un culte à cet homme de conviction et de principe qu’est Ibrahim Boubacar Keïta qui a renoncé à bon nombre de choses pour sauver la paix sociale au Mali. Il a mis le Mali, son pays, au dessus de toute autre considération. Sa devise: Dieu, le Mali et ma conscience n’est nullement en porte à faux contre sa philosophie de la politique qui s’apparente à la naïveté. Il s’est toujours laissé avoir. Il a exercé ses fonctions administratives avec la plus grande conscience et une honnêteté exemplaire. Pour l’assassiner politiquement, on aurait fait débarquer en catimini des experts canadiens pour mettre le nez dans sa gestion de la Primature. Pour le salir, on a méchamment crié sur tous les toits qu’il avait pour mécènes feu El hadj Oumar Bongo Odimba , Gnassingbé Eyadéma et Laurent Gbagbo. Ce qui tient du récit imaginaire et de l’allégation mensongère. Tous ceux qui ont été ses fidèles compagnons politiques pourront affirmer avec véhémence qu’aucun perdiem venu de ces imaginaires argentiers aura véritablement aidé l’homme. Et Dieu seul sait combien sont-ils à avoir tenté de le soudoyer comme un vulgaire spadassin avec des valises pleines de liasses d’argent. Oui! Dans le Mali démocratique, nous avons aussi eu nos histoires de valises d’argent. Les Babou Yara et consorts ont toujours été engagés dans des affaires interlopes avec le pouvoir. Il y a eu du louche dans ce brusque coup de cœur inexpliqué et obscure entre ATT et Laurent Gbagbo où Albert Bourgi (ne pas confondre avec Me Bourgi Robert) qui sait l’entregent serait intervenu en 2006. Les révélations explosives d’un certain Arsène Lepigeon sur les compromis vénaux de koulouba dans la crise ivoirienne n’ont jamais été démenties de façon convaincante. « ATT-cratie : la promotion d’un homme et son clan » a levé l’omerta qui entourait une camarilla et a offert à l’impudence de nos yeux hardis la nudité d’un système mafieux né au bord du fleuve djoliba. Zoumana Sacko, le Deus ex machina: beaucoup de nos politiciens véreux aimeraient le voir se pendre plutôt que de le voir accéder à la magistrature suprême. Il est de loin celui qui pourra providentiellement nettoyer l’écurie d’Augias qu’est l’administration malienne minée par la corruption. Il n’a d’ailleurs pas manqué de jeter le pavé dans la mare à l’inauguration du siège de son parti en commune V en assénant ceci:”….(sic) le pouvoir doit revenir au peuple pour mettre fin à la corruption. Dans ce sens, tous ceux qui ont détourné des deniers publics doivent payer jusqu’au dernier centime” Tout un programme qui perturbera le sommeil de plus d’un! Il maîtrise à ravir les mécanismes et les arcanes de notre administration gangrenée. La probité et l’expertise qui sont les siennes sont séduisantes et pèsent lourdement dans les balances du jugement de l’électorat qui veut voir d’abord la vertu morale comme criterium de choix. Oumar Mariko, le Don Quichotte de la politique malienne a séduit plus d’un. Il croit dur comme fer à son destin national. Son courage d’opposant légendaire a impressionné. Il a de sérieux atouts en sa faveur. Son discours politique ne laisse pas indifférent une frange de l’électorat.: Ni le lyrisme, ni le calme olympien et la modestie enchâssée dans la férocité de l’animal politique qu’est IBK, ni le souvenir élogieux de zoumana comme ministre des finances de GMT ou de PM dans la transition, ni la pugnacité et les harangues enflammées d’un Mariko au profit des plus faibles ne seront suffisants pour triompher au final. Tout se jouera, non pas autour de véritables projets de société, ou d’idéologies, mais un véritable choc de titans teinté d’inimitié sera le plat de résistance. Leur salut individuel et celui de la nation malienne résident dans l’union sacrée stratégique. Chacun de ces trois candidats cristallise des qualités rares. Mais dans la jungle que sera le Mali des élections, auront –ils la force nécessaire pour vaincre sans périr? Leur survie dépendra d’une coalition. Il n’y aura qu’un seul et unique Président élu à Koulouba. Que chacun de ces candidats sache intelligemment que les grandes oeuvres d’envergure se réalisent au prix d’efforts individuels et collectifs. “ united they will stand, divided they will fall” disent les anglosaxons. L’ambition individuelle sur ce terrain serait suicidaire à chacun d’eux. Ils sont ambitieux, aidons les en refusant collectivement le statu quo qu’on nous impose. Nos suffrages les aideront à oeuvrer pour le Mali de nos rêves à advenir. “ j’ai conclu que la recherche de la vérité était une folie, parce que, quand on la trouverait, on ne saurait à qui la dire.” disait Jacques Henri Bernardin de Saint-Pierre. Ma folie se satisfait en ceci qu’aux candidats Zoumana Sacko, Ibrahim Boubacar Keïta, Oumar Mariko, je dis ces vérités, et à l’électorat malien aussi. Que Dieu sauve le Mali et sa démocratie! Amen. Fatogoma Mohamed ouattara Orange, New Jersey USA Fouattara2@comcast.net www.ouattaradonzo.com http://fouattara.blogspot.com

jeudi 20 octobre 2011

L’heure est grave : le référendum constitutionnel inapproprié et inopportun du Mali pourra se tenir le 29 avril 2012

Bonjour, L’heure est grave, très grave, puisque le président ATT vient de fixer la date du référendum constitutionnel inapproprié et inopportun au 29 avril 2012, en le "couplant" avec le premier tour de l’élection présidentielle. Cette mascarade donne l’illusion que l’opération de prise en otage de la démocratie malienne ne coûtera rien du tout. Que le peuple se détrompe : la pilule est avariée et amère ; le réveil sera brutal ! Le FNC (Front du Non à la nouvelle Constitution) aura alerté, sensibilisé et mobilisé. Ci-dessous la copie de la lettre ouverte que nous avons adressé, cette semaine, à chacun des 125 partis politiques répertoriés par le Ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales (MATCL) : Monsieur le président, L'Assemblée nationale de notre pays a adopté le 2 août dernier le projet de nouvelle Constitution initié par le Président de la République – Son Excellence Amadou Toumani TOURÉ, à quelques mois du terme constitutionnel de son dernier mandat. Or, nul n’ignore les contextes politique, social et économique ténébreux sur fonds d'informations persistantes faisant état d'intimidation, de démission ou d’égarement dans lesquels cette adoption s’est accomplie. Nous regrettons que le Président de la République ait persisté, contre toute attente raisonnable, en réaffirmant sa volonté de maintien dudit projet, lors de son adresse à la Nation à l’occasion du 51ème anniversaire de notre accession à la souveraineté ! Aussi, nous, Maliennes et Maliens de la diaspora africaine, personnes physiques et émanation d’organisations politiques et de la société civile malienne, réunis au sein du Front du Non à la nouvelle Constitution (FNC), vous adressons copie de notre "Appel du 26 août" relatif au projet de référendum constitutionnel en cours. Notre objectif est d'informer et sensibiliser l’ensemble de nos compatriotes sur l’inopportunité du projet de référendum constitutionnel et sur les réserves soulevées par certaines de ses dispositions encore insuffisamment débattues. Faut-il une révision de la Loi fondamentale de notre pays ? Sans doute, sous certaines conditions ! Dans une telle hypothèse, notre préférence pour l’appréciation de la nécessité de révision agirait pour que cela relève de la responsabilité du président élu en 2012. Nous en appelons simplement aux débats responsables, occultés délibérément aux seules fins de nous imposer un instrument dont le besoin n’est jusqu’ici ni avéré ni justifié ! Recevez, Monsieur le président, l’assurance de nos meilleurs sentiments patriotiques. La Coordination F N C – France -- ---------------------- " Le Mali ou rien : Nous avons choisi ! " P / FNC - France La Coordination (00 33) 6 63 92 86 49 et (00 33) 6 59 66 37 44 ______________________________________

mercredi 19 octobre 2011

Comme si l'histoire pouvait se répéter.

Au 18 ème siècle les européens sont venus à l'assaut de notre continent en mettant en avant les explorateurs, suivis des missionnaires et des militaires. Le prétexte donné à leurs opinions publiques de l'époque était l'oeuvre civilisatrice et de pacification des africains. Voilà que plusieurs siècles plus tard, Sarkosy, Président de la France, dans la logique de son discours de Dakar et avec l'accompagnement de David Cameron, Premier Ministre anglais (France et Angleterre, ça ne vous rappelle rien ?) remobilisent leurs aventuriers (BHL et autres) et leurs troupes (OTAN) avec la complicité intéressée des Nations Unies pour monter à l'assaut de l'Afrique sous le couvert cette fois de la " bonne gouvernance " et de la "démocratie". Pour ces "conquérants" du 21 ème siècle, la démocratie est le Cheval de Troie qui cachent mal la volonté de choisir nos dirigeants pour nous sous le prétexte de la bonne gouvernance. Cette bonne gouvernance veut dire aussi sous le prétexte du libre échange : laisser nous acheter librement vos matières premières et faire travailler librement nos entreprises. La non satisfaction des aspirations de notre jeunesse à la liberté et au bien être est le "bon prétexte" pour envahir nos pays et s'accaparer des marchés et des matières premières. Nos dictateurs qui faisaient hier leur affaire sont aujourd'hui des assassins de leur pauvre concitoyens qu'ils massacrent. Qui a protégé pendant des décennies les Oumar Bongo, les Paul Biya, les Sassou Ngesso et autres "pères fondateurs". Qui a assassiné les Kwamé Khruma, les Amilca Cabral, les Thomas Sankara et autres leaders patriote africains. -- Envoyé par Dr.Ousmane Sy dans Ousmane SY le 9/17/2011

mardi 18 octobre 2011

DISCOURS D'OUVERTURE DE MOUSSA MARA

DISCOURS OUVERTURE I Introduction Autorités Invités notamment les partis amis et les dizaines de citoyens qui ont fait le déplacement de Bamako et d’ailleurs pour venir nous accompagner et accompagner le parti ; Excuses aux uns et aux autres pour les désagréments du séjour à Bamako ou à Kayes. Certains désagréments sont dus à l’inexpérience de l’équipe d’organisation, d’autres au manque de moyen du parti. Mais la conviction est supérieure à tout ça YELEMA peut se targuer aujourd’hui d’être l’un des seuls partis voir le seul pour lequel les militants font des centaines de kilomètres à leur charge. Merci et encore Merci Délégués de l’intérieur et de l’extérieur Militants et sympathisants Amis et parents II YELEMA et son Implantation Mise en place de comité de pilotage dans tout le pays pour l’implantation du parti En Un an YELEMA est présente maintenant dans tous les cercles du pays à travers des structures, instances et organes prêts à se mobiliser pour le parti, notamment à l’occasion des prochaines échéances électorales YELEMA est présente à l’extérieur du pays, partout où des maliens vivent : En Afrique : Maroc, Algérie, Egypte, Mauritanie, Niger, Burkina FASO, Côte d’Ivoire, Guinée, Sénégal, Bénin, Togo, Ghana, Congo, Angola et Afrique du Sud En Europe : France, Belgique, Italie, Espagne, Angleterre En Amérique : Etats-Unis, Canada ASIE : Arabie Saoudite, Chine En Australie où YELEMA compte une cellule parmi la petite communauté malienne de ce pays continent Aujourd’hui dans la salle, nous accueillons avec un plaisir immense les délégués de la Guinée, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Mauritanie, du Bénin, du Niger, de la France, des Etats-Unis et de la Chine YELEMA c’est aussi 19 élus obtenus lors de la seule élection à la quelle le parti a participé pour l’instant et qu’il a gagné avec la manière réussissant plus du double du score du seconde, ce qui nous permettra d’obtenir la mairie de la commune IV A ses élus viennent s’ajouter plus d’une centaine d’autres, repartis entre les différentes communes du Mali et qui sont venus rejoindre YELEMA Délégués de YELEMA, soyez fiers de ce que nous avons réalisé et de ce que nous sommes appelés à réaliser demain En attendant travaillons et produisons pour les travaux en ateliers !!! III Présentation des ateliers et terminer par rappeler les objectifs du congrès en rapport avec les objectifs du Parti Le Congrès auquel vous êtes conviés doit aboutir à 1. Des textes (statuts, règlements intérieurs, procédures) relus et consensuels, compris et qui servent de manière adéquate la vision YELEMA 2. Une Stratégie électorale affirmée et clarifiée avec des volets relatifs à la campagne, à la mobilisation des fonds et à la gestion administrative et financière des activités, aux rapports avec les partis politiques et à la problématique des alliances, aux programmes et projets et au dispositif pour les vulgariser 3. Un nouveau Comité exécutif central conformément aux textes pour les trois années à venir et qui aura le redoutable honneur de gérer les élections générales de l’année prochaine mais aussi les municipales de 2014 et donc faire entrer le parti de plein pied dans l’âge adulte, celle des responsabilités 4. Un candidat aux élections présidentielles de l’année prochaine qui sera investi par le congrès pour porter les couleurs du parti et ceux de ses alliés et sans doute d’une coalition qui comportera de nombreuses forces positives motivées par le changement de notre pays. De tout cela nous en parlerons aujourd’hui, de 14H à minuit, de manière studieuse et disciplinée pour faire coïncider nos ambitions, nos idéaux avec notre organisation et notre système de fonctionnement. Pour faire en sorte que de Kidira à Ouatagouna en passant par Abidjan ou Johanesbourg, de Zegoua à Taoudenit en passant par Washington ou Shangai, un militant YELEMA soit reconnaissable non pas à son tee shirt ou à sa casquette mais à sa manière d’aborder les citoyens, à son comportement, à son discours. Nous pouvons y arriver. Il nous suffit de montrer la même énergie, la même passion que ce que j’ai pu voir lors des rencontres dans les différents cercles du pays pendant les derniers mois. IV Message pour les délégués et les responsables du parti Pour que le congrès atteigne ses objectifs, il faut des délégués exemplaires : 1. Inscription aux ateliers 2. Assiduité aux travaux, discipline, respect mutuel 3. Franchise et pleine participation des uns et des autres pour que ce qui singularise un cercle ou un village soit pris en compte, afin que chacun dise ce qu’il a à dire et que les conclusions soient les nôtres 4. Prendre toutes les informations, ne pas sortir d’un atelier si on n’a pas tout compris pour pouvoir restituer convenablement à la base 5. Restituer à la base à l’occasion des réunions à organiser dans les villes, communes, villages, cercles pour faire participer tous les militants et sympathisants du parti et mettre tout le monde sur le même plan en matière d’information 6. Suivre les résolutions sur le terrain et travailler dans cette optique, jouer son rôle de responsable et faire avancer le parti conformément aux décisions du congrès C’est ce qui vous est demandé et je suis sur que ça se fera comme ça. Merci par avance pour ce travail qui sera abattu au bénéfice de YELEMA et du Mali V Messages pour la salle, les invités Pour les invités (en Français) : mes sincères remerciements pour le déplacement et la bienveillante attention manifestée l’égard de ce jeune parti, de ce parti de jeunes qui entendent jouer pleinement leur rôle historique dans la construction de leur pays Pour nos aînés qui sont nombreux dans la salle, nous vous disons merci, mille fois merci pour votre présence, vos conseils et encouragement mais aussi vos nombreux éclairages bienvenus. Nous savons que ce pays est un vieux pays et que chacun d’entre vous constitue pour YELEMA une source inépuisable et indispensable de savoirs, d’intelligence et de soutien. A vous toutes et tous de la salle (en bambara), mes grand mères de Kayes, Yelimané, Kita, Kenieba, Diema, Nioro, Bafoulabé et d’ailleurs, ayant bravé la chaleur et des distances de plusieurs centaines de KM quelques fois pour venir nous témoigner leur soutien. AW NI TIE. ALLAH KAN TO GNOGO NYE !!! Que Dieu Accorde au pays sa grâce de tous les instants Fasse régner l’entente entre ses fils Dans la prospérité et le progrès durable équitablement reparti Vive YELEMA Vive le Mali Merci

DISCOURS D'INVESTITURE DE MOUSSA MARA.

DISCOURS D’INVESTITURE
I INTRODUCTION Salutation aux uns et aux autres Merci aux invités Merci aux partis politiques Merci aux forces de la société civile Merci aux personnes qui sont dans la salle : parents, amis, sympathisants et militants de la Cause du Changement Remerciements à tous pour le déplacement et la présence dans la capitale du RAIL Bravo aux participants aux ateliers, remerciements pour leur contribution qui nous aideront à entamer dans les meilleures conditions la campagne électorale qui s’annonce Remerciements à tous ceux qui ont participé à l’organisation du congrès, à sa préparation, à son financement. A tous ces milliers de personnes. MERCI ET ENCORE MERCI II AUX DELEGUES – MILITANTS ET RESPONSABLES DU PARTI DU CHANGEMENT et SES ALLIES Je voudrais vous exprimer ma sincère gratuite pour la confiance que vous avez bien voulu accepter de m’accorder en me désignant comme votre candidat à la prochaine élection présidentielle dans notre pays Une gratitude à la quelle j’associe évidemment les partis alliés de YELEMA ainsi que les milliers d’acteurs de la société civile qui ont bien voulu accepté de porter ma candidature Mesdames, Messieurs, Je rends grâce au tout puissant qui dans son infinie bonté a rendu ce jour possible ! Ce jour qui me voit devant vous prétendre exercer la plus haute fonction de notre pays afin de réaliser ce pourquoi nos pères et nos grands pères se sont battus : donner corps à notre projet national et faire de notre Mali une référence aux yeux du Monde. Faire de notre pays une terre d’espérance qui attire et qui garde. Une terre où il fait bon vivre. Où le jeune malien s’épanouit et croit au lendemain. Où le père décèle des signes encourageants pour l’avenir de son fils. Où la Mère estime probable une vie de foyer harmonieuse pour sa fille. Une terre ou de génération en génération, les citoyens naissent, vivent et se retirent en transmettant le flambeau à leurs continuateurs après y avoir semé davantage qu’ils n’ont récolté renforçant ainsi ce sentiment particulier qui veut dire FIERTE. LA FIERTE D’ETRE MALIEN !! Mesdames, Messieurs, Je nourris l’ambition ultime que d’ici une génération le flux de migration de notre pays soit inversé : qu’il y ait plus de maliens qui reviennent au Mali que de maliens qui partent. Car ce baromètre est le meilleur pour savoir quel est l’Etat du pays. Aucun citoyen ne fuit son pays s’il y trouve de quoi vivre dignement. Je veux travailler pour que d’ici 2030 les maliens croient de nouveau au Mali. Je souhaite travailler pour que d’ici 2030 les millions de compatriotes qui sont à l’extérieur n’envoient pas seulement de l’argent au pays mais viennent apporter leur expertise, leurs réseaux, leurs énergies et leurs intelligences pour nous accompagner dans la construction d’un Mali prospère dans une Afrique Unie. Un Mali et une Afrique qui auront la place, la considération et la puissance de nos grands empires médiévaux. Cette ambition n’est pas un rêve. Loin de là. Elle inscrit notre démarche dans une longue perspective, certes. Mais elle nécessite, et nous en sommes conscients, que des programmes et projets soient immédiatement engagés. III LE PROJET DU CHANGEMENT Notre projet de changement positif de notre pays résonnera en échos des ambitions des pères de l’indépendance, ambitions si éloquemment dans notre hymne national. « A ton appel Mali Pour ta prospérité Fidèle à ton destin Nous serons tous unis » Oui le Mali nous appelle, ses fils et filles à nous unir pour bâtir sa prospérité. L’Etat, plus que tout, est l’illustration de cette volonté d’union et la formalisation de notre ambition commune d’aller de l’avant. Il doit ainsi porter le projet national et créer les conditions de son développement. Nous comptons agir vers la construction d’un Etat efficace, reconnu, respecté et revendiqué, qui libère les énergies et gère de manière efficiente les attributs conférés par la société. Cela sera une de nos priorités. L’Etat de notre souhait est un Etat très fortement décentralisé et déconcentré pour que partout sur le territoire, chaque citoyen ait les mêmes chances d’accéder à tous les services publics de base. Nous allons nous employer pour assurer une meilleure organisation du territoire à travers la diminution du nombre de niveaux d’administration, un soutien à l’érection de villes moyennes dotées de toutes les infrastructures nécessaires, une politique dynamique de développement des zones frontalières et une forte réhabilitation des élus à qui seront confiés plus de responsabilités mais à qui il sera aussi demandé plus de résultats. L’Etat de notre souhait est une administration et des agents publics strictement et exclusivement dans leur rôle et à la disposition des usagers et des citoyens qu’ils servent avec abnégation. Des agents et services publics animés par la culture du résultat et le souci de l’efficacité. Des agents et services publics soutenus et récompensés pour leurs performances ou rappelés à l’ordre à cause de leurs échecs. Un Etat normal en quelque sorte car fonctionnant conformément à sa vocation originelle. L’Etat que nous allons nous employer à consolider maintiendra avec satisfaction ses attributs de souveraineté : Des forces armées et de sécurité présentes partout sur le territoire, formées et outillées pour agir de manière adaptée sur tous les théâtres d’opération, dans le cadre d’un dispositif de programmation et conformément à des doctrines nettement précisées et maîtrisées par les effectifs ; Une diplomatie active orientée vers le développement et recherchant par tous les moyens l’unité du continent, servie par des diplomates professionnels et efficaces pour donner à notre pays le lustre qu’il mérite et mettre à sa disposition des partenariats féconds pour son avenir, Une justice équitable, rapide, débarrassée de la corruption rendue par des actes outillés, mis dans les conditions adéquates de travail avec une participation accrue de la population, Une politique budgétaire et monétaire ambitieuse qui combine la rigueur budgétaire à la souplesse monétaire par une plus grande disponibilité de ressources destinées au financement de l’économie et à l’expansion des entreprises permettant la mise en œuvre d’une politique fiscale devant nous permettre d’atteindre un taux de pression fiscale de 20% du PIB en cinq ans : la forte augmentation de nos ressources propres doit nous permettre de diminuer notre grande dépendance vis-à-vis de l’extérieur et améliorer nos marges de manœuvres en matière de politiques publiques Voici développé les contours de l’Etat efficace que nous comptons ériger pour notre pays. Un Etat qui servira de levain au Mali de demain, celui de la justice, de la prospérité, de la solidarité. Un Mali où il fera bon vivre ! Mesdames, Messieurs, « Si l’ennemi découvre son front Au-dedans ou au dehors Debout sur les remparts Nous sommes résolus de mourir Pour l’Afrique et pour toi Mali » Chers amis, l’ennemie de notre pays est moins l’agresseur de l’extérieur ou encore le terroriste du désert que certains travers du malien malheureusement. Par notre action ou quelquefois par notre inaction, chaque jour nous affaiblissons notre pays. Nous devons agir pour que le malien redevienne le citoyen qu’il faut afin que le Mali entame la voie du progrès. Le malien sera ainsi au cœur de notre projet car il est au début et à la fin de tout. On peut équiper le pays comme il faut. Mais si on n’équipe pas le malien lui même, on ne progressera pas. Alors nous allons nous employer à combattre cet ennemi qui est en nous. Inlassablement, inéluctablement. Pour le Mali et pourquoi pas pour l’Afrique ? Nous devons construire un malien de type nouveau, qui connaît et aime son pays, soigné, éduqué, formé, exerçant un emploi et contribuant aux efforts collectifs ; un malien ancré dans ses valeurs traditionnelles mais ouvert aux mondes et à ses évolutions pour y contribuer, y puiser aussi ce qui lui permettra de progresser. Mesdames, Messieurs, Dans ce combat, une importance accrue est accordée à la culture et à l’éducation. Nous voulons d’une politique culturelle qui va d’abord faire connaître le Mali au malien plutôt qu’à l’extérieur, une politique culturelle qui fait la part belle à la production nationale et aux créateurs qui se traduira par une augmentation significative du budget alloué à la culture : en passant de 5 milliards de FCFA aujourd’hui à au moins 10 milliards demain et en faisant en sorte que 2% du budget d’Etat au moins soit affecté à la culture. L’école doit retrouver ses deux valeurs fondamentales : ancrer la citoyenneté en l’enfant et le former pour qu’il ait un emploi. Nous avons organisé en 2008 le forum sur l’éducation qui a débouché sur près de 400 propositions précises relatives à tous les ordres d’enseignement mais aussi à la gouvernance de l’école et aux acteurs du système. Il faut aller résolument vers une application effective de ces recommandations et éviter le tâtonnement les demi mesures qui ne satisfont pas grand monde. L’école malienne a besoin de changements profonds qui ne pourront pas être effectifs en moins d’une génération. Nous avons détérioré notre système éducatif en 20 ans. Il va nous en falloir au moins autant pour le sortir de l’ornière. Ces orientations majeures doivent prioriser la connaissance du pays, les sciences et techniques, les filières de formation courtes et professionnelles, une plus grande proximité avec le marché de l’emploi et les acteurs économiques, la professionnalisation des enseignants, le culte de l’excellence, la forte présence et la grande responsabilisation de tous les acteurs, la restauration de l’autorité de l’Etat et le bannissement de toutes les déviations. Ces orientations seront définies dans un cadre où il va falloir se poser la question de notre réaction face à la démographie dynamique de notre pays. L’état de l’éducation dans notre pays aujourd’hui nécessite que l’ensemble des composantes de la nation soit impliqué dans la mise en œuvre des pistes de solutions. Nous comptons nous employer pour que cela soit le cas et pourquoi pas qu’un referendum soit organisé sur les mesures difficiles qu’on sera obligé de prendre pour redresser la situation ? Au chapitre de la formation professionnelle, le Gouvernement actuel vient d’adopter un vaste programme décennal dont le financement dépasse 1600 milliards de FCFA soit plus que le budget d’Etat pour l’exercice 2012. Nous souscrivons à cette initiative et allons nous employons à la mettre en œuvre dans la mesure de nos possibilités. Je vais accorder une importance accrue à l’emploi des jeunes par la combinaison de plusieurs initiatives dont certaines sont actuellement encours : l’éducation et la formation notamment professionnelle vers le marché de l’emploi pour créer une proximité salvatrice entre le monde économique et le monde civil, surtout celui de la jeunesse ; la multiplication des projets structurants et l’implication des jeunes notamment dans l’agro industrie et les services ; le soutien massif à l’artisanat et aux métiers de l’art et du savoir faire ; la forte implication des collectivités territoriales en s’inspirant de l’expérience de la commune IV que je dirige aujourd’hui et qui devrait créer en cinq ans 3500 emploies pour la jeunesse (si on devait démultiplier ces expériences on devrait pouvoir contribuer à créer au moins 200 000 emploies en cinq ans) ; la promotion de la culture d’entreprise et de l’entrepreneuriaux jeune avec la facilitation des conditions de création et d’exploitation des jeunes entrepreneurs, la mise en œuvre d’une politique économique volontariste qui libère les énergies, stabilise l’environnement des affaires, attire les investisseurs nationaux et étrangers pour faire de la destination Mali un eldorado pour l’entreprise, les initiatives et la création de richesse L’histoire de notre pays est aussi l’histoire d’une ère de commerce, d’économie, de civilisation fondée sur les échanges gages de prospérité. Retrouvons cela pour le bénéfice du Malien. Retrouvons cela pour le bénéfice du Jeune Malien afin que l’espoir change de camp !! Le chantier de la construction du malien sera notre priorité fondamentale. Nous allons nous y atteler. Pour le Mali et pour l’Afrique. Mesdames, Messieurs, Nos aînés ont proclamé dans notre hymne que : « Pour l’Afrique et pour toi Mali Notre drapeau sera liberté Pour l’Afrique et pour toi Mali Notre combat sera unité » Notre société est une société de liberté Notre société est une société d’unité Nous entendons entend jeter les bases d’une société malienne encore plus solidaire, équitable, harmonieuse, où le travail et le mérite sont sacralisés où nos valeurs sociétales, traditionnelles, religieuses gouvernent nos existences dans le cadre de leur pleine reconnaissance par l’Etat et les pouvoirs publics, où les différentes légitimités sont reconnues et acceptées. Bref une société ancrée dans son passé dans ce qu’elle a de bénéfique pour mieux faire face aux enjeux du monde d’aujourd’hui et mieux en profiter. Seule une société aux équilibres rétablis pourra lutter efficacement contre les déperditions actuelles. L’Etat n’est rien sans la société. Nous allons faire front pour que cette dernière soit de nouveau le phare, la boussole et le gouvernail de chacun d’entre nous. Nous n’allons jamais abandonner nos valeurs pour celles d’autrui. Au contraire. Quand, au moyen âge, dans bien d’endroits du monde, notamment en Occident, les ténèbres de l’obscurantisme, de la loi de la jungle et de toutes les formes de dépravation enveloppées les sociétés humaines, ici les hommes vivaient dans l’harmonie. Grâce à nos traditions, grâce à nos valeurs religieuses et culturelles, nous avons toujours su préserver l’essentiel au Mali. Pourquoi abandonner l’acquis et le revendiqué pour la chimère ? Pourquoi délaisser notre identité pour celle d’autrui ? Pourquoi ? Je dis oui à une société ouverte sur le monde mais je n’oublierais jamais que ce monde dont on vante tant l’uniformité est aussi un ring ou nos valeurs culturelles et religieuses seront nos bras et nos protections surs sans lesquels nous serons KO dès le premier round. Je dis oui à la laïcité mais à une laïcité qui ne se construit pas en opposition à la religion. Au contraire ! Une laïcité qui protège et soutien la religion. Qui la fait connaître et appréciée pour que nous y décelons les règles et principes salvateurs pour nos existences d’ici bas. Nous réhabiliterons nos autorités traditionnelles et religieuses. Nous les encouragerons à sortir de leur retraite pour contribuer à leur manière à l’harmonie sociale et la promotion des valeurs qui ne devaient jamais quitter la sphère publique. Les valeurs fondamentales de la société malienne et qui la rendent si singulières encore aujourd’hui, véhiculées par l’histoire et façonnées par la géographie seront soutenues et promues à un niveau jamais égalé dans notre pays pour qu’elles servent de références, pour qu’elles inspirent nos créateurs, pour qu’elles fondent un secteur économique dynamique, pour qu’elles nous permettent de mieux nous connaître et donc de mieux nous apprécier. Nous nous battrons pour que la société joue enfin son rôle de partenaire complémentaire à l’Etat sur le sentier de la construction nationale. Mesdames, Messieurs, Encore une fois « Pour l’Afrique et pour toi Mali Notre drapeau sera liberté Pour l’Afrique et pour toi Mali Notre combat sera unité » Rien de durable ne peut être entrepris si nous ne créons pas suffisamment de richesse pour nos braves populations. La création et la répartition équitable de la richesse est le ciment du dispositif ainsi présenté : sans richesse, il n’y a pas de société ; sans répartition équitable de cette richesse toute construction collective sera menacée ; c’est à ce titre que nous allons nous employer à établir des principes et adopter des stratégies devant permettre au pays d’entrer dans une période de croissance continue et vigoureuse destinée à sortir de la pauvreté la plus grande part de la population. Nous allons libérer les énergies pour cela et configurer l’Etat pour qu’il soit un inducteur d’entrepreneur et non un faiseur de profiteurs. Qu’il définisse le cadre et veille au respect des règles plutôt qu’il soit un acteur économique. Nous comptons soutenir les capitaines d’industrie, ambitieux et rigoureux, seuls en même de concrétiser les immenses potentiels du pays. Avec Nous les acteurs économiques mineurs, particulièrement les artisans, seront organisés, aidés pour donner du sens aux économies locales et accompagner utilement la décentralisation. Le cadre économique, les fondamentaux en matière d’énergie, d’infrastructures et de ressources humaines seront traités pour donner au pays des chances sérieuses de se projeter de l’avant à partir de ses avantages comparatifs. Nous allons nous employons, par exemple dans le domaine énergétique, pour que l’accès à ce service essentiel soit une réalité pour au moins 30% de la population d’ici la fin du mandat. Cela nécessitera une augmentation de notre capacité de production électrique d’au moins 70% pour atteindre 500 MW. En plus des projets actuels (barrages de Felou, Gouina, Kenié, Taoussa), il faudra accélérer l’interconnexion avec les pays voisins et accentuer les énergies renouvelables notamment le solaire pour arpenter le chemin de la durabilité. Nous comptons nous employer pour qu’à l’horizon 2017, toutes les villes moyennes du Mali (au moins 5000 habitants) disposent de sources énergétiques continues et propices aux activités économiques. Que tous les chefs lieux de cercle actuels et toutes les zones de production de notre pays soient accessibles par une route bitumée. Dans le domaine de l’agro industrie, un avantage comparatif par essence pour le Mali, nous allons privilégier la maîtrise de l’eau et la professionnalisation des acteurs ruraux pour promouvoir les investissements en capitaux dans ce secteur en accompagnement des efforts publics. Il sera instauré un cadre d’encadrement intégré avec une politique sectorielle cohérente comme il se dessine actuellement avec le PNISA (programme national d’investissement dans le secteur agricole). Nous allons faire en sorte que la sécurité alimentaire devienne une réalité durable au Mali et cela dans un cadre de souveraineté alimentaire absolue. C’est nous qui devons nourrir d’autres. Pas le contraire ! L’agriculture de type nouveau que nous comptons dessiner permettra cela et servira de base à l’édification d’une véritable industrie agricole dans notre pays, avec comme acteur et premiers bénéficiaires nos compatriotes des zones rurales aujourd’hui qui deviendront ainsi de véritables zones de vitalités économiques demain. C’est ainsi que nous arriverons à stopper l’exode à la base de véritables drames humains dans notre pays. Notre pays doit redevenir un espace où on crée partout de la richesse. Un espace où on produit partout. Un espace ou on partout il existe de l’espoir. Nous allons nous battre pour réaliser cette ambition, pour le Mali et pour l’Afrique. Mesdames et messieurs Nos aînés nous ont aussi dit : « Un peuple, un but, une fois Pour une Afrique Unie » L’Afrique doit être unie par la grâce de ses fils. L’Intégration africaine constitue le dernier axe majeur de nos objectifs. En la matière, nous sortirons des schémas classiques pour arpenter deux directions significatives : celle de la coopération décentralisée et du concept de pays frontières et celle de la mise en commun des forces entre deux ou plusieurs pays sur des projets concrets. Nous comptons faire en sorte que nos frontières deviennent des zones de convergence et de collaboration et non des barrières d’autant plus inutiles qu’elles servent toutes les exactions administratives et financières. Les zones d’habitation autour des frontières doivent devenir homogènes, présenter des systèmes similaires en matière de politiques de développement pour tendre vers une bonne intégration de terrain (commune à commune, département à département voir région à région). Dans de nombreux domaines, le Mali sans être en contradiction avec ses engagements internationaux peut approfondir ses rapports bilatéraux ou multilatéraux avec ses pays voisins dans des domaines stratégiques : énergie, matières premières, télécommunications, défense et sécurité, diplomatie…allant jusqu’à mettre ensemble leur moyen, équipement, personnel, société…Nous comptons innover dans ce sens. Il nous faut sortir des sentiers battus. J’en ai franchement et clairement l’intention !!!! IV de MARA et des autres Chers amis Etre dans un parti est un des moyens pour construire son pays car on travaille pour arriver au pouvoir et le pouvoir est un moyen d’agir et de façonner positivement notre avenir commun. Le pouvoir n’est pas une fin et ne le sera jamais avec nous. Servir son pays pour quelqu’un comme moi, n’est pas un devoir, c’est une obligation : J’ai eu La Chance de naître dans une famille qui a les moyens La Chance d’aller à l’école La Chance d’avoir un diplôme La Chance d’exercer un emploi La Chance de pouvoir me prendre en charge et de prendre en charge ma famille Je veux me battre avec vous pour que d’autres, le plus grand nombre, aient les mêmes chances que moi. C’est en cela je suis en politique C’est en cela que je milite pour le changement C’est en cela que je veux être Président de la République C’est en cela inch’allah que nous gouvernerons. Mesdames, Messieurs, « OH Mali d’aujourd’hui OH Mali de demain Les champs fleurissent d’espérance Les cœurs vibrent de confiance » Jeunes du Mali, Acteurs du Mali d’aujourd’hui et du Mali de demain, de Kéniéba à Téssalit, de Manankoro à Taoudenit Le temps de l’action est arrivé ! Soyons confiants en portant l’un des nôtres à la tête du pays car nous sommes le pays ! Nous sommes la majorité et le leadership doit être à notre image ! Nous sommes compétents et ouverts, nous maîtrisons les nouvelles technologies d’information et de communication et les autres outils qui font et feront le monde ! Nous avons de l’énergie et nous n’avons aucun complexe devant qui que ce soit ! Nous ne sommes pas prisonniers du passé et de ses clichés, nous n’avons pas d’appréhension à explorer des pistes et solutions nouvelles, nous n’avons pas honte de nous remettre en causse ! Nous sommes modernes et tournés vers l’avenir ! Alors, ensemble, entamons la voie de l’espérance en nous engageant tous avec confiance dans la campagne qui s’annonce. Allons à la rencontre de nos compatriotes, écoutons les conseils de nos aînés, faisons en sorte que nos amis et camarades aillent s’inscrire sur les listes électorales et menons les débats et discussions nécessaires pour convaincre le malien de nous accorder sa confiance. Transformons nous en brigades du changement parcourant les villes et campagnes, portes à portes, hameau par hameau, villages après villages pour porter le message du renouveau ! Soyons dignes de nos illustres aînés : de Soundiata KEITA à Samory TOURE en passant par Sonni Ali BER ou encore Biton coulibaly, qui se sont tous donnés à leur nation par des actes mémorables avant l’âge de 40 ans. Plus près de nous, Modibo KEITA, Moussa TRAORE, Alpha Oumar KONARE et Amadou TOUMANI TOURE ont tous marqué notre pays de leur empreinte avant l’âge de 40 ans. Alors pourquoi pas nous ? Que Dieu fasse que nous restons dans cette voie !!! Que dieu aide les idées du changement positif pour un pays qui avance Que dieu aide le pays Vive le Changement Vive le MALI dans une Afrique unie, prospère et solidaire Je vous remercie.

jeudi 13 octobre 2011

Pour un Front Patriotique Républicain et Démocratique Mémorandum définissant la ligne politique directrice du projet politique

Introduction : un projet politique qui réalise l’unité de la nation L’histoire politique du Mali est déjà ancienne et riche de contributions significatives accomplies par des femmes et des hommes qui ont dévoué leurs vies a vouloir faire du Mali une nation moderne, stable, digne des ensembles humains dont elle est l’héritière. Pour construire un projet politique, le chemin le plus prometteur à emprunter est celui qui permet de visiter les expériences passées, qui permet de les corriger et les adapter à notre temps. L’Union Soudanaise, Section du Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA) est celui qui a accompli le parcours le plus complet et donc offre les éclairages les plus enrichissants à notre quête. Dès 1959 l’US-RDA avait réussi à rassembler toutes les forces sociales et civiques autour de son projet politique. Ce projet politique unifiant a conçu et installé à partir du 22 septembre 1960 un projet politique et un programme de gouvernement dans lequel, au moins pour un temps, s’étaient retrouvées les cinq composantes actives de la société malienne : les employés, les cultivateurs, les commerçants, les artisanats, les éleveurs. L’unité politique des forces sociales, l’unité des composantes démographiques, jeunes et vieux, hommes et femmes ont été posées par le Président Modibo Keita dans son retentissant discours au Congres Extraordinaire de l’US-RDA le 22 septembre 1960 permet de « résister aux puissances d’argent et à l’action destructrice des anciennes puissances coloniales ». Dans ce discours historique comme bien d’autres qu’il a prononcés, le Président Modibo Keita nous a permit de comprendre que puisque la politique est la voie de la lutte alors l’unité politique élargie doit être recherchée afin de pouvoir défendre les intérêts de notre peuple dans un monde âpre. Le Mali cherche à se développer dans une atmosphère de paix intérieure et en amitié avec tous les peuples du monde. Voilà pourquoi la seule arme dont dispose le Mali est politique. De façon plus précise Modibo a dit « Dans un monde de plus en plus tourmenté où la légalité n’apparait qu’a travers les intérêts stricts des pays, la lutte pour nous devra s’engager sur le plan politique. » C’est ainsi que notre rassemblement de patriotes, de républicains, de démocrates doit être la plus large que possible mais doit être assise sur des bases les plus claires possibles en vue de viser des objectifs tout aussi clairs. Les principes politiques : fonder une république laïque, démocratique et sociale La politique est à la fois l’arme et la méthode. Mais quelle politique ? Pour quels objectifs ? Nous devons faire vœux de nous unir sur la base de principes politiques clairs. Les principes fondateurs de notre ligne et notre projet politiques sont de: • Construire une république laïque, démocratique et sociale ; • Construire une société du bien être fondée sur la justice sociale, la liberté politique, l’efficience économique et la bonne gouvernance. Les axes de l’action : se mobiliser pour servir le peuple sous la loi Il ne s’agit pas de rassembler une poignée d’intellectuels même bien inspirés qui ferait le bonheur du peuple. Il s’agit d’entreprendre une action en profondeur dont les axes sont les suivants : • Mobiliser le peuple dans l’unité et pour l’accomplissement d’idéaux républicains ; • Servir le peuple afin qu’il atteigne son potentiel dans le domaine du développement économique, social et humain ; • Promouvoir le civisme par la responsabilité, la discipline et la loyauté dans le respect des libertés individuelles et collectives consacrées par le Droit International. Organisation du territoire : un territoire, des hommes, des cultures Les peuples aspirent à vivre en paix et le peuple malien aspire à réaliser cette paix entre toutes les populations visant sur son territoire national. La réalité qui doit être le phare de notre ligne politique nous fait obligation de reconnaitre l’existence de populations diverses avec des cultures diverses sur notre territoire national. Notre vision politique doit aspirer à faire cohabiter ces diverses populations et leurs cultures comme un témoignage vivant de la richesse de notre vie commune. En écho, notre ligne politique doit viser à conduire nos populations vers l’épanouissement économique et social en rapprochant le pouvoir du citoyen. Cela nous conduit à accepter le Principe de la Décentralisation comme principe de base de l’administration de notre pays. Les institutions : la république comme référence Toute politique se met en place dans le cadre d’institutions. Conformément à nos principes politiques énoncés ci-dessus, nous mettrons en place des institutions républicaines, laïques et sociales. Qu’est ce que cela veut-il dire ? Cela signifie que nous croyons à la république en tant qu’organisation reposant sur des valeurs morales, éthiques, culturelles et sur le respect des procédures objectives conduites par le Droit et par la recherche de l’intérêt du peuple souverain. Cela signifie que tous les citoyens seront traités par la Loi au même titre sans considération pour l’origine sociale, la race, la couleur de la peau, la fortune ou l’appartenance à une religion. Cela signifie que chaque citoyen individuel aura le droit de bénéficier, au même titre que tous les autres, des avantages sociaux accumulés par les progrès techniques, économiques et scientifiques réalisés par la société malienne dans son ensemble. Notre projet politique proposera au peuple malien la mise en place d’un Code de la Famille conforme aux principes républicains. Cela signifie que la Loi ne sera déterminée ni par une référence à une religion particulière, ni à une philosophie particuliere, ni à une culture particuliere. La loi s’inspirera, du savoir scientifique, des règles du Droit international et des accords internationaux dans lesquels le Mali est partie prenante. Lorsque la loi doit reconnaitre des options laissées aux citoyens, le choix par défaut sera toujours le choix républicain. Par exemple, en dehors de toute expression de volonté, un mariage est célébré devant l’Etat civil et est monogamique. La loi républicaine que notre projet politique proposera au peuple malien est qu’un enfant ne peut être déshérité par son père lorsque celui-ci est connu. Lors du partage de l’héritage, si aucune volonté n’est exprimée alors le partage de l’héritage sera réglé par le juge conformément à la loi. Lorsqu’une volonté est exprimée dans ce sens, l’héritage peut être réglé par la coutume ou la religion. Mais dans ce cas, notre projet politique est que, conformément aux règles de justice sociale et d’équité, si un enfant estime avoir été déshérité en violation de la loi ou traité de façon inégale ou injuste (cela est contraire aux valeurs républicaines) alors il (elle) pourra faire appel à la loi et le juge sera habilité à trancher. L’économie nationale : une economie au service de l’homme Il ne peut y avoir de bien être au sein de la société sans la création de richesse et sans une répartition appropriée de cette richesse afin que chaque citoyen ait le sentiment de faire partie d’un ensemble national juste et équilibré. Le mécanisme qui produit cette richesse et assure sa diffusion grâce aux structures appropriées est le circuit de l’économie nationale ou système économique national. Notre ligne politique est de construire le circuit d’une économie nationale en conformité avec les réalités de l’économie internationale de notre temps afin de faire prospérer nos populations. Les principes sur lesquels vont reposer notre système économique national sont : • Produire les biens et services dont nos populations ont besoin ; • Produire des biens et services dont le reste du monde a besoin ; • Créer les emplois permettant à chaque citoyen et à chaque ménage de prendre part à la production et de pouvoir consommer les biens et services correspondant à ses besoins ; • Former les cadres et employés nécessaires au marché de l’emploi et aux besoins du système économique ; • Encourager la mise en place des structures de production appropriées ; • Veiller à l’existence d’un système bancaire compatible avec ce système économique et apte à le servir; • Veiller à la mise en place de règles et procédures objectives respectant les pratiques de la bonne gouvernance et de l’efficience économique. Notre vision politique est que l’Etat et les institutions républicaines ont un rôle majeur à jouer afin que le système économique national fonctionne au meilleur de son rendement. L’Etat qui sera dirigé par notre vision politique interviendra par la régulation à protéger le système économique et à assurer son fonctionnement efficient. Une telle vigilance et une telle intervention appropriée de l’Etat ne peut se faire, selon la théorie économique, que par l’intermédiaire de quatre leviers qui sont : La fixation de la masse monétaire ; La fixation des taux d’intérêts ; La fixation des taux de change ; La fixation des taux de l’impôt. Trois de ces quatre leviers sont directement liés à la monnaie. Ceci veut dire que la monnaie et son usage raisonné dans le cadre du respect des règles de l’économie est incontournable pour réussir un développement national. Ce constat commande que notre vision politique accorde un intérêt particulier aux conditions de fonctionnement de la Zone Franc. Notre vision est favorable à l’union de toute ou partie de l’Afrique. Cependant nous pensons que la solidité des parties est un préalable à la crédibilité de la construction d’un ensemble supranational. Notre vision est que la constitution d’un espace économique supranational solide ne peut précéder la construction d’ensembles nationaux viables. Pour nous patriotes et républicains maliens, c’est à partir d’un Mali économiquement viable que nous pourrons contribuer à construire des sous ensemble régionaux viables et non l’inverse. Du reste une des leçons majeures que nous pouvons déjà tirer de la crise économique et financière sévissant depuis 2007 est que « une communauté économique ne supprime pas la souveraineté lorsque celle-ci est employée à bien gérer son économie. En revanche la communauté économique prive chaque Etat membre de la souveraineté de mal gérer son économie.» Le savoir économique fait partie du domaine des sciences appliquées et alors elle s’enrichie par la théorie qui s’instruit de l’observation et de la pratique. En conséquence de ce principe, notre objectif politique est de mettre en place, dans le cadre d’une négociation avec les autorités de l’UEMOA et de la BCEAO, une autorité monétaire nationale qui pourrait, par exemple, être la Banque Centrale du Mali (BCM). Cette autorité sera responsable de l’émission monétaire, responsable du respect de la régulation monétaire nationale, responsable du modèle et du contrôle du financement de l’économie nationale. Dans notre vision c’est cette autorité qui assurera la police monétaire sur le territoire du Mali et non la Commission Bancaire de l’UEMOA. La monnaie doit être mise, pleinement, au service de l’économie nationale du Mali sous le contrôle et la responsabilité des responsables politiques nationaux. L’éducation Nationale : développer l’esprit critique et résoudre les problèmes L’éducation est la matrice qui produit les forces productives d’un pays dont les capacités à innover conditionnent la réussite de tout projet de création de richesse matérielle. Ceci est sans tenir compte du fait que la compétition entre les nations se règle très souvent en termes de prix et de distinctions glanées par le système éducatif national. Ainsi un système educatif performant est le gage d’un succès économique et social donc d’une stabilité social en même temps qu’il est un raccourci vers les places d’honneur sur le podium de la compétition pacifique entre les nations. Dans cette mesure avoir un système éducatif national performant est une nécessite de la plus haute urgence. Il faut en premier lieu définir quelle éducation voulons nous et en vue d’atteindre quels objectifs. A notre appréciation, à la suite du Forum de l’Education Nationale (FEN) de 2008, l’école malienne en est arrivée à un point, entraînée par des affluents pernicieux d’un processus historique qui a vu le monde changer, qui a vu la société malienne changer, sans que les maliens ne prennent la responsabilité de penser par eux mêmes et ne décident d’apporter au système éducatif national, les correctifs nécessaires, le long de ce processus de changement. Une analyse perspicace de notre système éducatif nous permet d’établir que les problèmes affectant l’éducation dans notre pays sont de trois ordres : (1) un problème d’identité et de mission, (2) un problème de programmation stratégique et de vision, (3) un problème de leadership et de responsabilité. Il est notoire qu’il existe désormais un enseignement privé incluant une composante non conventionnelle comme les medersas. Il est aussi notoire que les établissements privés sous contrat avec l’Etat se sont souvent installés sur la base de facteurs ayant souvent peu de choses en commun avec les objectifs pédagogiques d’un système d’enseignement sain. Il en a résulté une mauvaise gestion de ces établissements et une dépréciation continue de notre système éducatif. Pour résoudre ces multiples problèmes, nous mettrons en place un système éducatif dont les objectifs sont contenus dans les principes politiques définis plus haut. Notre système éducatif sera aménage de façon a ce que la femme, l’homme produits par ce système contribuent à réaliser le type de société que nous avons définis dans nos principes politiques et qui sont capables d’entreprendre les actions qui sont définies. De façon plus précise, notre projet politique proposera au peuple malien de : • Apprendre nos jeunes à découvrir et à explorer ; • Apprendre à analyser et à avoir l’esprit critique ; • Apprendre à identifier les problèmes et à les résoudre ; • Développer le savoir et le compléter par le savoir-faire ; • Acquérir le savoir scientifique, technique et technologique et le valoriser afin d’améliorer les conditions de vie des populations ; • Contribuer à accroitre le savoir universel par la recherche scientifique. Ces grandes lignes permettront de définir à nouveau, comme il le fut en 1962, un grand projet éducatif pour la formation et l’éducation au Mali en accordant une grande importance à l’enseignement technique et professionnel. Le développement rural : amener le développement au citoyen La majorité de la population malienne est rurale. Ceci justifie à lui seul la priorité qui est donnée à l’épanouissement des femmes et des hommes qui vivent dans nos zones rurales. Il faut intégrer ses zones et aussi ces populations dans le grand projet de construction national et de développement économique social et humain défini plus haut. Nous avons pour souci de faire que la zone rurale n’est pas condamnée à demeurer l’appendice du corps urbain qu’elle est condamnee à alimenter avant de perdre ses bras valides qui finissent par aller se détruire dans les villes par l’exode rurale. Notre vision politique du développement rural repose sur deux concepts nouveaux qui sont le « Pole de développement, PoD » et du « Corridor de Développement, CoD ». La production agricole : se nourrir et créer de la richesse Se nourrir est le premier des besoins de base d’une personne. De ce fait, faire en sorte que sa population soit en capacité de se nourrir correctement est une obligation pour tout projet politique dont l’ambition est de gouverner. Par ailleurs, le monde est entré dans une zone dangereuse où la nutrition des populations est utilisée par des individus et groupes fortunés pour s’enrichir encore plus par la spéculation sans que cela n’ajoute rien à la capacité de production des ressources vivrières. Notre ligne politique et son modèle social accordent une place prioritaire à la capacité nationale de nourrir nos populations. Le volet politique de la production agricole sera en harmonie avec la vision globale du développement du monde rural et consistera, entre autres, à : • Mettre en place une capacité nationale de production agricole intégrant les ressources de la technologie et de tous les savoirs récents ; • Protéger les terres arables contre l’extension urbaine et la spéculation foncière. En cela notre vision politique entreprendra de récupérer par les voies républicaines nécessaires les terres indûment soustraites au domaine agricole et protégera par la loi les zones agricoles contre la spéculation foncière; • Faire de l’agriculture une activité rentable capable de faire vivre les agriculteurs et leurs familles ; • Créer les conditions permettant aux prix agricoles vivriers du marché intérieur d’être insensibles, autant que possible, à la fluctuation des prix internationaux qui sont désormais affectées par la spéculation financière internationale ; • Mettre en place un mécanisme régulateur qui accompagnera le monde rural afin que les prix internationaux ne déséquilibrent gravement la répartition des forces productives entre les produits agricoles industrielles et les productions agricoles vivriers. Notre vision politique doit réaffirmer l’importance et la nécessité de ces deux formes de la production agricole. L’environnement et les ressources naturelles : l’homme et le bien être La succession de graves crises affectant les saisons et la production agricole depuis trente ans a élevé dans le monde la conscience de la fragilité de notre environnement naturel. La qualité de cet environnement, maintenant on le sait, conditionne directement la qualite du cadre de vie et la qualite de la santé des populations. De ce fait notre ligne politique doit faire progresser dans la population malienne cette conscience de la fragilité de l’environnement et de toutes nos ressources naturelles (hydriques, aériennes, végétales, animales, etc...) et de la nécessité de les protéger. C’est dans cet esprit que notre projet politique conscient du rôle de l’éducation et de la jeunesse dans ce travail entend introduire et renforcer, le cas échéant, la protection de l’environnement et la sauvegarde des ressources naturelles dans les programmes d’enseignement. Notre vision politique étendra et protègera les aires protégées des parcs nationaux et y introduire, en respect des recommandations scientifiques des échantillons d’espèces menacées ou disparues. Notre projet politique doit, pour protéger les populations urbaines contre les pollutions de l’air, réglementer sévèrement la qualité des véhicules autorisés à emprunter les routes maliennes, les rues des villes en particulier. En ce sens les forces de l’ordre recevront une éducation appropriée et des instructions très fermes pour ôter de nos villes les engins polluants. Une telle politique d’assainissement de l’atmosphère ne peut être menée sans une politique d’encouragement des transports publics au détriment de la floraison des moyens de transports individuels. La protection de l’environnement débute par le cadre de vie. En ce sens les services de l’hygiène publique doivent être pourvus en moyens et nantis de vrais pouvoirs de contraintes. La santé publique et la protection sociale : repenser la santé Le premier bien de l’homme est la santé. Notre projet politique proposera au peuple malien une reformulation et une redéfinition de l’éducation médicale et du service de santé publique aux populations. Cette restructuration sera opérée à partir d’une analyse critique de notre système médical qui a le défaut d’avoir été « copié et collé » à partir de systèmes prévalant dans des pays aux conditions de vie et de cultures différentes des nôtres. Nous partons de deux grands défauts des services de santé, qu’ils soient publics ou privés au Mali sont de : • Délivrer le service de sante aux ménages qui sont capables de venir au centre de sante et de payer des coûts non standards ; • Délivrer presque exclusivement des actes de médecine clinique. Notre projet politique proposera au peuple malien que : • Le service de santé ira aux ménages là ou ils vivent. Aidera leurs membres à ne pas tomber malade. Lorsqu’il y a des malades, de venir à eux à toute heure, 24h sur 24, 7jours sur 7, et peu importe la taille des revenus des personnes malades ; • Le service de santé cherchera à faire que les ménages atteignent un état de bien-être à travers l’observation des règles d’une bonne hygiène de vie incluant une alimentation équilibrée y compris pour la mère et l’enfant, incluant un accès à de l’eau potable non polluée, incluant une répartition des tâches au sein de la cellule familiale. Par ailleurs si l’existence du service de santé privé au Mali est irréversible, nous devons convenir qu’il ne semble pas avoir amélioré qualitativement la distribution du service de santé aux populations. En conséquence, notre projet politique procédera à un réexamen de la situation de la médecine privée au Mali en concertation avec les professionnels de ce domaine. Ceci nous amène vers le débat et la définition d’un concept républicain de protection sociale. Il s’agit de mettre en place un véritable système de solidarité républicaine et démocratique fondé sur les « 3U de Lord Beveridge » qui sont : • • • Universalité le mettant à la disposition de tous les maliens ; Uniformité, le mettant à la disposition de tous aux mêmes conditions ; L’Unicité mettant un même système avec les memes avantages à la disposition de tous. Le rôle de l’Etat dans le développement : pour un développement juste Nous réaffirmons le rôle éminent de l’Etat dans le processus de développement national d’un pays. Cette réaffirmation est déjà contenue dans les principes fondateurs de notre ligne et notre projet politique dans la mesure même où il ne peut y avoir de justice sociale, d’efficience économique, la liberté politique, la bonne gouvernance sans un rôle volontaire, planifié de l’Etat. Ce rôle irremplaçable doit être redéfini dans les domaines de l’éducation, dans le domaine de la santé, dans le domaine, du développement rural, etc... mais aussi ce rôle doit se manifester dans des domaines qui participent de l’identité d’un pays ou qui façonne le citoyen comme les domaines de la culture, de l’encadrement de la jeunesse, de la promotion du sport. Mais le rôle de l’Etat est aussi irremplaçable pour affirmer la promotion de la femme dans le leadership autant qu’il l’est dans le regroupement des moyens de tous genres et leur canalisation pour soutenir le développement de régions déshéritées afin que les citoyens y vivant se sentent engagés au sein de la nation au même titre que les autres. Dialla Konaté Bamako le 10 aout 2011